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Serge Dubois, un « pèlerin fou » de Haute-Loire sur les chemins du monde

Serge Dubois, un « pèlerin fou » de Haute-Loire sur les chemins du monde

Un article rédigé par Martin Obadia - RCF Haute-Loire, le 26 juin 2026 - Modifié le 26 juin 2026
L'auvergnat de la semaineSerge Dubois : un "pélerin fou" qui parcourt le monde pour des défis sportifs

Serge Dubois est de ceux pour qui le sport est comme l’oxygène, un élément nécessaire voire vital pour vivre. Cet habitant de Haute-Loire surnommé le « pèlerin fou » aime les défis sportifs, des défis que certains estimeraient irréalisables. Lui, les multiplie en France et dans le monde entier depuis plus de 10 ans. Un moyen de se dépasser et passer des messages.

Serge Dubois alias le "Pèlerin fou" se lance des défis sportifs dans le monde entier ©Martin Obadia - RCF Haute-LoireSerge Dubois alias le "Pèlerin fou" se lance des défis sportifs dans le monde entier ©Martin Obadia - RCF Haute-Loire

Le premier défi de Serge Dubois, c’était une course sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle en 30 jours. C’était en 2013. Depuis, il a traversé la Cordillère des Andes en courant, participé à des marathons, des trails et des courses en France et à l’étranger. Pour lui ces aventures « c’est la liberté, c’est se fixer un objectif qui est un petit peu intouchable parce qu’il y a plein de choses qui nous disent qu’on ne peut pas le faire. Puis il faut faire abstraction de tout ça et laisser partir un petit peu son imagination et s’envoler dans ce projet qui est magnifique ». 


Parcourir le chemin de Compostelle en courant, l’idée a infusé chez Serge Dubois pendant un certain temps avec une interrogation centrale : pourquoi tant de pèlerins partent vers cette destination ? Pour avoir la réponse, quoi de plus simple que d’y aller. Il a donc pris ses baskets et s’est élancé depuis le Puy-en-Velay. L’épreuve, il ne l’a pas vécue sans difficultés. « Entre ce que veux la tête et ce que nous donne le corps, des moments ça a été très délicat parce qu’il y a beaucoup de douleurs qui se sont installées dès la 2e semaine. Il y a eu des négociations entre la tête et le corps. Des fois j’avais vraiment très mal puisque parfois quand je partais le matin, c’était les larmes qui me faisaient avancer. Mais dans ma tête je me disais, tant que je peux mettre un pied devant l’autre, je n’arrêterais pas », explique t-il. Il pouvait aussi s’appuyer sur le soutien d’un ami qui le suivait en camping-car, espace qui lui permettait tous les soirs de se reposer et de reprendre des forces. 


Le sportif a tenu et a atteint son objectif. Ce chemin a été pour lui un moyen de « communion avec la nature, tout devient plus simple », pas besoin d’accessoires. Il retient de cette expérience un échange, un partage avec les personnes sur le chemin. « On fait une sorte de reset, on part sur d’autres bases avec une autre vision de la vie ». Pour lui, ce défi qui était au départ un défi sportif a pris une autre dimension « l’aspect spiritualité prend un petit peu le dessus sans qu’on s’en rende compte et je me suis surpris parfois à attendre mon assistant dans les églises », des lieux où il dit s’être senti bien « c’était toujours apaisant en fin de journée d’être dans ces églises », des lieux qui avaient aussi l’avantage d’être frais.


Des défis et des messages 


3 ans après cette première épopée, Serge Dubois s’est relancé dans un autre défi, celui de parcourir 1200 km à travers la Cordillère des Andes. Un parcours de plus de 18 000 mètres de dénivelés positifs avec des passages dans des sites incas mythiques. Le coureur s’était donné 30 jours soit l’équivalent d’un marathon par jour. Cette épreuve, le sportif le reconnait, c’était « la plus dure », il a même douté d’arriver au bout mais en même temps c’était « une belle leçon de vie ». Il a été marqué par des habitants qui l’ont accueilli, qui ont partagé des repas avec lui alors qu’ils n’avaient pas beaucoup de moyens. 


Cette aventure comme la précédente était aussi l’occasion de sensibiliser à la mucoviscidose. Son filleul en est porteur. Lors de son départ sur le chemin de Compostelle, un enfant atteint de la maladie était avec lui aux pieds de la Cathédrale. Serge Dubois s’est dit « je n’ai pas le droit de m’arrêter », un souvenir qu’il raconte avec émotion. « Je préférais le faire pour quelqu’un plutôt que de le faire en égoïste ». Il est allé plus loin dans sa démarche lors de son parcours en Amérique Latine. Pour communiquer sur les difficultés pour les malades à respirer, il a couru parfois a plus de 4000 mètres d’altitude, « Dieu sait si c’est difficile de courir là-haut avec si peu d’oxygène. Et je retrouvais un petit peu la difficulté qu’avaient ces malades ». Il en a fait une communication. Il a aussi mené une opération pour récolter des fonds pour cette cause.  


Ces défis, il les fait aussi pour envoyer un message, celui du bonheur de courir, de l’énergie que la pratique apporte. « Si je peux être valeur d’exemple sur ce sujet-là, je préfère le montrer ». Beaucoup de personnes aujourd’hui font de la course à pied et « je me rends compte que ça leur fait du bien ne serait-ce que physiquement mais aussi dans leur tête ». Il souhaite communiquer sur ça, lui qui, à 61 ans est aussi président du Velay Athlétisme. Il dit avoir encore beaucoup de défis à relever mais désormais il aborde les épreuves avec uniquement du plaisir, sans pression. Tout ce qu’il réalise n’est maintenant « que du bonus ». 


Un artisan dans l'âme


Le sport est, pour Serge Dubois, un exutoire. Il dit ne pas envisager 1 ou 2 jours sans sport. Il observe une hygiène de vie très stricte avec beaucoup de place pour la récupération et le repos. Malgré ce rythme tout de même  effréné, il conserve d’autres temps de respiration. Cela passe par la réalisation de murs en pierres sèches, chez lui. Cette passion est apparue pendant le confinement, en 2020. La pratique sportive était limitée. Il s’est alors intéressé à cette activité qu’il pratique encore régulièrement aujourd’hui « quand ça me fait plaisir, quand j’ai un petit peu de temps » mais encore une fois sans pression. Ça lui permet d’évacuer « on se sent posé. Plutôt que de rester scotché avec le téléphone devant les yeux, je préfère poser de la pierre ». Il s’évade, ne voit pas passer le temps et dit se couper de tout. Le sportif en retire aussi une satisfaction d’organiser les pierres, de voir le résultat final.


Le « pèlerin fou » est aussi un passionné de fabrication de serrures, son premier domaine de formation. Il intervient dans des propriétés de prestige, à Genève, Courchevel ou encore à Saint-Tropez pour faire des choses « hors du commun chez des gens qui sont un peu hors du commun aussi ». Cela passe par la pose de « belle serrurerie dans des villas qui sont magnifiques et avec des réalisations qui sont toujours très belles » explique-t-il. De la pose de ces « œuvres d’art » comme il les appelle, il dit en retirer une « belle satisfaction ». Serge Dubois est animé par la volonté de réaliser ses rêves. Il se dit très chanceux de pouvoir le faire et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il a encore beaucoup de défis à réaliser. Le prochain ce sera plus de 1800 km à vélo entre Le Puy-en-Velay et la Sicile. Ce sera en juillet, avant un marathon trail en Tunisie en novembre prochain.

 

L'auvergnat de la semaine
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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