Spiritualités New Age : un défi pour l’Église catholique
Ermite française vivant dans les Alpes, Sœur Catherine estime que l’Église catholique peine à répondre à l’essor des courants spirituels "New Age". Pourtant, les personnes qui s’intéressent à ses spiritualités ne sont pas réticentes à écouter le message chrétien.
Sœur Catherine ® LDSalle comble, au Grand Rex. Le dimanche 29 mars, près de 2500 personnes sont venues assister au colloque "La conscience et l’invisible". Parmi les grandes figures des nouvelles spiritualités, Sœur Catherine était présente pour donner voix au chapitre à la religion catholique.
L'Église et les nouvelles spiritualités
L'Église catholique, selon Sœur Catherine, est "trop souvent absente de ces discussions modernes". Cela laisse un vide que les nouvelles spiritualités tendent à combler. Elle milite pour une présence plus active de l'Église dans ces dialogues, car elle constate que nombreux sont ceux qui, en dépit de leurs doutes, "restent touchés par le message chrétien". A la fin du colloque, une personne est venue la voir pour lui déclarer "je pensais que vous seriez l’intervenante qui m'intéresserait le moins. Finalement, c'est vous qui m'avez le plus touché !" Le thème principal du colloque est centré sur la conscience. Sœur Catherine s'appuie sur l'œuvre majeure de sainte Thérèse d’Avila, Le château intérieur, pour qualifier la conscience humaine de "sanctuaire". Dans ses écrits, sainte Thérèse d’Avila considère la conscience comme un espace sacré, habité par la présence divine. La sainte espagnole insiste sur la grandeur de l’intériorité, non comme une introspection psychologique, mais comme une vraie rencontre avec le Christ. Un obstacle peut être identifié : celui des personnes qui réduit le catholicisme à la hiérarchie cléricale, à ses rituels ou aux abus qui sont régulièrement révélés. Les religions sont suspectées de diviser les hommes tout en conditionnant le salut à l'obéissance à des pratiques. Pour l’Église, il conviendrait de ne pas négliger la mystique et les contemplatifs au profit de l’activisme humanitaire. Un constat simple est de plus en plus répandu : dans nos maisons, bouddha remplace le crucifix. Sœur Catherine souligne que le christianisme est la seule voie pour atteindre la béatitude, qui est "notre ultime vocation". Car avec le christianisme, Dieu s’est donné un visage et, en souffrant sa Passion puis en ressuscitant, il a montré que le mal qui nous étreint tous ne l’emporterait pas.
Une vie centrée sur la prière
Sœur Catherine vit seule, en ermitage dans les Alpes. Son choix de vie en ermitage est souvent perçu comme un retour aux sources spirituelles, loin des préoccupations matérielles. Pourtant, Sœur Catherine ne s'isole pas entièrement, puisqu'elle participe régulièrement à des séminaires et à des événements médiatiques. Étant rattachée au diocèse de de Digne, Riez et Sisteron, elle descend de sa montagne tous les quinze jours pour se rendre à la messe. Pour elle, l'austérité de sa vie monastique n'est pas une fuite de la société, mais une façon de vivre en harmonie avec sa foi et de se consacrer intégralement à la prière.
Lorsque Dieu dans la prière donne la saveur de lui plaire, ses exigences sont un bonheur.
On pourrait croire que ce choix de vie a toujours été une évidence pour Sœur Catherine, ou que son enfance l’y aurait destinée. Pourtant, elle affirme n’avoir reçu aucune éducation catholique. Elle est née dans une famille non-chrétienne. La découverte de sa vocation est le fruit d’une "liberté personnelle et d’un appel de Dieu". C’est dans la pratique régulière de la prière, surtout silencieuse, qu’elle a "trouver la joie dans toutes les exigences de la vie catholique". Ce qui l’aide particulièrement, c’est d’appuyer sa prière sur "des actes concrets", en les unissant aux souffrances du Christ dans sa Passion. Ses propos font écho à ceux de Mgr Fulton Sheen. Cet évêque américain sera béatifié le 24 septembre prochain, dans le Missouri. Il a écrit plusieurs ouvrages sur les spiritualités et la psychologie. Dans Peace of Soul, publié en 1949, Mgr Fulton Sheen répond au best‑seller du rabbin Joshua Liebman, Peace of Mind. L’ouvrage du rabbin propose une psychologie populaire reposant sur une paix intérieure sans faute ni conversion. Mgr Sheen montre que la paix vendue par ces courants repose sur l’acceptation de soi sans conversion. Tout le contraire de la vraie paix chrétienne, qui passe par la reconnaissance du péché et la conversion à Dieu.


Chaque jour, Louis Daufresne apporte convivialité et regard positif, dans un esprit critique, sur l'actualité au sens large, en compagnie d'une personnalité reconnue et issue du monde intellectuel, religieux, etc.




