Un portrait de l’Abbé Pierre toujours affiché à Grenoble
Alors que des témoignages et un rapport indépendant accusent l’Abbé Pierre d’agressions sexuelles et sexistes depuis juillet 2024, il orne toujours la station de tram Chavant à Grenoble. Une association demande son retrait.
Le portrait de l'Abbé Pierre sur la station de tramway Chavant (Crédit : Suzon Barthelet)
Son visage est toujours affiché sur la station de tramway Chavant : Henri Grouès, nom civil de l’Abbé Pierre, y est présenté comme un résistant de la Seconde Guerre mondiale et comme vicaire de Notre-Dame de Grenoble.
Jusque-là connu comme un militant humanitaire, il est accusé depuis juillet 2024, d’avoir commis des violences sexistes et sexuelles entre 1970 et 2005. Des accusations remontent même jusqu’à deux ans avant sa mort, à l’âge de 94 ans. Un véritable séisme dans l’écosystème catholique français, et au-delà.
Pas d’hommage pour un agresseur
Pour Arnaud Gallais, anthropologue et président de l’association Mouv’Enfants qui lutte contre toutes les violences faites aux enfants, “ça n’est pas possible pour les victimes et pour la société”. Il dénonce l’inaction du Syndicat mixte des Mobilités de l'Aire grenobloise (SMMAG), responsable des transports en communs de la métropole et donc, de ses abribus.
Le militant propose plusieurs solutions, dont celle de remplacer l’Abbé Pierre par Éva Thomas, fondatrice de l’association grenobloise SOS Inceste, et première victime en France à avoir témoigner à visage découvert. Un acte qu’il qualifie comme une forme de résistance.
En octobre 2024, à Lyon, sur la Fresque des Lyonnais, l’association Mouv’Enfant avait symboliquement recouvert le visage de l’Abbé Pierre par Lucie Aubrac. La fondation de lutte contre le mal-logement qui portait le nom de l’abbé a, depuis les révélations, changé d'appellation. Son visage a aussi disparu des antennes iséroises d’Emmaüs, à Sassenage et au Versoud.
Un projet chronophage
Contacté, le SMMAG précise qu’un travail est en cours avec des historiens pour trouver des figures de la Résistance locale. Le syndicat explique ces deux années d’attente par la complexité de la démarche, renforcée par le fait que la station avait été inaugurée seulement un mois avant les révélations sur l’Abbé Pierre.


