Toulouse : la nomination controversée du Père Spina annulée par Mgr de Kerimel
La promotion du prêtre Dominique Spina, condamné pour viol sur mineur en 2006, a été annulée à la demande de l’archevêque de Toulouse, a annoncé le diocèse dans un communiqué samedi 16 août.
L'archevêque Guy de Kerimel lors de la messe géante de la Pentecôte chrétienne organisée par le diocèse de Toulouse le 8 juin 2025. Crédit photo : Pat Batard / Hans Lucas.C’est la fin de deux mois de polémique. "Pour ne pas provoquer de division entre évêques, et pour ne pas en rester à un face à face entre les « pour » et les « contre », j’ai décidé de revenir sur ma décision ; c’est maintenant fait, avec la nomination d’un nouveau chancelier" a indiqué l’archevêque de Toulouse, Guy de Kerimel dans un communiqué publié samedi 16 août.
Le lourd passé judiciaire du Père Spina
La nomination de ce prêtre au poste de chancelier au début du mois de juin avait suscité incompréhension et la colère au sein de l'Eglise, en raison du lourd passé judiciaire de Dominique Spina, condamné en 2005 en première instance, puis en appel en 2006, à 5 ans de prison pour des viols sur un adolescent commis entre 1992 et 1994. La Conférence des évêques de France (CEF) avait d’ailleurs mis la pression sur l’archevêque de Toulouse dimanche 10 aout.
La pression de la Conférence des évêque de France
"Nous avons engagé un dialogue constructif avec Mgr Guy de Kerimel, , l’invitant à reconsidérer la décision qu’il avait prise quant à la nomination du chancelier de son diocèse" avait indiqué la présidence de la CEF dans un communiqué. "En effet, une telle nomination à un poste aussi important, canoniquement et symboliquement, ne peut que raviver des blessures, réveiller des soupçons et déconcerter le peuple de Dieu".
Mgr Guy de Kerimel, archevêque de Toulouse, avait justifié avoir "pris le parti de la miséricorde" pour nommer ce prêtre à qui il dit "n’avoir rien à reprocher" dans cette "fonction administrative". Dans le communiqué publié samedi il explique : "ma décision avait été interprétée par de nombreuses personnes comme un camouflet envers les victimes d’abus sexuel ; j’en demande pardon aux victimes. Ce n’était évidemment pas mon intention".
Cette polémique a reposé la problématique du suivi des auteurs de violences sexuelles au sein de l'Eglise. Pour Olivier Savignac, cofondateur du collectif de victime "Parler et Revivre" : "la réhabilitation ne doit pas rimer avec promotion sociale".


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