Sécheresse en Auvergne : "une baisse continue" du niveau des nappes depuis le mois de mars
Avec un printemps très sec, les nappes phréatiques sont à un point avancé de baisse en Auvergne. Les zones volcaniques et granitiques sont principalement touchées. Le point sur la situation avec Cyril Aumar, ingénieur hydrogéologue du Bureau de recherches géologiques et minières en Auvergne-Rhône-Alpes. Il est l'invité des radios RCF en Auvergne.
Selon le dernier bulletin du BRGM, le niveau des nappes phréatiques en Auvergne est "modérément bas", voire "bas". ©BRGMDes pics de chaleur à 40 degrés sont attendus ce week-end en Auvergne. L'alerte sécheresse est activée dans le Puy-de-Dôme, la Haute-Loire et le Cantal. L'Allier et le Puy-de-Dôme sont en vigilance orange à la canicule, et le Cantal est en jaune. Autant de signaux d'une nouvelle vague de chaleur dans la région. Une sécheresse en surface et des réserves d'eau souterraine qui diminuent. Pour en parler, Cyril Aumar, ingénieur hydrogéologue du Bureau de recherches géologiques et minières en Auvergne-Rhône-Alpes, est l'invité des radios RCF en Auvergne.
"On a un mois d'avance" par rapport à l'an dernier
Selon le dernier bulletin du BRGM, l'état des nappes phréatiques est dans une situation "modérément basse voire des niveaux bas pour la saison". Si l'hiver fut pluvieux, le printemps très sec entame les nappes phréatiques. "Depuis le mois de mars, on est en déficit hydrique", explique Cyril Aumar.
L'an dernier, ce niveau des nappes phréatiques en Auvergne avait été atteint à "autour de la mi-juillet". Nous avons donc un mois d'avance sur l'année 2025.
Les nappes des zones volcaniques et granitiques particulièrement basses
Pour autant les situations divergent selon les nappes. Certaines "sont à des niveaux plutôt convenables", comme celles de l'Allier. A contrario, d'autres souffrent davantage : les nappes souterraines de sols volcaniques, "qui sont à des niveaux quasiment moyens pour ce moment-là de l'année, même si on est un petit peu bas", et les parties granitiques (les Combrailles, la Margeride, le Forez) "à des niveaux qui sont déjà assez bas".
Les orages de ce jeudi 18 juin ne permettent pas de remplir les nappes. À l'approche de l'été, les plantes ont besoin d'eau et captent la pluie une fois dans le sol. Pour les remplir il faudrait une baisse continue des températures combinée à des précipitations.
Les années se suivent et ne se ressemblent pas
Depuis une dizaine d'années, "les années se suivent et ne se ressemblent pas", selon l'ingénieur hydrogéologue. Avec, par exemple, une sécheresse à l'hiver 2022/2023 qui a causé des records de faible niveau pour les nappes phréatiques en 2023. À l'inverse, en 2021 et 2024, les pluies du printemps et de l'été ont permis d'avoir un relatif haut niveau d'eau en souterrain.
Des épisodes caniculaires "de plus en plus fréquents et de plus en plus violents"
Plusieurs éléments reviennent tout de même : "les extrêmes chauds sont de plus en plus fréquents et de plus en plus violents" et "les extrêmes froids n'existent que très peu". Dans le futur, nous aurons beaucoup de pics de chaleur suivis "parfois de quantités de pluie qui peuvent être diluviennes sur des périodes très courtes".
La période de recharge des nappes souterraines "va être réduite strictement à l'hiver"
Moins de pluies à l'automne et au printemps, davantage l'été. Mais en été, elles ne permettent pas la recharge des nappes phréatiques. Cette recharge "va être réduite strictement à l'hiver". Et "les sécheresses hivernales vont sûrement être de plus en plus fréquentes, ce sont les scénarios du GIEC qui le disent". Ainsi, "même sur des périodes où avant on n'avait jamais de problème, on va être placé en restriction. Probablement à des périodes où on n'a pas l'habitude", assure Cyril Aumar.
Réparer les réseaux d'eau : une nécessité
L'un des enjeux des collectivités est donc d'économiser l'eau. Cela passe par la réfection des réseaux et leurs nombreuses fuites souterraines. Un enjeu important d'autant plus que l'Auvergne est un territoire avec "un linéaire de réseaux d'eau qui est très, très important".
Selon l'expert du BRGM, c'est également une question d'économie pour les collectivités. "Traiter de l'eau, la capter, la chlorer, puis l'envoyer dans des réseaux pour qu'elle finisse dans la nature, ce n'est pas rentable". Il existe donc une "double nécessité", d'approvisionnement et économique, de refaire ses réseaux d'eau. Mais cela, n'est pas la mission du BRGM.
L'état des nappes phréatiques en France selon le dernier bulletin du BRGM. ©BRGM

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