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Tour d'Auvergne Rhône-Alpes : Les élèves de Taulhac interviewent le cycliste professionnel Maxime Decomble

Tour d'Auvergne Rhône-Alpes : Les élèves de Taulhac interviewent le cycliste professionnel Maxime Decomble

Un article rédigé par Stéphane Longin - RCF Haute-Loire, le 5 juin 2026 - Modifié le 5 juin 2026
La fabrique de l'infoLe cycliste pro Maxime Decomble raconte son parcours et son quotidien

À l’occasion du passage du Tour d’Auvergne Rhône-Alpes au Puy-en-Velay – avec une arrivée ce lundi 8 juin et un départ mercredi 10 juin – les élèves de CM1 et CM2 de l’école publique de Taulhac ont réalisé une interview exclusive de Maxime Decomble, cycliste professionnel de l’équipe Groupama FDJ United.
La rencontre s’est déroulée en visio, quelques heures avant le départ de la course. Les élèves auront d’ailleurs la chance de le rencontrer "en vrai" et de prendre une photo avec lui lors de l’arrivée.

Maxime Decomble, cycliste de l'équipe Groupama FDJ UnitedMaxime Decomble, cycliste de l'équipe Groupama FDJ United

Kélia : Depuis combien de temps êtes-vous cycliste ? Est-ce que c'était votre rêve d'enfant ?

Maxime Decomble : J'ai commencé le vélo à 8 ans dans le club de ma ville, chez moi à La Ciotat dans le sud de la France. Et forcement c'était mon rêve de devenir professionnel. Depuis que j'ai commencé le vélo, j'ai adoré le vélo. Je regardais beaucoup le vélo à la télé et même encore aujourd'hui. Je suis allé voir plusieurs fois le Tour de France, les courses professionnelles qui passaient près de chez moi. Et bien sûr, ça m'a fait rêver et j'avais vraiment envie de devenir professionnel.

Stéphane Longin (RCF) :  Qu'est-ce qui vous a amené au vélo ? C'est la famille ?

Maxime Decomble : Non, je ne suis pas issu d'une famille de vélo. Dans ma vie, il y avait un forum des associations. C'est un forum dans lequel tous les clubs sont présents et dans lequel les jeunes et les moins jeunes peuvent s'inscrire dans des clubs. Et c'est comme ça que j'ai découvert le vélo un peu par hasard et j'y ai pris goût donc c'était super. Mais je ne suis pas d'une famille de vélo.

Yazid : Qui vous a donné envie de faire du vélo ? Aviez-vous une idole ?

Maxime Decomble : J'ai commencé le vélo un peu par hasard, mais ensuite j'y ai pris goût et ma famille m'a toujours soutenu, m'a amené sur toutes les courses régionales. Elle m'a aussi acheté un vélo, et je suis vraiment reconnaissant car ils m'ont beaucoup poussé et aiderpour continuer le vélo. Donc c'est sûr que même si je n'ai pas commencé le vélo grâce à ma famille, ils m'ont permis aussi aujourd'hui d'être là où je suis. Et comme idole, moi j'ai toujours adoré Thibaut Pinot. C'était un grand coureur français qui a fait de belles places sur le Tour de France, une des plus belles courses du monde. Et du coup forcément quand j'étais jeune, j'étais fan de lui. Et Thibaut Pinot faisait partie de l'équipe Groupama-FDJ United. Et du coup, j'ai toujours eu envie de rejoindre cette équipe parce que j'étais fan de Thibaut Pinot.

 

J'ai toujours adoré Thibaut Pinot. C''était un grand coureur

Siana : Depuis combien de temps êtes-vous cycliste professionnel ? Qu'est-ce que ça a changé par rapport à la vie d'amateur ?

Maxime Decomble : C'est ma troisième année. Je suis passé pro à mes 18 ans, c'est-à-dire juste après le bac, juste après le lycée. Mais c'est ma première saison dans l'équipe première car j'ai passé mes deux premières années avec l'équipe espoir. Et ce qui a le plus changé par rapport aux amateurs, c'est qu'on a tout le matériel mis à disposition, c'est-à-dire que nos vélos, c'est l'équipe qui nous les donne, comme les tenues. On est aussi suivi à l'entraînement, au niveau de l'alimentation, on est constamment encadré. Aujourd'hui c'est mon métier, donc il y a aussi des contraintes, c'est-à-dire que je n'ai pas le droit d'être cycliste professionnel et à la fois travailler au carrefour du coin. C'est quelque chose qui peut être différent par rapport au niveau amateur où certains vont avoir leur métier et en plus pratiquer le cyclisme. Moi, j'ai tout mon temps pour pratiquer le vélo.

Stéphane Longin : Vous dites que vous êtes beaucoup suivi, c'est-à-dire que l'équipe contrôle tout en permanence, tout au long de l'année ?

Maxime Decomble : Oui, c'est ça. Déjà au niveau de l'entraînement, forcément, on est vraiment suivi. Et après, au niveau de la nutrition, on est suivi aussi toute l'année, car c'est un point essentiel pour progresser, pour bien récupérer. La nutrition, l'hydratation, le sommeil, c'est vraiment des aspects qui sont essentiels et pour lesquels nous sommes très bien accompagnés. Et après on peut aussi avoir une préparation mentale par rapport à différentes problématiques.

