« Semer une graine » : des détenus de la maison d'arrêt de Vannes obtiennent leur diplôme.
Après plusieurs mois de formation, 45 détenus de la maison d’arrêt de Vannes (Morbihan) ont décroché leur diplôme. 17 d’entre eux ont reçu le sésame en mains propres, lors d’une cérémonie officielle organisée, lundi 13 juillet 2026. Une première étape vers l'après-détention.
Une cérémonie était organisée au sein de la maison d'arrêt. © Alix BertelootIls ont obtenu leurs notes officielles, accompagnées d'un cadeau personnalisé pour chacun, comme un ouvrage d'échecs ou un livre de recettes. Ce lundi 13 juillet, 17 détenus de la maison d'arrêt de Vannes ont reçu des mains de Stéphane Caron, directeur académique des services de l'éducation nationale (DASEN) du Morbihan, leur diplôme. Trois types de diplômes étaient préparés : le diplôme d'études en langue française (DELF), le certificat de formation générale (CFG) et le certificat d'aptitude professionnelle (CAP) équipier polyvalent de commerce.
Un événement qui revêt une importance particulière pour Stéphane Caron. Cette cérémonie s'inscrit dans la volonté de favoriser "l'accompagnement et la réussite scolaire des élèves" afin de leur permettre de "se réinsérer et d'échapper au risque de chômage et de récidive".
"L'école en milieu pénitentiaire réussit très bien"
Selon Xavier Rideau, directeur de la maison d'arrêt de Vannes, l'obtention de ces gratifications "démontre un engagement". "Ce temps d'incarcération doit être un temps utile. Il permet de reprendre les bases", souligne-t-il. "C'est une excellence scolaire, complète le représentant de la DASEN. Cela veut dire que l'école en milieu pénitentiaire réussit très bien".
Au total, "45 détenus sur l'année ont été récompensés sur environ 200 entrées", précise Xavier Rideau. "On ne peut que se féliciter de moments comme celui que nous venons de vivre", se réjouit-il. Une satisfaction partagée par Guillaume Blandin, leur professeur qui les a accompagnés durant ces mois de préparation. "C'est une énorme fierté", confie ce dernier.
D'autant que l'enseignement en milieu carcéral diffère de celui en milieu scolaire classique. Première particularité : il n'existe pas de "rentrée" à proprement parler. "On peut entrer en classe au fur et à mesure de l'année, explique Guillaume Blandin. Chaque semaine, j'ai 10% de mon effectif qui change et l'on ne sait pas combien de temps la personne va rester".
Ouvrir la voie des possibles
Par ailleurs, les cours se faisant sur la base du volontariat, "on ne sait jamais si la personne va rester et s'investir". À cela s'ajoutent les contraintes propres au milieu pénitentiaire : le calendrier carcéral n'est pas calqué sur celui de l'Education nationale. Il peut ainsi y avoir "des transferts ou des personnes libérées avec des aménagements de peine", avant le passage des épreuves.
Malgré ces difficultés, les résultats sont au rendez-vous. Tous les candidats présentés ont été reçus, soit un taux d'obtention de 100 % et certains vont poursuivre vers d'autres formations. Cette réussite scolaire permet de "semer une graine" et "d'ouvrir la perspective des possibles", selon Guillaume Blandin, enseignant.


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