Trans'Occitanie 2026 : deux semaines le long du Canal des Deux Mers pour célébrer le sport adapté
1 700 sportifs en situation de handicap, 400 accompagnants, 100 bénévoles, 14 étapes le long du Canal des Deux Mers : la Trans'Occitanie 2026 vient de s'achever. Charles Nieto, président de la Ligue du Sport Adapté d'Occitanie, revient sur l'aventure.
A vélo sur la voie verte du Canal des Deux Mers © ADT82-Canal de GaronnePendant deux semaines, le Canal des Deux Mers a vibré au rythme d'une aventure humaine et sportive hors du commun. La Trans'Occitanie 2026, organisée par la Ligue du Sport Adapté d'Occitanie, a réuni 1 700 sportifs en situation de handicap tout au long de 14 étapes reliant Castelsarrasin dans le Tarn-et-Garonne et le Grau-du-Roi dans l’Hérault, partis simultanément des deux extrémités du canal le 1er juin, après deux prologues en mai dans le Lot, le Gers et les Hautes-Pyrénées.
Ce qui distingue la Trans'Occitanie des compétitions sportives classiques, c'est sa philosophie d'inclusion radicale. "C'est une randonnée organisée pour eux et avec eux, c'est le plus important", souligne Charles Nieto, président de la Ligue du Sport Adapté d'Occitanie. Par exemple, pour une étape de 18 kilomètres, plusieurs points d'entrée et de sortie sont aménagés, afin que chacun puisse participer selon ses capacités, quel que soit son handicap. "Et avec le sourire, surtout."
Une mobilisation collective impressionnante
Derrière les 1 700 sportifs, une armée discrète et indispensable : plus de 400 accompagnants (souvent des éducateurs issus d'établissements médico-sociaux) et plus de 100 bénévoles répartis sur l'ensemble du parcours. Une organisation qui reflète une réalité du sport adapté : sur 100 sportifs, il faut compter environ la moitié d'accompagnants. Pas un détail logistique, une condition fondamentale de participation.
Cette deuxième édition de la Trans'Occitanie s'inscrit également dans la saison culturelle et sportive des 30 ans de l'inscription du Canal du Midi au patrimoine mondial de l'Unesco, lui donnant une résonance supplémentaire.
Au-delà de l'événement : une mission de terrain toute l'année
La Trans'Occitanie est un temps fort, mais la Ligue du Sport Adapté d'Occitanie travaille bien au-delà des deux semaines d'itinérance. Plus de 1 000 rencontres sportives sont organisées chaque année au niveau régional, à destination des jeunes, des adultes et des personnes fortement handicapées. Des activités motrices essentielles, qui contribuent à la mobilité et préviennent le vieillissement prématuré.
Le défi est réel : si l'activité sportive est obligatoire dans les IME jusqu'à 18 ans, elle ne l'est plus à l'âge adulte. "Si on ne les sollicite pas, c'est comme pour tous les jeunes adultes, c'est la sédentarité, la malbouffe qui s'installent", dit Charles Nieto sans détour. La Ligue travaille donc avec les MDPH, les communes et les municipalités pour repérer les personnes isolées et construire des dispositifs adaptés à chaque territoire.
Citoyens à part entière
Le sport adapté, pour la Ligue d'Occitanie, n'est pas qu'une affaire de pratique sportive. "On essaie d'aider les personnes en situation de handicap à être citoyens à part entière", affirme Charles Nieto. Cela passe aussi par des actions spécifiques en direction des femmes en situation de handicap, autour de la connaissance du corps, des problématiques de harcèlement, avec des ateliers animés par des professionnels.
Une approche globale, qui fait du sport un levier d'émancipation autant que de santé. La Trans'Occitanie en est la vitrine la plus visible. Mais c'est dans le quotidien, étape après étape, rencontre après rencontre, que se construit vraiment l'inclusion.


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