"Sur des kilomètres, c'est tout noir" : le témoignage d'un sapeur-pompier puydômois de retour d'une mission face aux incendies de Gironde
Douze sapeurs-pompiers étaient sur la route du retour ce vendredi après 7 jours à combattre le méga feux en Gironde. Entre défense d'habitations et de points sensibles et ligne d'appui pour limiter la propagation des flammes, les soldats du feu ont aussi fait l'expérience d'une solidarité hors du commun sur place. Découvrez le témoignage de l'adjudant-chef Stéphane Bérard.
Relevés après sept jours à combattre les incendies de Gironde, douze sapeurs-pompiers du Puy-de-Dôme étaient sur la route du retour ce vendredi 31 juillet. ©SDIS63Une semaine face au méga feu de Gironde. Ce vendredi douze sapeurs-pompiers du Puy-de-Dôme sont sur la route du retour après 7 jours sur place, à tenter de limiter les ravages des flammes qui ont parcouru 42 000 hectares. Parmi eux, l'adjudant-chef Stéphane Bérard, membre du Codis et de la caserne des Ancizes. Voici son témoignage.
Des missions au nord du bassin d'Arcachon
Leur périple a débuté samedi dernier à bord de leurs camions citernes rurales, direction le sud-ouest. Plus précisément le poste de commandement de Lège-Cap-Ferret, au nord du bassin d'Arcachon.
Sur place, deux missions leur ont été confiées :
- la défense de points sensibles (comme les habitations…)
- effectuer des lignes d'appui avec des colonnes de camions, afin d'empêcher la propagation du feu
On fait tout pour ralentir au maximum le feu
Pour cette dernière mission, ils pouvaient compter sur des appuis aériens. L'adjudant-chef Stéphane Bérard raconte : "On est basé sur une ligne, on était sur la départementale 106, par exemple. Il y avait plusieurs colonnes sur toute la longueur, et le feu arrivait en face, et à partir de là, on sait qu'il ne faut pas qu'il passe de l'autre côté. Et donc, tous les moyens sont concentrés sur un secteur, et on fait tout pour ralentir au maximum le feu".
Concernant la protection des points sensibles, leur rôle était d'être "positionnés stratégiquement autour des bâtiments" afin de "les protéger quand le feu arrive, pour qu'il passe autour".
Après une semaine de lutte, "les missions se sont plutôt très bien passées" pour les sapeurs-pompiers puydômois et leurs collègues de Haute-Loire et du Cantal. "On n'a pas eu de soucis particuliers", résume l'adjudant-chef malgré un feu exceptionnel.
Face à "une très grosse reprise" mercredi
Mercredi dernier, l'équipe puydômoise a dû affronter "une très grosse reprise" de l'incendie de quasiment 100 hectares. "Là, l'objectif, c'est d'être coordonné entre tous les moyens et surtout de respecter les consignes", explique le sapeur-pompier.
Stéphane Bérard reste marqué par "l'ampleur de l'incendie" et "l'étendue des dégâts" avec "des gens qui ont tout perdu". Il décrit un paysage apocalyptique : "Si vous prenez la quatre voies qui va sur le bassin d'Arcachon - celle qui part de Bordeaux - sur des kilomètres, c'est tout noir. À droite et à gauche, toutes les maisons sont brûlées. Donc, il y a des gens qui n'ont rien retrouvé du tout. Le drame, il est là".
L'élan de solidarité de la population en général était vraiment énorme
Sur la route du retour, l'adjudant-chef retient "une expérience professionnelle forte, importante" et une formidable solidarité sur place. "Il y a une organisation qui s'est mise en place, que ce soit avec les agriculteurs, que ce soit les commerçants, que ce soit des professions de soins". Par exemple, kinés et podologues venaient jusqu'à tard dans la nuit pour soigner les pompiers.
On n'a jamais manqué d'eau
Les agriculteurs ont assuré l'approvisionnement en eau : "on n'a jamais manqué d'eau !". Des citoyens venaient de leur propre chef amener des dons, il y avait "des points de ravitaillement partout".
Des citoyens également reconnaissants de leur action. Exemple avec le sauvetage d'un site d'élevage canin où les gens ont été "d'une très grande gratitude, reconnaissants. Ils savent qu'ils ont vu les flammes de très près", raconte l'adjudant-chef Stéphane Bérard.
12 nouveaux sapeurs-pompiers puydômois partent en Gironde
Un soutien logistique et moral primordial pour des pompiers puydômois qui ont réalisé trois nuits sur le terrain avec "des récupérations assez courtes" le temps de demi-matinées ou de demi-après-midis.
L'heure est désormais au repos pour ces douze sapeurs-pompiers. Mais la mobilisation est loin d'être terminée. Douze de leurs collègues puydômois sont partis prendre leur relève en Gironde.




