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Tennis de table. Pourquoi ça coince chez les clubs pro angevins cette saison ?

Tennis de table. Pourquoi ça coince chez les clubs pro angevins cette saison ?

Un article rédigé par Florian PERRAY - RCF Anjou, le 6 janvier 2026 - Modifié le 6 janvier 2026
L'invité de RCF AnjouTennis de table. Pourquoi les clubs pro angevins ont du mal cette saison ?

Porté par l’effet des frères Lebrun et le succès de l'équipe de France aux JO de Paris, le tennis de table connaît un véritable boom en France et en Maine-et-Loire. Mais derrière cette dynamique quasiment historique au niveau amateur, les clubs professionnels angevins traversent une période délicate, entre contraintes financières et concurrence accrue.

Image par Markus Vockrodt de PixabayImage par Markus Vockrodt de Pixabay

 

Avec plus de 250 000 licenciés au niveau national, le tennis de table n’a jamais été aussi populaire en France. Une tendance qui se confirme en Maine-et-Loire, où le comité départemental a frôlé l’an dernier son record historique de près de 4 600 pongistes. 

Au niveau régional, les Pays de la Loire se distinguent également. La ligue est aujourd’hui la deuxième de France en nombre de licenciés, derrière l’Île-de-France, avec une Loire-Atlantique en figure de proue, suivie d'un Maine-et-Loire au coude-à-coude avec la Vendée.

 

L’effet Lebrun et l’impact des Jeux olympiques

 

Les performances des frères Lebrun, véritables têtes d’affiche du ping français, ont suscité de nombreuses vocations. Sans oublier les bonnes performances de l'équipe de France aux JO de Paris, il n'en fallait pas plus pour susciter un engouement général. Résultat : les jeunes affluent, mais aussi les adultes qui avaient abandonné la pratique. « Voir des pongistes à la télévision donne envie de rejouer », observe Ghislain Sérasin. L’image de la discipline a, elle, profondément évolué : longtemps moqué, le tennis de table est désormais revendiqué avec fierté par ses pratiquants.

 

Des clubs amateurs confrontés à leurs limites

 

Cette affluence n’est toutefois pas sans conséquences. Les clubs doivent désormais faire face à un manque de créneaux et à des infrastructures parfois saturées. En Maine-et-Loire, neuf clubs dépassent aujourd’hui les 100 licenciés, une situation encore rare il y a quelques années. Les deux clubs d’Angers comptent même plus de 200 adhérents chacun. Le département recense au total 67 clubs, répartis sur l’ensemble du territoire, avec de fortes concentrations autour d’Angers et de Cholet. Certaines zones, comme le Saumurois, connaissent actuellement un développement particulièrement soutenu.

 

Un paradoxe : des clubs pros en difficulté

 

Alors que le tennis de table amateur se porte très bien, la situation est plus contrastée du côté professionnel. Le Maine-et-Loire compte deux clubs pros, les Loups d’Angers et la Romagne, tous deux actuellement en difficulté sportive (7ème et 8ème du classement de Pro A). Si cette situation n’a pas d’impact direct sur la pratique amateur, elle reste préjudiciable en termes d’image et de visibilité. « Les clubs pros restent une vitrine importante pour la discipline », rappelle le président du comité.

 

Des contraintes financières et réglementaires lourdes

 

Des difficultés qui s’expliquent notamment financièrement. Les coupes budgétaires du Conseil régional ont fait mal aux budgets des deux clubs qui ont perdu chacun près de 40 000 euros. Une somme difficile à compenser par des partenaires privés. S’ajoutent à cela des décisions fédérales contraignantes, comme l’obligation tardive de recruter un cinquième joueur sous contrat ou encore l’instauration de deux descentes au lieu d’une en fin de saison. Autant de paramètres qui ont fragilisé des effectifs déjà construits.

 

Une concurrence nationale de plus en plus forte

 

Enfin, le niveau du tennis de table professionnel français s’est considérablement élevé ces dernières années. L’arrivée de joueurs de l’équipe de France dans différents clubs (les frères Lebrun à Nîmes-Montpellier, Simon Gauzy à Hennebont), ou encore l'éclosion de talents comme le champion du monde cadet Flavien Coton (CTT Bruille), a renforcé la concurrence. Dans ce contexte, viser les premiers rôles devient compliqué pour les clubs angevins. L’objectif est désormais avant tout le maintien pour La Romagne et Angers qui pourtant, en 2017, s'opposaient lors d'une finale européenne.

Alors deux clubs professionnels dans le même département, est-ce vraiment tenable ? Ghislain Sérasin, lui, ne se pose pas la question.

 

Ce qui est sûr, c'est qu'en Maine-et-Loire, on est le seul comité à avoir deux clubs pros. Il y a des endroits en France où c'est le désert. Nous, on a cette chance-là, et il faut en profiter !

 

 

Ce mercredi 6 janvier 2026 :

Les Loups d'Angers reçoivent Nîmes-Montpellier (sans les frères Lebrun) à 19h30, salle de l'Europe à Angers

La Romagne se déplace à Rouen, début du match à 19h30.

© RCF Anjou
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
L'invité de RCF Anjou
© RCF Anjou
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