Camilia : Quelle est votre plus belle victoire ? Pouvez-vous nous raconter cette course ?

Maxime Decomble : Alors je dirais que ma plus belle victoire actuellement, ça a été les championnats de France de contre-la-montre chez les Espoirs. J'ai été champion de France (2024) et ça a été une de mes plus belles victoires parce que je ne m'y attendais pas. Et c'est vrai qu'être champion de France et ensuite porter ce maillot de champion de France toute l'année, c'est quand même quelque chose qui est très gratifiant et forcément c'était un honneur. Et sur cette journée où j'ai décroché le titre de champion de France, je pense que vu que personne ne m'attendait à ce niveau là, je n'avais pas beaucoup de pression, je n'avais pas beaucoup de stress et je pense que ça m'a beaucoup aidé. C'était une très belle journée et je m'en rappellerai toute ma vie.

Jules M : Est-ce que vous préférez la course en contre-la-montre ou la course en ligne ? Pourquoi ?

Maxime Decomble : Le contre-la-montre, c'est une discipline que j'affectionne beaucoup, et où je suis quand même plutôt bon. Et du coup, j'aurais du mal à choisir parce que je pense pouvoir performer sur les courses en ligne et aussi sur les contre la montre. Et je crois que c'est plutôt important d'avoir un juste milieu entre les 2. Mais c'est vrai que c'est complètement différent, parce qu'un contre-la-montre, c'est vraiment une gestion personnelle de l'effort. C'est-à-dire qu'on connaît le parcours, on peut faire une stratégie en amont de comment on va gérer notre course. Et du coup c'est vrai qu'on n'a pas le stress du peloton. Alors qu'une course en ligne avec tout les coureurs, en plus de la stratégie d'équipe il y a aussi une petite part de hasard. Et sur le Tour d'Auvergne Rhône-Alpes que nous allons avoir, il y a même un contre-la-montre par équipe. Alors là, c'est la gestion de l'effort, mais en équipe, et c'est très intéressant à faire aussi.

 

Actuellement je dois faire entre 15 et 20 heures d'entraînement sur le vélo par semaine 

Hassan : Pouvez-vous nous expliquer comment se passe un entraînement ?

Maxime Decomble : Dans l'équipe on est un peu moins de 30 et il y a 5 entraîneurs. C'est-à-dire qu'ils entraînent  5 ou 6 coureurs de l'équipe. Cette organisation permet vraiment d'avoir un suivi individualisé. Il faut aussi savoir que tous les cyclistes habitent tous à des endroits différents. Et on travaille avec une plateforme d'entraînement que je peux consulter soit sur mon ordinateur, soit sur mon téléphone et sur laquelle, tous les jours, je vais voir les entraînements que je dois faire. Par exemple, aujourd'hui (vendredi 5 juin) j'avais deux heures à faire en endurance et je suis parti sur mon vélo tout seul. Et ensuite à la fin de la sortie j'ai un compteur qui va comptabiliser les kilomètres que j'ai fait pendant la sortie. Les données vont aller directement sur cette application et mon entraîneur, même à distance, peut voir les entraînements que je fais. Tout est fait à distance et tous les jours c'est des entraînements différents. Pour vous donner un exemple, je pense que sur une semaine je dois faire entre 15 et 20 heures d'entraînement par semaine de vélo. Ensuite, quand je n'ai pas de course, je vais au moins 2 fois à la salle de sport par semaine. C'est vraiment pour développer le haut du corps parce que c'est quelque chose qu'on ne développe jamais sur le vélo. Alors que c'est important d'être bien équilibré au niveau du corps. Pendant l'hiver, on peut faire de la course à pied, de la natation, mais pas trop pendant les périodes de course.

 

Maxime Decomble est cycliste professionnel au sein de l'équipe Groupama FDJ United

 

Léa : Est-ce que vous êtes stressé avant une course ? Comment faites-vous pour gérer vos émotions ?

Maxime Decomble : Je pense qu'on est tout le temps stressé avant une course, peu importe laquelle. Si c'est une course où je peux performer, forcément je vais être plus stressé qu'une autre et ça je pense que c'est totalement normal et humain. Mais c'est vrai que j'ai commencé le vélo quand j'avais 8 ans, là j'ai 20 ans, ça fait quand même un moment que je fais du vélo. Et je pense que même si les niveaux des compétitions se sont élevés depuis que je suis jeune, je crois qu'avoir commencé le vélo jeune et cette expérience des courses m'a permis de mieux gérer ce stress. Mais je pense quand même que c'est toujours important d'avoir du stress. Il faut vraiment faire la différence entre le mauvais stress et le bon stress pour avoir envie de toujours performer, mais il faut apprendre à bien le gérer. Et justement, dans l'équipe, on peut avoir un suivi avec une dame qui s'appelle Marie-Laure (Marie Laure Brunet, ancienne championne de Biathlon) et qui nous accompagne au niveau du mental.

