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Santé au travail : moins d'accidents mais des conséquences plus graves en région

Santé au travail : moins d'accidents mais des conséquences plus graves en région

Un article rédigé par Bérénice Charles - RCF Isère, le 10 juin 2026 - Modifié le 17 juin 2026
Focus sur l'actualité en IsèreSanté au travail : moins d'accidents mais des conséquences plus graves en région

Le dernier bilan de la Caisse d'assurance retraite et de santé au travail (CARSAT) révèle une tendance contrastée : les accidents du travail reculent, mais lorsqu'ils surviennent leurs conséquences sont souvent plus lourdes. Quant aux maladies professionnelles : elles continuent de progresser.

Notre invité : Nicolas Tifine, responsable du service prévention de la CARSAT en Rhône-Alpes.

Chutes, glissades, charges lourdes et expositions à des produits nocifs, la Carsat publie une étude sur les risques les plus fréquents (crédits photo : Justus Menke via Unsplash)Chutes, glissades, charges lourdes et expositions à des produits nocifs, la Carsat publie une étude sur les risques les plus fréquents (crédits photo : Justus Menke via Unsplash)

 

Le constat de la Caisse d'assurance retraite et de santé au travail (Carsat) est plutôt encourageant : les accidents du travail sont en constante baisse depuis 2022. Un salarié sur 36 a été victime en 2024 en Rhône-Alpes selon le dernier bilan de l'organisme. Une baisse amorcée depuis 2020, une certaine crise sanitaire et un confinement. 

 

Des accidents moins nombreux, mais des arrêts plus longs

Depuis lors, le développement du télétravail, la transformation de l'organisation des entreprises et l'automatisation croissante de l'industrie semblent avoir fait du chemin et expliquent en grande partie cette évolution positive selon Nicolas Tifine, responsable du service prévention de la Carsat en Rhône-Alpes.

Pourtant, les accidents enregistrés sont de plus en plus sévères. En moyenne, ils entraînent aujourd'hui près de 100 jours d'arrêt dans la région. "C'est énorme", concède Nicolas Tifine qui y voit surtout une conséquence du vieillissement de la population active. "Lorsqu'un salarié expérimenté est victime d'un accident, il met souvent davantage de temps à retrouver ses capacités initiales."

Sur la nature de ces accidents, les manutentions manuelles demeurent la première cause et représentent à elles seules près de la moitiés des cas recensés. Avec les chutes et autres glissades, elles concentrent plus de 75% des motifs d'arrêts de travail. 

 

Eviter les drames chez les plus jeunes

Les jeunes travailleurs restent quant à eux particulièrement vulnérables. Fin mai, un jeune ouvrier du bâtiment à tragiquement perdu la vie sur un chantier dans la Drôme. Le manque d'expérience et parfois un accueil insuffisant au sein des entreprises exposent plus facilement ces jeunes recrues aux blessures ou aux accidents dramatiques. Le ministère du Travail a d'ailleurs présenté vendredi 5 juin 2026 un plan prévoyant, entre autre, d’expérimenter l’utilisation de signes distinctifs pour les nouveaux employés afin de mieux prévenir ces risques.

Les salariés intérimaires sont également davantage touchés. "Ils ont globalement deux à trois fois plus d'accidents que les autres salariés", note le service prévention de la Carsat.

 

Un salarié sur 400 développe une maladie professionnelle

Autre sujet de préoccupation : la progression des maladies professionnelles, notamment les troubles musculosquelettiques (TMS). Selon l'étude publiée par la Carsat, un salarié sur 400 aurait été touché par une maladie imputable à son travail. Et dans près de  neuf cas sur dix, sa pathologie serait liée au port de charges lourdes, à des postures contraignantes ou encore à des gestes répétitifs, particulièrement dans les secteurs de l'aide à domicile, du médico-social, du nettoyage et de l'agroalimentaire.

La santé mentale s'impose aussi comme un enjeu croissant. Si les affections psychiques liées au travail restent rares et complexe à démontrer, "la Carsat travaille sur les risques psycho-sociaux en agissant avec les entreprises sur l'organisation du travail", explique Nicolas Tifine.

 

Un coût humain et économique

Au delà des conséquences humaines, les répercussions économiques sont aussi considérables. En 2024, les accidents du travail ont représenté l'équivalent de 26 000 emplois à temps plein perdus dans la région. "C'est comme si une ville moyenne s'arrêtait de travailler pendant un an", illustre l'ingénieur prévention. Retards de livraison, coûts de remplacement et de formation, maintien de salaire... la facture peut vite grimper pour les employeur, et pour la Sécurité sociale.

Face à ces chiffres, la Carsat défend une approche fondée sur la prévention. "Ce n'est pas une contrainte pour les entreprises, c'est un facteur de performance  car le capital humain est leur première ressource. Ce n'est pas une contrainte non plus pour le salarié, qui peut rentrer chez lui dans le même état de santé que quand il en est parti le matin".

 

A noter : 

> Accident du travail : un événement soudain qui survient sur le lieu et au temps du travail et qui génère un dommage corporel ou physique. Doit être déclaré par l'employeur.

> Maladie professionnelle : pathologie qui résulte d'une exposition prolongée à un risque, qui peut survenir à effet différé, parfois plusieurs année après la fin de l'exposition, comme les cancers professionnels par exemple.

 

Focus Isère
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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