Tour de France féminin : une course qui change d’échelle
Top départ pour le Tour de France féminin samedi 1er août ! Le peloton partira de Lausanne en Suisse et franchira la ligne d’arrivée le 9 août à Nice. Entre un départ à l’étranger et des étapes spectaculaires, notamment l’ascension du Mont Ventoux, le cyclisme féminin atteint des sommets !
© PexelsDépart à l’étranger, retour du contre-la-montre et étape mythique au Mont Ventoux, le parcours du Tour de France féminin 2026 promet d’être exigeant et spectaculaire. « Sur le papier, c’est celui qui me fait le plus peur (…) c’est le plus dur qu’ils nous aient jamais proposé », affirme Alison Avoine, rouleuse de l’équipe Ma Petite Entreprise, au micro de Matthias Troude. Le parcours partage de plus en plus de références avec la Grande Boucle masculine et n’échappe pas aux débats sur une surenchère du spectacle, au détriment de la santé des athlètes. Julie Bego, grimpeuse chez Cofidis et prétendante au maillot blanc, estime que le parcours 2026 du Tour de France féminin est raisonnable. En revanche, sur d’autres courses, elle se demande « pourquoi faire aussi dur puisque ça ne change pas le résultat et ça fait des fois une course moins spectaculaire ? ».
Une professionnalisation croissante
S’il y a bien une course qui a fait rentrer le cyclisme féminin dans une autre dimension, c’est le Tour de France. Désormais, « quasiment toutes les équipes masculines ont leur équivalent féminin, on profite des mêmes infrastructures que les hommes, on a le même matériel et on a aussi un bus », se réjouit Julie Bego. Et c’est en grande partie grâce à la médiatisation croissante de l’événement. « Les premières courses professionnelles que j’ai faites, mes parents ne me demandaient pas s’il y avait une rediffusion, on ne se posait même pas la question puisque de toute façon il n’y en avait pas », se souvient Alison Avoine. Les aficionados de la Grande Boucle peuvent maintenant suivre les coureuses à la télévision.
Et qui dit professionnalisation dit aussi salaire. Toutes les coureuses du Tour touchent au moins le SMIC et le salaire minimum passe à 35 000 € bruts annuels chez les grosses équipes. Cependant, les cyclistes restent prudentes. Alison Avoine garde son cabinet libéral à côté et Julie Bego tient à terminer son master.
Un équilibre précaire
Malgré la professionnalisation du cyclisme féminin, le milieu reste fragile. Ces dernières années, plusieurs équipes féminines ont cessé leurs activités en raison de difficultés financières. C’est le cas de Creatizit, Arkéa ou encore EF Education. Julie Bego explique que le cyclisme est très dépendant des sponsors : « il faut un budget de plus en plus grand pour monter une équipe ». Elle estime que « si le cyclisme coûte trop cher, il risque de s’effondrer par la base ».
Ce qui ne risque pas de s’effondrer en revanche, c’est le soutien du public. Alison Avoine constate qu’il y a « de plus en plus de monde sur le bord des routes ». Il manque une seule chose au Tour de France féminin : la fameuse épreuve parisienne sur les Champs- Élysées, dont rêve Julie Bego.
