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Transports scolaires et rentrée, face au manque de main-d'œuvre, le maître-mot c'est l'adaptation
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Transports scolaires et rentrée, face au manque de main-d'œuvre, le maître-mot c'est l'adaptation

Un article rédigé par Martin Obadia - RCF Haute-Loire, le 30 août 2022  -  Modifié le 30 août 2022

Les chauffeurs de bus manquent, cette situation s'observe dans toute la France et depuis de nombreux mois. Mais à 2 jours de la rentrée, elle peut inquiéter certains parents. En Haute-Loire les autocaristes assurent qu'ils vont assurer tous les services scolaires, et ce en adaptant leurs tournées.

Sur les 1000 recrutements de chauffeurs lancés par Auvergne-Rhône-Alpes, 200 personnes se sont dites intéressées par le métier © Martin Obadia Sur les 1000 recrutements de chauffeurs lancés par Auvergne-Rhône-Alpes, 200 personnes se sont dites intéressées par le métier © Martin Obadia

"On a la chance d'avoir trouvé in extremis le bon nombre de conducteurs", c'est le soulagement pour Xavier Turin, patron de Migratour. Il a sa cinquantaine de chauffeurs pour assurer le ramassage scolaire. Les derniers recrutés viennent du transport de marchandises ou sont de jeunes retraités. 

Recruter, un défi dans un contexte compliqué 

 

Le manque de main-d'oeuvre dans le transport en commun n'est pas nouveau. Cette situation perdure depuis plusieurs années mais s'est amplifiée par la crise sanitaire. De nombreux conducteurs ont été à l'arrêt faute de personnes à transporter. Un temps employé pour réfléchir. "Pas mal de retraités qui travaillaient n'ont pas souhaité reprendre. Certaines personnes sont parties vers le routier de marchandise car les salaires sont plus attractifs" selon Paul Vidal, conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes délégué aux transports (La région organise les transports scolaires).

 

Les points noirs restent le salaire et les horaires. Les chauffeurs de bus travaillent 2 heures par jour, le matin pour déposer les enfants et adolescents et en fin de journée pour les récupérer. C'est très haché. La rémunération est aussi faible. Les entreprises ont obligation de les payer 3h30 mais cela fait au final "500 ou 600 euros par mois quand ils font uniquement du ramassage scolaire et quand il y a 15 jours de vacances sur un mois, ça réduit le salaire pas mal" selon Xavier Turin.

 

Pour certains chef d'entreprise l'autre problème c'est la formation. Pour conduire des bus de plus de 9 places, les chauffeurs doivent passer le permis D et la FIMO (formation initiale minimum obligatoire), une formation européenne d'un mois pour les conducteurs routier, formation jugée trop lourde. 

Des entreprises qui s'adaptent pour passer le cap de la rentrée

 

Malgré les recrutements, les entreprises de transports en commun doivent trouver des alternatives pour assurer la rentrée scolaire et permettre à tous les enfants d'atteindre leurs établissements. Hugon tourisme gère 96 services réguliers. Elle a embauché 5 chauffeurs qui suivent la formation Permis D et FIMO jusqu'aux vacances de la Toussaint. Après ils pourront conduire des bus de plus de 9 places.

 

D'ici là l'entreprise va s'adapter. Dominique Lavaure, gérant d'Hugon tourisme Auvergne-Rhône-Alpes affirme qu'il "y a quelques services, au lieu d'être faits avec des véhicules de 17 places, ils seront faits avec des véhicules de 9 places. Pour nous c'est un coût supplémentaire parce qu'au lieu de mettre qu'un chauffeur et un véhicule, on met 2 chauffeurs et 2 véhicules", solution acceptée par la région. 

 

Autre adaptation : mobiliser des conducteurs de tourisme pour le ramassage scolaire. "On va réduire notre partie tourisme pendant 2 mois afin de recruter tout le personnel qu'il nous faut"

"Pas de problème majeur" en Auvergne-Rhône-Alpes pour la rentrée

 

Contactée par RCF, Paul Vidal conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes assure que pour la rentrée "globalement sur la région on n'a pas de problème majeur. On devrait pouvoir accompagner tout le monde". Paul Vidal qui rappelle qu'il y a un suivi quotidien de la situation avec une cellule de veille où se rassemblent chaque jour tous les départements

 

Une campagne de recrutement a été lancée au printemps. Elle vise à trouver 1000 chauffeurs de bus. 200 personnes se sont déjà montrées intéressées. Quelques unes devraient prendre le volant dès la rentrée.

 

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