Yzet : Est-ce que vous êtes satisfait de votre préparation physique avant de commencer le Tour d'Auvergne-Rhône-Alpes ?

Maxime Decomble : Oui, je suis plutôt content de la façon dont je l'ai préparé. Juste avant cette course, je suis parti 10 jours à la montagne pour pouvoir faire plus de col et pouvoir justement être bien prêt à des dénivelés importants qu'il va y avoir sur le Tour Auvergne-Rhône-Alpes, qui est plutôt dur. Et au niveau de l'équipe je pense qu'on a eu une bonne préparation avec des coureurs qui se préparent au Tour de France et certains qui ont pu se préparer en altitude pour être le plus performant possible.

Rizlaine : Au sein de l'équipe Groupama-FDJ United, quel sera votre rôle pendant le tour d’Auvergne Rhône Alpes ?

Maxime Decomble : Alors moi, pendant ce tour d'Auvergne Rhône-Alpes, j'aurais un rôle de coéquipier. Parce que vous savez, le vélo, c'est un sport individuel mais qui se court en équipe. Je vais donc être au service de mes coéquipiers et de certains coureurs qui sont légitimement plus forts que moi. Je serais là pour les aider à se placer dans le peloton, mais je pourrais peut-être avoir ma carte à jouer sur certaines étapes qui seront un peu moins dures. Mais la priorité c'est d'essayer d'aider mes coéquipiers au mieux. Par exemple, je peux avoir comme rôle de me mettre devant un coéquipier pour prendre le vent à sa place, pour qu'il soit protégé dans ma roue et qu'il puisse économiser de l'énergie. C'est très important de pouvoir compter sur ses coéquipiers quand on est leader pour pouvoir être bien placé.

Elise M. : Quelle est l'étape que vous redoutez le plus ?

Maxime Decomble : C'est une question qui est compliquée. Sur les huit étapes, je pense que je vais bien aimerle contre la montre par équipe, parce que c'est une discipline que j'aime beaucoup. Après je dirais que les étapes que je vais le plus redouter, ce sont celles du dernier week-end avec des arrivées au Grand Colombier et sur le plateau de Solaison (Dans les Alpes). Et puis l'étape du lundi qui arrive au Puy-en-Velay où vous êtes. Cette étape-là va être dure parce qu'elle va être très longue et je pense qu'il va faire chaud. C'est sûr que ça va être une des étapes les plus dures de ce Tour.

L'étape qui arrive au Puy-en-Velay va être l'une des plus dures de ce tour car elle va être très longue et qu'il va faire chaud 

 

Jules F : Quelles seront vos prochaines courses après ce Tour ?

Maxime Decomble : Alors, ma prochaine course, ce sera les championnats de France. Les championnats de France de contre-la-montre et de courses en ligne fin juin. Ensuite, la saison se déroule de février à octobre et c'est en amont de la saison, c'est-à-dire en décembre ou en janvier, qu'on va réfléchir au calendrier pour la première moitié de saison, jusqu'en juin. Donc on va bientôt réfléchir sur la seconde partie de saison. Du coup c'est vrai qu'actuellement je ne peux pas vous dire les courses que je ferai en juillet et en août. Malheureusement, ce que je peux vous dire, c'est que je ne ferai pas le Tour de France, même si mon équipe le fait. 

Marley : Est-ce qu'il y a une course qui vous fait rêver ?

Maxime Decomble : La course qui fait rêver beaucoup de coureurs, c'est le Tour de France ! Surtout moi, je suis plus un grimpeur et du coup le Tour de France, c'est une course qui peut bien me correspondre. C'est sûr que dans le futur, je voudrais bien y participer parce que c'est une course qui me fait rêver. Car quand j'étais jeune, je suis allé le voir plusieurs fois. Mais évidemment, dans une équipe, on est un peu moins de 30, et au Tour de France, au départ, on est que 7. Du coup ce sont les sept meilleurs de l'équipe qui vont faire cette course-là. Cette année, c'est ma première année dans l'équipe World Tour et c'est un peu tôt pour faire le Tour de France encore, mais c'est sûr que j'aimerais beaucoup faire le Tour de France les prochaines années.

Stéphane Longin : Le Tour de France représente quoi pour un cycliste professionnel ? C'est la Coupe du Monde du footballeur ?

Maxime Decomble : Oui, je pense que on peut le voir comme ça, c'est vrai, comme la Coupe du Monde. C'est je pense la plus belle course du monde. Et il faut savoir que le Tour de France c'est aussi, comme d'autres grands événements sportifs, une des courses les plus regardées au monde. Donc c'est vrai que tout le monde a envie de la faire, évidemment.

 

[La rédaction de RCF Haute Loire remercie les personnes qui se sont mobilisées pour organiser cette interview avec les élèves de l'école de Taulhac : Christophe Morel (attaché de presse de l'équipe Groupama-FDJ United), Xavier Deshayes (Groupama), Franck Rataj et Bastien Maurel (Groupama Rhône Alpes Auvergne).]

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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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