Télétravail, semaine plus courte, mobilité durable : les entreprises s'adaptent face à la hausse des prix des carburants
Le télétravail fait son retour. C'est l'une des conséquences de la hausse des prix des carburants. Un retour "de façon prudente" et accompagné de tout un panel d'autres mesures pour limiter les frais des salariés. Tour d'horizon de ces dispositifs avec Emmanuel Demay, président de l'ANDRH (Association Nationale des Directeurs des Ressources Humaines) Auvergne. Il est l'invité des radios RCF en Auvergne.
Emmanuel Demay, président de l'ANDRH Auvergne, constate un retour limité du télétravail dans la région. ©Emmanuel DemayLa hausse du prix des carburants touche toute l'économie française : des agriculteurs aux entreprises, en passant par les salariés. En attendant une possible électrification plus grande du pays, le gouvernement met en place des aides ponctuelles et ciblées pour certaines professions dépendantes des hydrocarbures. Pourtant évoqué, et souhaité par l'opposition de gauche, l'exécutif refuse pour l'heure de taxer davantage les pétroliers. Au quotidien, les entreprises s'adaptent et mettent de nouveau en place le télétravail. On en parle avec Emmanuel Demay, président de l'ANDRH (Association Nationale des Directeurs des Ressources Humaines) Auvergne. Il est l'invité des radios RCF en Auvergne.
Un retour du télétravail "de façon prudente"
Cette crise des prix du carburant touche particulièrement les Auvergnats : "avec nos zones rurales et péri-urbaines, la voiture est souvent indispensable". Après le boom de 2020, beaucoup d'entreprises sont "revenues un petit peu en arrière" sur le télétravail, pour maintenir le lien social. Mais depuis quelques semaines, le télétravail fait son grand retour, "de façon prudente", indique Emmanuel Demay.
L'économie est immédiate pour les salariés qui en bénéficient : un jour de travail hebdomadaire, "c'est environ 20 % de frais de carburants en moins pour le salarié". Cependant, le travail à la maison est impossible pour bon nombre de travailleurs des secteurs du transport, de l'industrie, du commerce…
Selon le président de l'ANDRH Auvergne, il y a une vigilance des employeurs à ne "pas créer de tension ou de conflit", en élargissant le télétravail à certains (dans l'administratif le plus souvent) et pas à d'autres, dont la présence est requise sur le lieu de travail.
Aménagement du temps de travail, forfait mobilité durable, primes carburant
C'est donc un panel d'alternatives ou d'aides qui sont déployés par les entreprises de la région. Avec, par exemple, "la modification de l'organisation du travail", avec une semaine réduite à quatre jours ou quatre jours et demi pour limiter les déplacements. C'est particulièrement vrai pour l'industrie. Des "aménagements temporaires", insiste Emmanuel Demay.
Des aménagements temporaires
Des mesures sont développées pour atténuer le coût du trajet domicile-travail. Avec "un regain" du forfait mobilité durable ces dernières semaines. C'est-à-dire, une "aide financière versée par l'employeur aux salariés qui utilisent des modes de transport plus doux", comme le vélo, le covoiturage ou les transports en commun. Un dispositif "cumulable" avec des abonnements de transports collectifs, précise Emmanuel Demay.
Des "primes carburant au transport", grâce à des aides défiscalisées de l'État, sont également possibles pour les salariés. Enfin, certaines entreprises mutualisent leurs moyens pour conduire leurs salariés sur les lieux de travail, avec par exemple un "système de navette inter-entreprises". Des solutions "temporaires", précise le président de l'ANDRH en Auvergne au vu du "peu de visibilité sur la durée de la crise".
"Bouton d'alerte" et "kit de prévention" pour les arrêts maladie
Autre actualité des entreprises, la mise en place à venir d'un "bouton d'alerte" pour permettre aux employeurs de signaler les arrêts de travail qui pourraient être abusifs. Une manière de lutter contre l'absentéisme au travail. Pour Emmanuel Demay, cette mesure "s'inscrit dans une mesure d'économie globale demandée par le gouvernement", avec des dépenses en "hausse de 7 milliards depuis 10 ans".
L'absentéisme n'est pas uniquement une ligne comptable, c'est le symbole d'une fragilité un peu plus systémique
Concrètement, et sauf exception, l'arrêt de travail sera limité à un mois lors du premier, puis à deux mois en cas de prolongation. À cela s'ajoutera un "renforcement des contrôles et de la lutte contre la fraude".
Là où les directeurs de ressources humaines pourront le plus agir, selon Emmanuel Demay, c'est sur le troisième volet : celui de la prévention. Davantage d'outils seront donnés aux entreprises. "L'absentéisme n'est pas uniquement une ligne comptable, c'est le symbole d'une fragilité un peu plus systémique", explique le président de l'ANDRH Auvergne. "Le lien au travail a changé radicalement", poursuit-il. Ainsi, "on parle beaucoup de santé mentale qui touche 44% des salariés" mais représente "seulement 5 % des arrêts de travail".
Piloter cette prévention-là
Selon lui, "l'absence c'est toujours un signal" : problème de charge, de management, de perte de sens. "Notre rôle [aux DRH] est de piloter cette prévention-là" . Pour cela il faut "écouter les nouveaux codes" des salariés, notamment les plus jeunes, souvent plus exigeants sur leur équilibre de vie.


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