Salon international de l’Agriculture : la filière ovine tente de se faire entendre
Jusqu’à la fin de la semaine, le Salon international de l’Agriculture se tient à Paris. En l’absence des bovins, la filière ovine tente d’alerter le grand public et les élus sur les problématiques du moment.
La filière ovine tente de se faire entendre à l’occasion du Salon international de l’Agriculture. ©RCF en AuvergneCette année, à cause de la DNC, aucun bovin n’est présent au Salon international de l’Agriculture. Pour compenser cette absence, les autres filières disposent de plus d’espace pour se faire connaître. Invitée ce matin sur notre antenne, Michèle Boudoin, la présidente de la Fédération nationale ovine, explique la stratégie : « Nous sommes solidaires de la situation de la filière bovine, mais nous sommes plus présents et nous occupons l’espace. Donc, finalement, on est plus écoutés parce qu’on est plus visibles. » L’éleveuse puydômoise mise sur « plus d’animations autour de nos animaux » pour alerter les décideurs politiques sur les problématiques de la filière.
En ce moment, le gros sujet pour la filière reste l’accord commercial entre l’Europe et l’Australie. Pour le secteur ovin, c’est clair : c’est non ! « Il faut qu’on arrête avec ces accords de libre-échange qui fragilisent nos filières », explique Michèle Boudoin. Avant de surenchérir : « Quand on voit arriver un mastodonte qui n’a pas nos normes et avec des prix qui défient toute concurrence, oui, nous sommes inquiets. »
Pour la filière, le temps presse. L’accord doit être entériné dans quelques jours. « Je ne sais pas si c’est trop tard pour alerter », souligne l’éleveuse. En tout cas, elle multiplie les rencontres pour tenter de faire capoter le deal. Surtout, elle demande des compensations « sur la PAC » si jamais cet accord venait à être officiellement signé entre le Vieux Continent et l’Australie.
La page de la fièvre catarrhale ovine n’est pas tournée
Il y a un peu plus d’un an, la filière ovine était confrontée à une forte épidémie de fièvre catarrhale ovine (FCO). De nombreuses mesures ont été prises. Malgré tout, Michèle Boudoin l’assure : « La page n’est pas encore tournée. »
Dans les fermes, les agriculteurs subissent toujours les conséquences de cet épisode sanitaire. « Nous sommes confrontés à des problèmes de fertilité des animaux et au décalage des agnelages. » Une situation qui pourrait encore durer. De toute façon, l’éleveuse puydômoise estime qu’on « ne peut pas sortir indemne de cette maladie ». Désormais, elle demande un nouveau coup de pouce de l’État, estimant « qu’il faut une réaction politique et des recherches pour faciliter l’utilisation des vaccins ». Le Salon international de l’Agriculture est, en tout cas, l’endroit rêvé pour faire passer le message. Reste à voir s’il sera entendu.


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