Un député normand rapporteur d'une loi pour organiser les JO d'hiver 2030
Bertrand Sorre est député Renaissance de la 2e circonscription de la Manche. Le mois dernier, il était le rapporteur d'un projet de loi relatif l'organisation des Jeux olympiques d'hiver de 2030 qui auront lieu dans les Alpes françaises.
Les prochains Jeux olympiques d'hiver auront lieu en 2030 dans les Alpes françaises. © Агзам Гайсин/ PixabayLes Jeux paralympiques d'hiver vont débuter ce vendredi 6 mars, toujours à Milan et Cortina d'Ampezzo, en Italie. Jusqu'au dimanche 15 mars, la délégation française va tout donner pour briller autant que les athlètes, et surtout les biathlètes tricolores, lors des jeux olympiques de février dernier.
Ensuite, tous les regards seront tournés vers 2030 et les prochains Jeux olympiques et paralympiques d'hiver qui auront lieu cette fois dans les Alpes françaises. 2030, ce n'est que dans quatre ans, mais c'est déjà demain, et ces Jeux se préparent déjà.
Un projet de loi relatif à leur organisation a été adopté par l'Assemblée nationale le 3 février, puis par le Sénat le 5 février. Comme pour les Jeux de Paris 2024, c'est Bertrand Sorre qui était le rapporteur de ce texte. Député de la 2e circonscription de la Manche, Bertrand Sorre a accepté de répondre aux questions de Guillaume Lemoine pour nous aider à comprendre tous les enjeux de cette loi.
Guillaume Lemoine : Bertrand Sorre, vous avez été le rapporteur de ce texte, vous l'avez défendu dans l'hémicycle le 13 janvier dernier, qu'est-ce qu'il contient concrètement ?
Bertrand Sorre : Ce texte est indispensable à l'organisation des Jeux de 2030. C'est en quelque sorte une boîte à outils.
On a parlé très peu de sport mais plutôt de mesures dérogatoires aux droits communs, notamment en matière d'urbanisme, de commandes publiques ou de sécurité. C'est-à-dire qu'on donne les outils à la fois au comité d'organisation des Jeux olympiques, mais aussi à la Solideo, qui est l'organisme en charge de la construction des infrastructures.
On leur donne les outils pour pouvoir lancer concrètement l'organisation de ces Jeux et mettre en place l'ensemble des dispositifs nécessaires. Et notre chance, c'est qu'on peut s'appuyer sur la réussite de 2024 et en amont des JO de Paris, nous avions déjà voté ce type de loi pour permettre la réussite des Jeux olympiques.
GL : Pour rédiger cette loi, le fait que ces Jeux d'hiver 2030 se déroulent dans les Alpes, ça vous a demandé une attention particulière sur le plan écologique, avec ce cadre montagneux ?
BS : Bien évidemment. Nous avons une montagne française qui est magnifique, que nous nous devons de préserver. Ce n'est pas parce qu'on organise des Jeux qu'on doit y faire n'importe quoi et un certain nombre des mesures qu'on a inscrites dans la loi sont justement des mesures de protection et de préservation de la montagne.
La plus grande partie des infrastructures existe déjà. La montagne française accueille régulièrement des épreuves du Coupe du monde, quels que soient les sports, mais à chaque fois, nous avons eu en tête d'être exemplaires en termes d'écologie et en termes d'adaptation au changement climatique.
En fait, ces Jeux 2030 sont un peu un laboratoire pour déjà anticiper la montagne de demain. Parce que nous sommes bien conscients que cette évolution climatique peut rendre la neige plus rare. Donc il va falloir aussi adapter les différentes pratiques sportives que l'on peut faire en montagne.
Ces Jeux sont un laboratoire pour déjà anticiper la montagne de demain
Plutôt que de penser que ces Jeux vont être négatifs pour la montagne française, pour les Alpes françaises, moi, j'y vois une très belle opportunité pour faire en sorte que l'on continue à rayonner en France, à travers les sports d'hiver mais aussi à travers notre capacité à nous adapter à tous ces changements liés à l'évolution climatique de la planète.
GL : Ces dernières années, dans tous les événements qui ont permis de faire rayonner la France, il a aussi été question d'évolution et d'adaptation à des menaces qui touchent à la sécurité des Français. Comment, dans un cadre festif et sportif, on arrive quand même à prévoir le pire, à anticiper et prévoir une sécurité nécessaire pour ce genre d'événement ?
BS : C'est évidemment l'un des enjeux majeurs. Nul ne pourrait penser qu'on puisse vivre malheureusement un drame sécuritaire durant ces Jeux olympiques. Là où on a une chance en France, c'est que certains pensaient que ce serait compliqué de sécuriser les Jeux à Paris en 2024 mais aucun événement n'est venu ternir cette organisation.
Notre chance, c'est qu'on peut s'appuyer sur la réussite de 2024
Je pense qu'on va s'appuyer et on s'appuie d'ores et déjà sur ce qu'on a su très bien faire à Paris pour faire en sorte que la sécurité soit pleinement assurée lors de ces Jeux de 2030 pour les 3 000 athlètes et les 20 000 volontaires qui vont les encadrer, mais aussi pour les spectateurs qu'on espère le plus nombreux possible.


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