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Un rapport s'inquiète de la santé psychique des migrants
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Un rapport s'inquiète de la santé psychique des migrants

RCF,  -  Modifié le 28 juin 2021
3 questions à Un rapport s'inquiète de la santé psychique des migrants
​A l’occasion de la journée mondiale des réfugiés, le centre Primo Levi, et l’ONG Médecins du Monde publient un rapport sur la souffrance psychique des exilés.
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Cet aspect était jusqu’à présent assez peu médiatisé. Ce rapport considère que la santé psychique des migrants est désormais une urgence de santé publique.
 

Qu’est ce que révèle le rapport ?

"Les migrants que nous recevons ont tous subi des violences, que ce soit dans leur pays d’origine, au cours du voyage, et aussi dans l’accueil en France où ils se retrouvent à la rue. Tout cela a évidemment des conséquences sur la santé mentale" explique le docteur Daniel Bréhier, médecin psychiatre et bénévole à Médecins du Monde.
 

Comment cela se traduit-il concrètement ?

"Il ne s’agit pas de pathologies. Il s’agit de réactions par rapport à des traumatismes successifs qui ont été vécus. Ce qu’on appelle un peu le stress post-traumatique. Cela se manifeste par d’une part des états anxieux, d’autre part par des reviviscences des scènes traumatiques dans la journée, mais aussi retour de ces scènes traumatiques lors de cauchemars. Ce sont des personnes qui sont en grande souffrance. Elles se plaignent d’abord de troubles somatiques, et derrière cela on retrouve la souffrance psychique. Ils ont tous été atteints dans leur intégrité physique et psychique. Ils se sentent menacés en permanence. Ils essaient de se protéger de cela en se repliant sur eux-mêmes" ajoute le praticien.
 

Cela vaut pour les adultes et les enfants 

"Pour les mineurs non accompagnés, ce qui fait la différence, c’est que ces violences et cette migration surviennent à un moment  clé de leur existence où ils commencent à passer de l’âge de l’enfant à celui de l’adulte. Ce qui s’ajoute à cela, c’est la perte des repères familiaux, traditionnels. Et donc ils sont encore plus déstructurés lorsqu’ils arrivent ici chez nous" lance le médecin.
 

Quelle prise en charge est envisageable pour ces personnes ?

"D’une part, une prise en charge individuelle où d’abord ils puissent se soulager de toute cette souffrance, mettre des mots sur ce qu’ils ont vécu est déjà une première aide. L’autre point dans les entretiens est de remettre une sorte de continuité dans leur vie. Ils ont vécu des choses morcelées pendant des mois et des mois. Ils ont l’impression de ne plus se reconnaître eux-mêmes. Il faut reprendre le fil de leur vie complètement décousue" conclut le docteur Daniel Bréhier.

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Émission 3 questions à © RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
3 questions à

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