Surendettement dans les Deux-Sèvres : hausse de 30% en 2025
Alors que la hausse nationale des dépôts de dossiers de surendettement atteint 10 %, les Deux-Sèvres affichent une progression de 30 %. Un paradoxe dans un territoire au chômage bas (5,4 %). Le directeur de la Banque de France de Niort analyse cette situation et donne les bons réflexes.
Jonathan L'Hoste, directeur de la Banque de France à Niort, revient sur la hausse de 30% du surendettement en 2025, dans les Deux-Sèvres Ce qu'il faut retenir :
- Hausse du surendettement de 30% dans les Deux-Sèvres en 2025
- 873 foyers surendettés en 2025 dans les Deux-Sèvres
- Numéro gratuit : 3414
873 personnes ont été déclarées surendettées dans les Deux-Sèvres en 2025. Le nombre de dossiers déposés a bondi dans le département, en comparaison au niveau national. Pourtant, les Deux-Sèvres font figure de bon élève avec un taux de chômage inférieur de deux points à la moyenne nationale et régionale.
L’inflation responsable du surendettement dans les Deux-Sèvres ?
Pour Jonathan L’Hoste, directeur de la Banque de France de Niort, l’explication vient, sans doute, du contexte économique tendu : “Même si l’inflation a été jugulée en France, il y a eu quand même des variations relativement importantes. On continue à avoir des perturbations avec ce qui se passe au Moyen-Orient. Donc ces augmentations des charges peuvent avoir un impact sur l'équilibre financier des ménages.”
Cette dynamique haussière se perpétue depuis 2022 au niveau national. Les premiers mois de 2026 ne font pas exception. La hausse du surendettement des ménages dans les Deux-Sèvres se poursuit, mais celle-ci est moins forte qu’en 2025.
À long terme, sur le plan national, les dépôts de dossiers restent inférieurs au pic de 2015. À l’époque, on dépassait les 200 000 foyers surendettés, contre 148 000 dossiers en 2025 en France.
Les ménages précaires plus exposés
Les dettes les plus fréquentes sont les crédits à la consommation, les loyers impayés et les factures d’énergie. Côté profil, la Banque de France observe une surreprésentation des personnes seules, divorcées ou séparées, souvent locataires et vivant avec de faibles revenus (chômeurs, bénéficiaires de minima sociaux). Le surendettement touche aussi des actifs précaires dont les charges fixes dépassent soudainement les ressources.
Au-delà d’accompagner les ménages surendettés, la Banque de France agit également en amont, en réalisant de la prévention. L’éducation financière devient une mission essentielle pour rendre les gens conscients de leur situation et limiter les cas de surendettement. Son message est clair : anticiper les difficultés.
Que faire face au surendettement ?
En cas de soucis financiers, l’un des premiers conseils de Jonathan L’Hoste, directeur de la Banque de France à Niort, est “de ne pas pratiquer la politique de l'autruche”. L’erreur serait d’attendre, au risque que la situation s’aggrave. Jonathan L’Hoste conseille de se renseigner dès les premiers signes : découvert récurrent, impayés, refus de crédit.
Quand un dossier est déposé, il est examiné en commission de surendettement. Cette dernière peut décider de rééchelonner les paiements, de réduire le taux d’intérêt ou dans les cas les plus graves, d'effacer une partie ou la totalité des dettes.
En cas de difficulté, un numéro gratuit existe, le 3414, joignable du lundi au vendredi.


Écoutez les reportages réalisés par les rédactions de RCF Poitou Vienne et Deux-Sèvres.




