Un congé menstruel en Maine-et-Loire : c’est possible ?
L’UNSA du Maine-et-Loire a mené, ce jeudi 5 mars, une opération dans la rue, devant la bourse du travail à Angers. Le but : informer les citoyens sur une pétition autour du congé menstruel. Le syndicat souhaiterait que celui soit possible pour toutes les femmes souffrant de règles douloureuses de prendre quelques jours de congés et pas seulement dans les entreprises qui ont délibérément choisi de le mettre en place – presque aucune en Maine-et-Loire.
Le stand de l’UNSA à Angers, jeudi 5 mars, pour mettre en avant la pétition @RCF Anjou« Bonjour madame, vous voulez signer la pétition ? » Ce mercredi 05 mars, Luc Girondin répète cette phrase, inlassablement, à toutes les personnes croisées dans la rue. Objectif : recueillir 100 000 signatures sur la pétition lancée au niveau national par l’UNSA. A partir de ce pallier, la pétition pourrait alors être examinée par une commission parlementaire. Elle pourrait ensuite faire l’objet d’une proposition de loi, voire être adoptée. Ce qui signifierait alors que mettre en place un congé menstruel au sein de son entreprise deviendrait obligatoire.
Un congé sans carence
« Aujourd’hui, il n’y a pas de loi en France, contrairement par exemple à l’Espagne », explique Luc Girodin, le secrétaire général de l’UNSA du Maine-et-Loire. « Nous ce qu’on voudrait, c’est que toutes les femmes qui souffrent d’endométrioses ou d’autres douleurs liées aux règles puissent bénéficier d’un congé qui ne soit pas décompté de leur congé annuel. »
En France, selon un sondage IFOP datant de 2021, une femme sur deux indique avoir des douleurs lorsqu’elles ont leurs règles. C’est le cas de Lisa, qui compte bien signer la pétition : « Je suis concernée, avec des gros maux de ventre, des crampes. Cela m’empêche de me concentrer parfois, donc oui, un congé menstruel, ce serait bien. »
L’UNSA s’adresse aux femmes. Mais les hommes aussi peuvent signer la pétition : « Nous sommes tous concernés. Moi-même je suis un homme, mais j’ai des enfants. Et ma fille souffre d’endométriose », raconte Luc Girondin.
Mauvaise idée économique ?
L’idée de permettre un congé rémunéré aux personnes menstruées peut faire bondir certains. A ceux-là, le secrétaire général du Maine-et-Loire répond : « En Espagne c’est en place depuis 2023. Et en 2024, seulement 1 815 dossier ont été déposés par des femmes pour demander à bénéficier du congé menstruel. Au niveau de l’économie, l’Espagne est un pays qui se porte bien. »
La pétition a déjà récolté plus de 82000.
