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Sophie Beau (SOS Méditerranée): "nous n'avons pas de temps à perdre"
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Sophie Beau (SOS Méditerranée): "nous n'avons pas de temps à perdre"

Un article rédigé par Jean-Baptiste Le Roux - RCF,  -  Modifié le 28 juin 2018
La vie des ONG venant en aide aux migrants, en Méditerranée, s’est considérablement compliquée ces dernières semaines. C’est notamment le cas de SOS Méditerranée.
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Les navires des associations engagées auprès des migrants en perdition, en Méditerranée, sont de moins en moins les bienvenus dans les principaux ports du Sud de l’Europe. Cela fait en effet plusieurs semaines que les ONG secourant les migrants en mer sont l’objet d’une querelle politique et diplomatique sur le plan européen.
 

L'Aquarius va faire escale à Marseille

Malgré les dissensions politiques entre la France, l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne, sans oublier Malte, ainsi que les critiques qu’elles essuient, notamment celle de faire le jeu des passeurs libyens, les associations poursuivent leurs actions. Mercredi dernier, le navire allemand, "Lifeline", a finalement pu accoster à Malte avec 234 migrants à son bord.

C’est aujourd’hui au tour de l’Aquarius, le navire de SOS Méditerranée, de subir les mêmes désagréments. Le bâtiment fait actuellement route vers Marseille pour effectuer une escale technique. Jusqu’à présent, ce type d’arrêt se faisait dans les ports siciliens, mais ni l’Italie ni Malte ne veulent accueillir aujourd’hui le navire de SOS Méditerranée. Pourtant il n’y a aucun migrant à bord, et c’est la première fois qu’on refuse au navire un accès à un port.

"Cinq jours de navigation coûteux en vies humaines"

"On a besoin de faire une escale technique pour pouvoir changer l’équipage, pour pouvoir approvisionner le bateau. Cette escale ne nous semble pas faisable en Italie étant donné le climat politique sur place. On a demandé à Malte de le faire, et elle nous a refusé l’accès à ses eaux territoriales.  À partir de là on a étudié les différents ports méditerranéens qui pourraient nous recevoir. Ce n’est pas du tout une bonne solution. C’est cinq jours de navigation supplémentaires, inutiles, coûteux pour l’association et en vies humaines. Car ce sont cinq jours où nous ne serons pas dans la zone de sauvetage" explique Frédéric Penard, directeur des opérations pour l’ONG.
 

Frédéric Penard, directeur des opérations de SOS Méditerranée au micro de Maud de Bourqueney:

Pour Sophie Beau, la directrice de SOS Méditerranée, ce refus est révoltant. D’autant plus que le bateau est obligé de s’approvisionner toutes les trois semaines. "Nous regrettons de devoir aller jusqu’en France pour faire un changement d’équipage, un réapprovisionnement, refaire les soutes du navire. C’est absurde au vue de la mission essentielle qui consiste à sauver des vies en mer. Nous n’avons pas de temps à perdre à faire des allers-retours en mer Méditerranée, que ce soit vers l’Espagne ou vers la France. Il est urgent de trouver des solutions logiques et efficaces pour optimiser les moyens de secours qui sont déjà insuffisants. La semaine dernière, il y a eu 200 morts supplémentaires en mer Méditerranée au moment où il n’y avait plus aucun navire humanitaire sur zone. C’est inacceptable et les citoyens européens ne peuvent plus le tolérer" conclue la directrice de l’ONG.
 

Sophie Beau, directrice de SOS Méditerranée au micro de Maud de Bourqueney:


 

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