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Travaux de l’Opéra-Théâtre de Metz : immersion dans l’atelier de costumes installé à Frescaty (photos)

Travaux de l’Opéra-Théâtre de Metz : immersion dans l’atelier de costumes installé à Frescaty (photos)

Un article rédigé par Loris Jecko - RCF Jerico Moselle, le 20 mars 2026 - Modifié le 20 mars 2026
Metz actuDans les coulisses de l’Opéra-Théâtre de Metz : découverte de l’atelier de costumes à Frescaty

À Metz, l’Opéra-Théâtre est en pleine rénovation jusqu’en 2027. Mais loin de la scène, les équipes poursuivent leur travail dans un lieu inattendu : le plateau de Frescaty. Dans cet atelier provisoire, les costumes des futurs spectacles prennent déjà vie, entre savoir-faire artisanal et adaptation à un nouveau quotidien.

Éric Masson aime particulièrement être en contact des matières qu'il coud pour réaliser les costumes  © Loris JeckoÉric Masson aime particulièrement être en contact des matières qu'il coud pour réaliser les costumes © Loris Jecko

À Frescaty, les équipes de l’Opéra-Théâtre de Metz poursuivent leur travail pendant les travaux

L’atelier provisoire des couturiers et équipes techniques est bien caché sur le site aux allures post-apocalyptique de Frescaty, à quelques minutes en voiture du centre de Metz. C’est un panneau « Opéra-théâtre de Metz » qui nous indique la présence des équipes à l’intérieur du bâtiment froid et blanc. 
 

Réparties sur plusieurs bâtiments du plateau de Frescaty, les équipes de l’Opéra-Théâtre occupent différents espaces selon leurs métiers. Dans le bâtiment M1 se trouvent la direction technique, les bureaux et l’atelier de couture. À la salle Lobier, ce sont les accessoiristes, les peintres et les menuisiers qui travaillent. Un peu plus loin, un vaste dépôt abrite les décors utilisés pour les représentations hors les murs.

Comment l’Opéra-Théâtre de Metz s’est organisé pendant les travaux

En arrivant dans les locaux de l’atelier couture, c’est la directrice technique Cyrielle LEVEQUE qui nous accueille. « On a déménagé fin juin, début juillet. On a travaillé en amont avec la direction des bâtiments pour qu’ils puissent connaître les besoins des ateliers et qu’ils puissent nous proposer des bâtiments adaptés à nos activités », raconte-t-elle. « Chaque atelier a fait ses cartons puis on a travaillé avec une société de déménagement pour tout rapatrier dans chacun des ateliers. Au fil des mois, on s’est installés du mieux qu’on pouvait », ajoute la directrice technique. 

 

À l’intérieur, les locaux sont divisés en deux parties. D’une part, des bureaux sont dédiés à la partie administrative qui gravite autour de l’atelier de couture. « On travaille sur le réaménagement à l’opéra, sur les travaux actuels, sur la mise en place du planning, les commandes, les échanges avec les autres théâtres aussi », énumère Cyrielle LEVEQUE. 

Les costumes des futurs spectacles prennent forme dans l’atelier installé à Frescaty. © Loris JeckoLes costumes des futurs spectacles prennent forme dans l’atelier installé à Frescaty. © Loris Jecko
Les couturiers poursuivent la fabrication des costumes malgré les travaux de l’Opéra-Théâtre de Metz. © Loris JeckoLes couturiers poursuivent la fabrication des costumes malgré les travaux de l’Opéra-Théâtre de Metz. © Loris Jecko
Les tissus sont soigneusement sélectionnés et rangés par matière et couleur dans l’atelier. © Loris JeckoLes tissus sont soigneusement sélectionnés et rangés par matière et couleur dans l’atelier. © Loris Jecko
© Loris Jecko© Loris Jecko
© Loris Jecko© Loris Jecko

Dans l’atelier de costumes de l’Opéra-Théâtre de Metz à Frescaty

C’est au rythme des machines à couture que la directrice technique nous emmène de l’autre côté de la pièce principale, dans une partie moins bureaucratique et ouverte à la création artistique. Là, les ordinateurs et les bureaux laissent place à des plans de travail, des étalages de tissus de toutes les couleurs, des bobines, des rubans, des machines à coudre, un plan de repassage et un stand de découpe. Les costumes en attente sont pendus à plusieurs endroits de l’atelier. 
 

« Les couturiers travaillent sur le prochain ballet Sync / Purcell Pieces qui se jouera au NEC à Marly à la fin du mois d’avril. Ils sont en pleine création de costumes », commente Cyrielle Leveque. 

 

Devant l’étendue des tissus, rouleaux, boîtes et autres accessoires, une question : comment les couturiers font-ils pour s’y retrouver ? La réponse est simple : ce sont de vrais pros, et ils connaissent chaque recoin de l’atelier par cœur. Tout est parfaitement rangé, les tissus et les rouleaux sont classés par couleur mais aussi par matière. Même combat pour les rubans, bobines et autres froufrous. 

Attention, ce n’est pas aussi simple qu’il y paraît, et cela ne s’improvise pas, comme le précise Cyrielle Leveque : « Évidemment, il faut être formé à ce métier, mais les couturiers vont piocher dans les matières et couleurs demandées. Ce qu’ils n’ont pas en stock, on le commande ».

