Un médecin alsacien en première loge d’une mobilisation sur la pollution de l’eau
Après les dangers du Cadmium dans son viseur l’année dernière, la Conférence Nationale des Unions Régionales des Professionnels de Santé Médecins Libéraux (CN URPS ML) alerte cette fois sur les dangers de la pollution chimique de l’eau potable. Elle souhaite faire réagir le Gouvernement.
Pascal MeyvaertL’eau potable est de plus en plus polluée, avec des répercussions concrètes sur la santé des Français. C’est autour de ce constat que le Groupe « Santé Environnementale » des URPS Médecins Libéraux a planché et publie cette semaine une lettre ouverte au Gouvernement, pour l’inciter à agir concrètement sur la question.
Diminuer la recherche, accentuer l’action
Le Groupe « Santé Environnementale » est coordonné par le Dr Pascal Meyvaert, médecin généraliste à Gerstheim (Bas-Rhin) et porté par 14 Unions Régionales des Professionnels de Santé Médecins Libéraux. Ces professionnels de santé partagent tous le même constat : les comportements éco responsables individuels, bien que louables, pèsent moins que les décisions politiques. En s’appuyant sur le travail déjà très vaste sur le sujet et les conclusions de la recherche scientifique, le Groupe s’adresse donc au Gouvernement pour tenter d’inverser la tendance actuelle. Plus concrètement, l’agriculture est particulièrement dans le viseur des médecins. ‘Notre message, c’est de faire de la prévention, pour éviter que les citoyens soient contaminés dans leur alimentation, dans l’air qu’ils respirent. explique le Dr Meyvaert, qui insiste sur l’importance de valoriser l’alimentation bio. Conscient du budget de ces produits par rapport au secteur conventionnel, plus largement subventionné, le médecin appelle le Gouvernement à revoir ses priorités en orientant ses aides vers l’agriculture bio. Autre demande : limiter l’usage des engrais et des pesticides, responsables de la présence des Pfas dans l’eau du robinet.
Concernant les Pfas, de nouveaux contrôles ont été mis en place en début d’année. C’est une bonne chose. Malheureusement, ça ne suffit pas. La toxicologie réglementaire mise en place aujourd’hui est très loin d'être fiable et exhaustive.
Aujourd’hui, 20 types de Pfas sont recherchés dans l’eau potable, sur plus de 15 000 potentiellement présents dans l’eau. Quant aux microplastiques, ils sont encore moins recherchés.
Notre message, ce n’est pas d’attendre de se rendre compte qu’il y a des polluants qu’on n'avait pas recherché et qui sont effectivement présents. Notre message, c’est de ne pas en arriver là (...) mais de faire de la prévention primaire, de tout faire pour que l’eau ne soit pas polluée et tout faire pour que nos concitoyens ne soient pas malades.
Hausse des pathologies chronique dans les cabinets des généralistes
Car le constat est partagé dans les cabinets : les maladies chroniques se déclarent de plus en plus souvent, de même que des formes de cancer comme celui du pancréas, jusque là assez rare. L’exposition aux polluants explique en grande partie cette explosion de cas, de même que l'augmentation des problèmes de fécondité, cardio vasculaires, neurologiques, des troubles du neurodéveloppement ou encore des insuffisances rénales. L’âge des malades change également, avec des cas de plus en plus précoces.
Il faut tout faire pour changer de voie. Nous avons le sentiment qu’il y a un recul dans les lois qui sont votées. Certaines sont complètement contre productives en ce qui concerne l'environnement. C’est pour cela que nous interpellons les pouvoirs publics. C’est à eux d'agir et de prendre les bonnes décisions, pour qu’il y ait un réel impact positif sur la santé humaine.
Des courriers sont partis cette semaine, direction le cabinet du Premier Ministre et les Ministères concernés. Les Unions Régionales des Professionnels de Santé Médecins Libéraux espèrent un retour de leur part et une campagne avec des répercussions aussi fortes que celle sur le Cadmium en 2025.


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