Comment accueillir les nouveaux visages de l'Église : Léon XIV face à la hausse des baptêmes en France
Dans un pays sécularisé comme la France, la hausse des baptêmes peut sembler "paradoxale", a admis le pape. Il se dit que c'est la hausse du nombre de baptêmes qui a décidé le pape à répondre à l'invitation des évêques. À l'Institut catholique de Paris, il a invité les catholiques à "prendre soin" des catéchumènes, néophytes et recommençants à croire. Et à se former pour accompagner au mieux ces nouveaux visages de l'Église.
Léon XIV a rappelé que saint Augustin est "l’un des catéchumènes les plus célèbres de l’histoire" ©Vatican MediaLe phénomène de la hausse des baptêmes est particulièrement vrai en France. 800 catéchumènes et néophytes français avaient été reçus à Rome par Léon XIV dans le cadre du Jubilé des jeunes en juillet 2025. Catéchumènes, néophytes et recommençants à croire ont donc fait l’objet d’une attention particulière de la part du pape pour son deuxième jour à Paris. Avant de célébrer une messe géante devant plus de 600.000 personnes, Léon XIV a pris le temps de poser des mots sur une réalité qui échappe, qui réjouit, mais qui ne doit pas enfermer "dans une béatitude naïve".
La hausse des demandes de baptêmes est un phénomène tel que les évêques d’Île-de-France lui ont consacré un concile provincial. Celui-ci a donné naissance à une Assemblée ecclésiale provinciale. C'est à elle que le pape s'est adressé depuis l'Institut catholique de Paris.
La hausse de baptême, un "paradoxe" de la société française
Léon XIV a confié qu’il partageait la surprise du clergé français qui voit tant de personnes frapper aux portes des églises et demander le baptême. "Comme vous et avec vous, je suis émerveillé par le nombre de personnes qui se présentent aujourd’hui sur le seuil de la foi, et par les nombreux adultes qui demandent les sacrements de l’initiation chrétienne."
Un mouvement spontané d’autant plus surprenant que la France est "marquée par une culture fortement sécularisée", aux yeux du pape, qui voit là une forme de "paradoxe". C’est pour lui le signe de "l’œuvre de la grâce de Dieu qui dépasse les analyses chiffrées et sociologiques", à rebours de « ce que le Pape François appelait le “pessimisme stérile” ».
Il ne faut pas en rester là, a cependant dit le pape. Dans la pensée chrétienne, la grâce n’est rien sans les œuvres, et inversement. Tout don divin doit susciter un engagement. Si l’Esprit saint a "allumé une petite flamme dans l’obscurité de la nuit", les croyants ne doivent pas rester "dans une béatitude naïve", a mis en garde le chef de l’Église catholique.
"Comment éviter le vide post-baptismal ?"
Agir donc "comment éviter le vide post-baptismal ?" : c’est l’une des grandes préoccupations de l’Église catholique. Si en effet le phénomène de la hausse des baptêmes est souvent accueilli favorablement et interprété comme une grâce divine par beaucoup de catholiques, il ne faut pas oublier qu'un certain nombre de nouveaux baptisés ne fréquentent plus leur paroisse après avoir reçu le sacrement.
L’arrivée de nouveaux visages dans les paroisses peut bousculer les fidèles habitués de longue date à fréquenter leur église. Léon XIV a invité justement à "prendre soin" de ces personnes et à se montrer attentif à leur histoire. "Il convient d’accueillir avec joie ceux qui se présentent, partir de leur expérience spirituelle, respecter leur histoire et favoriser une annonce essentielle du kérygme, notamment à travers les formules connues dans le parcours personnel ou communautaire."
De nombreuses initiatives sont mises en place dans les paroisses de France pour accompagner les catéchumènes et guider les néophytes dans leurs premiers pas de baptisés. Le pape a insisté sur l’importance de la formation pour tous les accompagnateurs. "Il est nécessaire que les agents pastoraux soient formés – non seulement sur les plans biblique, théologique, liturgique et de la vie spirituelle, mais aussi sur le plan des qualités humaines –, afin de savoir discerner et orienter ceux dont les parcours de vie sont plus complexes et moins linéaires."
S’appuyer sur le témoignage des saints et des saintes
Léon XIV a fait sourire son auditoire, ce samedi à l'Institut catholique de Paris, quand il a évoqué saint Augustin, "l’un des catéchumènes les plus célèbres de l’histoire". Le maître spirituel du pape a été manichéen, c'est-à-dire disciple de Mani, avant de devenir chrétien… Puis Père et Docteur de l'Église. "Sa foi n’était qu’une petite graine lorsqu’il fut baptisé. Mais, cette graine a grandi et s’est multipliée, devenant un arbre si grand que, sous son feuillage, nous pouvons encore aujourd’hui trouver du réconfort."
Ce samedi, à l'Institut catholique de Paris, le pape a invité de nouveau à s'appuyer sur le témoignage des saints. « Je pense à sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qui nous enseigne, par sa “petite voie”, comment la confiance ouvre les portes de la grâce ; je pense à saint Martin de Tours, figure emblématique du partage et de la charité fraternelle. Avec tant d’autres saints et saintes issus de cette terre de France, ils nous rappellent que la mission se construit aujourd’hui, en préservant avant tout la présence du Seigneur dans la vie quotidienne. "
Restituer aux mentalités françaises l'importance de leur patrimoine spirituel sera décidément l'un des grands axes du voyage de Léon XIV en France. Vendredi soir au Stade de France, c'est à la demande du Vatican que tant de saints et saintes de France ont été mis à l'honneur.



