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"Stop aux mort·es au travail !" : la CGT se mobilise dans le Puy-de-Dôme après la mort d'un stagiaire de 15 ans dans le Gard

"Stop aux mort·es au travail !" : la CGT se mobilise dans le Puy-de-Dôme après la mort d'un stagiaire de 15 ans dans le Gard

Un article rédigé par Pierre Frasiak - RCF Puy de Dôme, le 28 avril 2026 - Modifié le 28 avril 2026
L'invité actu AuvergneMort d'un stagiaire dans le Gard : "les stages de 3ème et de 2nde sont une aberration qui devrait disparaître", selon Frédéric Campguilhem, secrétaire de la CGT Éduc'action dans l'académie de Clermont-Ferrand

Ce mardi 28 avril, la CGT appelait au rassemblement place José Moron à Riom à l'occasion de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail. Un évènement marqué par la mort le 17 avril dernier d'un adolescent de 15 ans, en stage de 3ème dans une entreprise du Gard. Le syndicat renouvelle sa demande d'interdiction des stages pour les élèves de 3ème et de 2nde. Frédéric Campguilhem,  secrétaire  de la CGT Educ’action dans l'académie de Clermont-Ferrand. 

Frédéric Campguilhem,  secrétaire  de la CGT Educ’action dans l'académie de Clermont-Ferrand, demande l'arrêt des stages en entreprise pour les élèves de 3ème et de 2nde. ©Frédéric CampguilhemFrédéric Campguilhem, secrétaire de la CGT Educ’action dans l'académie de Clermont-Ferrand, demande l'arrêt des stages en entreprise pour les élèves de 3ème et de 2nde. ©Frédéric Campguilhem

"Stop aux mort·es au travail !". C'est le slogan de la mobilisation ce mardi 28 avril à 11 heures place José Moron à Riom, à l'occasion de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail. Un rassemblement à l'appel de la CGT Educ'action et de la CGT Construction, dix jours après la mort d'un stagiaire de 15 ans dans le Gard, le 17 avril dernier. Le syndicat recense 1.287 morts au travail en France l'an dernier, dont 5 stagiaires, et demande la fin des stages en entreprise pour les élèves de 3ème et de 2nde. Pour en parler, Frédéric Campguilhem, secrétaire  de la CGT Éduc’action dans l'académie de Clermont-Ferrand, est l'invité des rédactions RCF en Auvergne. 

5 stagiaires sont morts au travail l'an dernier

Le drame du 17 avril "n'est pas isolé", selon lui. En stage, les élèves n'osent pas dénoncer leurs conditions de travail, que ce soit un travail répétitif, des accidents ou encore des violences sexistes et sexuelles, parce qu'ils "ont peur pour leur avenir". "Les stages d'observations se transforment très vite en stage où l'on fait des choses", ajoute Frédéric Campguilhem, et où "l'on s'expose à des dangers très graves".

Les stages de 3ème sont une aberration qui devrait disparaître

Le syndicaliste craint que le drame du 17 avril puisse "se reproduire". Il l'assure, "les stages de 3ème sont une aberration qui devrait disparaître", pour laisser place plus tard dans la scolarité à des stages d'observation pour les lycéens professionnels.

Au-delà des risques, ces stages sont inutiles pour les élèves car ils sont souvent "cantonnés à des tâches subalternes", tandis que que "dans les lycées professionnels et techniques on a tous les éléments pour apprendre correctement aux élèves", avec des plateaux techniques complets. 

On est mieux formé en lycée qu'en entreprise

En se basant sur une étude de l'Institut national de recherche et de sécurité, le secrétaire  de la CGT Educ’action dans l'académie de Clermont-Ferrand explique que "les accidents au travail diminuent quand on est formé avec des gestes simples en santé et en sécurité au travail". "Les accidents ne tombent pas du ciel" et "on peut les éviter en faisant en sorte que les gens soient formés", ajoute Frédéric Campguilhem. 

 

 

 

 

 

"5 morts au travail qui étaient des stagiaires" l'an dernier, explique Frédéric Campguilhem

La mission flash n'aura "aucun effet"

À la suite de la mort du stagiaire de 15 ans, les ministres de l'Éducation Nationale et du Travail ont lancé une mission flash pour renforcer la sécurité des stagiaires dans les entreprises. Cela n'aura "aucun effet", conclut par avance Frédéric Campguilhem. "Il y a un mort, on fait un numéro vert, c'est du même acabit". 

Pour la CGT, mettre fin aux stages en 3ème et en 2nde et leur limitation dans la suite de la scolarité aura des effets positifs, également en termes d'égalité des chances. De trop nombreux élèves choisissent "ce qui leur tombe sous la main", comme stage.  "À moins que vous ayez des relations", souligne le représentant syndicale, et là on tombe dans la "différence sociale".

Rien n'empêche les rencontres avec les professionnels dans différents cadres

D'autant plus que "rien n'empêche les rencontres avec les professionnels dans différents cadres". Il l'assure, "on peut très bien se faire une idée d'un métier sans forcément aller dans l'entreprise et faire un stage d'une semaine", notamment grâce aux plateaux techniques dans les lycées qui permettent "d'avoir une connaissance très fine" de nombreux métiers. 

 

 

Mission flash pour renforcer la sécurité des stagiaires : "ça n'aura aucun effet"

Début des cours à 9 heures : "encore un pis-aller"

Ces derniers jours, Édouard Geffray, le ministre de l'Éducation Nationale, s'est montré favorable à l'étude d'une journée scolaire qui commencerait à 9 heures pour les collégiens et les lycéens. "Encore un pis-aller", souffle Frédéric Campguilhem. Il note qu'à "8 heures les élèves sont très attentifs et on arrive à faire cours correctement pour les collégiens".

L'élu syndical préfère dénoncer les milliers de postes d'enseignants supprimés en France et pense que le ministre "ferait mieux de s'occuper de nos conditions de travail, des effectifs par classe l'année prochaine".

On est champion d'Europe du nombre d'élèves par classe dans le secondaire

À propos de la future carte scolaire dans l'académie de Clermont-Ferrand qui prévoit environ 80 suppressions de classe, Frédéric Campguilhem demande "un changement politique sur l'Éducation nationale". Il souligne les "aberrations terribles" de la carte scolaire et fustige le manque de dialogue du Rectorat : "on a un mur en face". Pour autant, l'invité de RCF en Auvergne garde "toujours espoir qu'on arrive à changer la volonté politique et qu'on fasse réellement de l'Éducation nationale une priorité".

 

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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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