Soins palliatifs : Savoie et Haute-Savoie plutôt bien dotées
Après le vote solennel de l’Assemblée nationale adoptant le texte sur"l’aide à mourir", la Conférence des évêques de France a réaffirmé dans un communiqué sa "profonde opposition" à cette loi, tout en saluant l’adoption à l’unanimité du volet sur les soins palliatifs. Mais quid de ces soins dans nos départements savoyards ? Nous avons mené l’enquête.
Les deux Savoie disposent d'un nombre de lits identifiés de soins palliatifs supérieur à la moyenne nationale. ©Adobe StockMalgré les promesses, le trop lent essor des soins palliatifs en France. D'après une estimation de la Cour des comptes, dans un rapport publié en juillet 2023, 50% des Français qui devraient être pris en charge en soins palliatifs n'y ont pas accès. Une moyenne nationale qui est toutefois à relativiser dans les deux Savoie. Plutôt qu'au nombre de patients ou de séjours réalisés, l'ARS est attentive au taux d'utilisation des unités de soins palliatifs, qui avoisinent les 100 % dans nos territoires.
Notion de gradation des soins
Depuis 2023, les soins palliatifs sont organisés en filières territoriales, animées par les Agences régionales de santé. Le rôle, les missions, et l’articulation entre les différentes équipes de soins, ou les structures qui interviennent en soins palliatifs sont ainsi définis au niveau national. Cette organisation s’articule autour de la notion de gradation des soins. C’est la situation du patient qui définit le type d’organisation ou d’intervention de soins. "Cette filière se veut globale et elle prend en charge le patient dans toutes ses dimensions : sanitaires, sociales, médico-sociales, en ville ou à l'hôpital", explique Manuelle Milhau, référente cancer et soins palliatifs à l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes.
Trois lits en hospitalisation complète pour 100 000 habitants
Sur les deux Savoie, il existe quatre Unités de soins palliatifs, destinées à prendre en charge des patients dans une situation de niveau 3, c'est-à-dire en gravité ou complexité extrême. Elles représentent 40 lits au total. "La dernière unité a été ouverte au centre hospitalier Annecy-Genevois. Ainsi, avec 2.7 lits d’unité de soins palliatifs pour 100 000 habitants, les deux Savoie sont proches de la recommandation nationale qui est à 3 lits", détaille Manuelle Milhau. À cela, s’ajoutent 141 Lits identifiés de soins palliatifs (Lisp), répartis sur vingt sites différents, dans les services des hôpitaux. "Des renforts attribués récemment par l’ARS ont permis de dépasser la moyenne nationale avec 10,89 Lisp dans les deux Savoie, contre 8,2 en France en moyenne", précise-t-elle.
Des équipes mobiles à l'intérieur et à l'extérieur de l'hôpital
Ces lits sont complétés par des équipes mobiles de soins palliatifs. Depuis 2025, elles n’interviennent plus uniquement à l'hôpital, mais aussi à l'extérieur, en Ehpad ou autres structures médico-sociales. Huit hospitalisations à domicile sont actives en Savoie et Haute-Savoie, avec des équipes formées. Elles peuvent être soutenues par les équipes mobiles de soins palliatifs.
Deux nouveaux dispositifs depuis décembre
Depuis le mois de décembre, deux nouveaux dispositifs ont été validés sur les deux Savoie. Un hôpital de jour, entièrement dédié à la médecine palliative, avec quatre places, qui se trouve aux hôpitaux du Léman. Second dispositif : une équipe rapide d'intervention en soins palliatifs (ERI-SP), relevant de l'Hospitalisation à domicile (HAD), en Sud Annecy. "Il s'agit d'une expérimentation. Cette équipe gère les urgences auprès d’un patient en phase aiguë. Elle peut intervenir en moins de quatre heures pour le stabiliser et éventuellement lui trouver une place dans un service hospitalier. Pour l’instant en Aura, trois équipes sont ainsi expérimentées", annonce Manuelle Milhau.


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