© Loris Jecko

Une organisation adaptée aux spectacles hors les murs en Moselle

Le travail à Frescaty ne se déroule pas tout à fait comme à l’opéra puisque les productions se jouent à travers toute la Moselle. Côté organisation, c’est la directrice technique qui est la cheffe d’orchestre du planning et qui s’assure que tout soit prêt en temps et en heure. « C’est mon travail de faire en sorte qu’on puisse répondre à la programmation artistique et aux productions hors les murs. Le travail est plus condensé qu’à l’opéra, le rythme est assez soutenu parce qu’il faut prendre en compte les transports et qu’il faut s’assurer que les productions techniques arrivent à temps », explique-t-elle. 

 

Il a fallu s’adapter, trouver de nouveaux repères et redoubler d’efforts, aussi bien pour les équipes techniques que pour les artistes. Chacun a su prendre le pli de ce nouveau rythme soutenu, indispensable au bon déroulement des spectacles.

 

Les couturiers adaptent chaque costume aux besoins des spectacles et des artistes.

Le métier de costumier à l’Opéra-Théâtre de Metz 

Installé à son poste de machine à coudre, Éric Masson s’affaire à créer un body pour le ballet mentionné plus tôt, Sync / Purcell Pieces. « Pour ce spectacle, on travaille beaucoup avec du lycra, on vient de terminer la production de Norma qui utilisait plutôt des tissus naturels avec un mélange de coton et de lin », décrit-il. 

Son nouveau lieu de travail n’a rien à voir avec l’atelier auquel il est habitué, mais il n’est pas dépaysé pour autant. « On a la chance d’avoir un local qui est beaucoup plus grand que ce qu’on avait avant, on a aussi un bel éclairage et c’est important pour le travail de voir la matière, sa couleur. On est très bien installés », assure le couturier. 

Création textile pour un spectacle de l’Opéra-Théâtre de Metz

Éric travaille comme costumier pour l’Opéra-Théâtre de Metz depuis une vingtaine d’années. Un métier qui n’a pas vraiment de « journée-type » mais qui demande une adaptation constante : « on doit s’adapter aux façons de faire de l’assemblage en fonction des matières qu’on utilise, chaque costumier a sa propre identité », précise-t-il. 

 

Si la mode n’est que changement, saut en avant puis retour en arrière, il n’en est rien pour le spectacle vivant. « Au théâtre, ce n’est pas comme dans le prêt-à-porter ou dans la vie de tous les jours, on n’a pas une évolution au niveau du tissu. On reste dans des basiques, le coton, des mélanges naturels, du taffeta ou ce genre de choses. Un pantalon reste un pantalon, mais la forme peut changer », raconte le costumier. 

 

Travail minutieux de couture dans les coulisses de l’Opéra

Un savoir-faire essentiel au spectacle vivant

Ce qui compte dans ce métier, selon Éric, c’est de « vendre une image, vendre un spectacle », mais surtout, « il faut que ce soit de la magie pour les gens qui viennent voir le spectacle ». 

Au départ, il n’y a que des « boules de tissus ». On le coupe selon des patrons, on fait des mesures, on coud, on repasse, on adapte, et on arrive à un costume final. « Ce qui est intéressant pour moi, c’est de toucher cette matière sur la machine quand on fabrique, on a vraiment une symbiose », souffle Éric. 

La découpeuse prépare les tissus en amont

La vie du costume ne s’arrête pas, même lorsqu’il est assemblé, à la bonne taille et repassé. « Ensuite, on a tout ce qui est répétition sur scène. La première est importante car elle permet de savoir si la personne qui porte le costume se sent bien dedans, et on peut faire les petites retouches. Au fil des spectacles, ça peut casser, ça peut craquer alors on répare, puis on va tout lister dans un cahier de production. On réalise un inventaire pour faciliter les choses parce que la production peut être amenée à partir à l’étranger ou dans d’autres théâtres en France », illustre Éric Masson. 

 

Une réouverture de l’Opéra-Théâtre de Metz attendue en 2027

 

Si l’équipe de l’atelier couture est bien installée à Frescaty, elle a tout de même hâte de retrouver ses locaux à l’Opéra-Théâtre. « On a hâte de retourner à l’opéra puisqu’il y a une autre ambiance. On est au deuxième étage, les danseurs sont au-dessus de nous et on entend le piano de répétition. Ils s’arrêtent quand ils vont travailler pour discuter cinq minutes avec nous. En dessous, il y a la scène, donc on peut faire des essayages rapides pour voir si on n’a pas fait de bêtise en montant un gilet, par exemple. Il y a une ambiance particulière puisque tous les métiers sont là, sur place, et que tout le monde se côtoie et travaille ensemble », raconte-t-il. 

 

Le plateau de Frescaty accueille temporairement les équipes de l’Opéra-Théâtre de Metz.

 

Sur un fond musical, entre quelques rires et le vrombissement des machines à coudre, l’équipe de l’atelier couture poursuit sa mission essentielle pour le monde du spectacle vivant. Cachée dans cet écrin de création pendant la période de travaux qui devrait perdurer jusqu’à la fin 2027, l’équipe n’en est pas moins active. 

 

Alors la prochaine fois que vous assisterez à un spectacle à Metz ou en Moselle, accordez une pensée à toutes ces petites mains qui œuvrent dans l’ombre pour rendre cette expérience possible, voire vraiment magique. 

© Loris Jecko© Loris Jecko
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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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