SlowHeat : et si nous changions notre manière de nous chauffer ?
Alors qu’en cette fin de mois de janvier l’hiver s’installe durablement et que la précarité énergétique progresse, une initiative citoyenne et universitaire invite à repenser en profondeur notre rapport au chauffage. Avec SlowHeat, chercheurs et citoyens explorent une approche radicalement différente : chauffer les personnes plutôt que les bâtiments, pour réduire la consommation d’énergie sans sacrifier le confort.
©slowheatChangement climatique, inflation, explosion des prix de l’énergie : les tensions autour du chauffage domestique n’ont jamais été aussi fortes. En Wallonie comme ailleurs, de plus en plus de ménages réduisent leur consommation, parfois contraints, parfois par conviction. Mais face à cette réalité, les solutions proposées restent souvent techniques, coûteuses ou peu adaptées aux usages quotidiens.
C’est de ce constat qu’est née l’initiative SlowHeat. Fondée à la suite d’un projet de recherche lancé dès 2017, la plateforme développe et diffuse des innovations sociotechniques visant une réduction rapide, intelligente et désirable des besoins en chaleur. Pour eux : les économies d’énergie ne passeront pas uniquement par des bâtiments toujours plus performants, mais par une transformation profonde de nos pratiques et de nos normes de confort.
Chauffer les corps plutôt que les murs
Au cœur de la démarche SlowHeat, une hypothèse forte : centrer le chauffage sur les occupants plutôt que sur les logements. Entre 2020 et 2023, avec le soutien d’Innoviris, une alliance inédite réunissant une vingtaine de ménages, des chercheurs et une association a expérimenté cette approche. Résultat : vivre dans un logement à 16, 15, voire 14 °C peut être confortable, à certaines conditions.
L’approche défendue par SlowHeat repose sur plusieurs leviers : réduire la demande de chaleur du corps par l’habillement, l’activité et l’acclimatation, continuer à chauffer les personnes à l’aide de dispositifs adaptés plutôt que l’ensemble du logement, mais aussi rendre la demande de chaleur consciente, choisie et maîtrisée. Cette démarche invite enfin à rediscuter collectivement les normes de confort, d’abord au sein des ménages, puis plus largement à l’échelle de la société.
Cette approche a notamment été testée durant l’hiver 2022 sur le site de Saint-Gilles de la faculté LOCI (UCLouvain), afin de mesurer l’impact des usages thermiques sur le confort et les consommations énergétiques.
Une initiative citoyenne ouverte et participative
Aujourd’hui, SlowHeat est porté par une plateforme coordonnée par des équipes de l’UCLouvain, de l’ULB et de l’asbl Habitat et Participation. Le noyau actif rassemble citoyens, chercheurs, architectes, ingénieurs, sociologues et professionnels du terrain. Ensemble, ils explorent sans a priori des pratiques de chauffage dites « low-tech », en cherchant à concilier sobriété, bien-être et désirabilité.
Au-delà de la recherche, SlowHeat propose de nombreux outils pour sensibiliser et accompagner le changement : conférences, ateliers découverte, projets pilotes dans les écoles, entreprises ou associations. L’objectif est de permettre à chacun de se réapproprier sa relation à la chaleur, un degré et un espace à la fois.
Dans un contexte où la réduction de la consommation énergétique semble inévitable, SlowHeat ouvre un débat essentiel : et si la transition passait aussi par nos corps, nos habitudes et notre manière d’habiter le monde ?


Et si on pensait notre avenir différemment ?
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