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Taguer la ville pour protéger la nature !

Taguer la ville pour protéger la nature !

Un article rédigé par Violaine Rey - RCF Haute-Savoie, le 14 septembre 2023  -  Modifié le 15 septembre 2023
Journal Local · RCF Savoie Mont-Blanc Edition du vendredi 15 septembre 2023 à 08h01

Le CISALB, le Comité Intersyndical pour l'assainissement du lac du Bourget, dans sa démarche "Eau-climat, on agit", invitent les élus du territoire à se mobiliser pour préserver l'éco-système lacustre. Premier geste : s'assurer que le lac ne devienne pas une poubelle alimentée par nos canalisations !

Elus et habitants devant le premier graffiti "Le lac commence ici" Elus et habitants devant le premier graffiti "Le lac commence ici"

Investir l'espace public

 

L'image peut surprendre, sur la place du marché de Saint-Alban-Leysse, devant les agents municipaux et les élus, les habitants se saisissent d'une bombe de peinture pour taguer la halle commerciale.

Une première pour Dominique, pas forcément à l'aise avec le dessin. Mais ici, c'est un pochoir qu'elle utilise pour apposer sur les murs un slogan : "Ne rien vider, ne rien jeter. Le lac commence ici".

Malgré la pluie qui s'abat sur la commune, pour elle, c'était une évidence, elle devait répondre à l'appel. "L'eau, c'est un sujet qui me tient à cœur" commence-t-elle. "Il faut l'économiser, la préserver".

 

Sous les applaudissements de tous, elle donne le coup d'envoi de la campagne de communication : dans les rues passantes ou près des grilles de canalisations, la mairie veut, avec des pancartes métalliques ou des tags, rappeler que les déchets, charriés par la pluie, terminent toujours dans le lac.

 

"Le lac commence ici" ©CISALB


 

Des machines à laver aux plaques d'immatriculation en passant par les mégots

 

Quand on se tient en centre-ville de Saint-Alban-Leysse, difficile d'imaginer que le papier jeté ici se retrouvera sur les plages d'Aix-les-Bains. "Justement", martèle Patricia Maffre-Deprost, adjointe en charge de la Transition Écologique. "C'est parce qu'on ne se rend pas toujours compte de l'impact de nos déchets qu'il faut expliquer que le lac commence ici".

L'élue sait de quoi elle parle, chaque année, un ramassage citoyen des déchets sauvages est organisé par la commune. "On y trouve de tout ! Des objets jetés ailleurs, mais transportés par l'eau et qu'on retrouve dans les rivières" explique-t-elle. "On a des montagnes de mégots, des machines à laver, des caddies, des plaques d'immatriculation. Des objets très étonnants !"


Alors la préservation de l'eau, nouveau cheval de bataille de la commune ? Pas tout à fait.

"Nos prédécesseurs ici veillaient déjà sur l'eau" rappelle Michel Dyen, maire de la ville. "Avant d'être une ville, Saint-Alban-Leysse était une plaine agricole, il fallait veiller à économiser l'eau pour garantir les récoltes".

C'est donc sans sourciller qu'il se saisit, lui aussi d'une bombe de peinture. "Le graffiti peut avoir plusieurs sens. Artistiquement, je n'ai pas de prétention, ici, c'est un graffiti nécessaire, pragmatique" rit-il.

 

La pollution de l'eau, en chiffre

  • Un mégot de cigarette met 12 ans à se décomposer.
  • Il pollue, à lui seul, 500 litres d'eau.
  • 9 pollutions sur 10 constatées dans les cours d'eau découlent directement de mauvais gestes.

 

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© Le Journal Local (RCF Savoie-Mont-Blanc)
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Journal Local · RCF Savoie Mont-Blanc

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