Romaric Bexon | Tchad - L'école des filles de Fianga
Lors d’une visite récente dans le sud du Tchad, Romaric Bexon s’est rendu à Fianga pour découvrir une nouvelle école de filles ouverte par des religieuses sénégalaises. Dans le contexte culturel de la société tupuri, les petites filles s’expriment mieux en non-mixité et peuvent développer davantage leur potentiel. Les besoins sont encore importants.
Une nouvelle école de fille ouverte par des religieuses à Fianga. Crédits: Romaric BexonC’est une congrégation religieuse féminine fondée en 1858 à Dakar par un missionnaire spiritain. Il s’agit de la plus ancienne congrégation autochtone d’Afrique. Les Filles du Saint Cœur de Marie sont spécialisées dans l’éducation, la pastorale et les œuvres sociales, souvent dans des contextes difficiles. Depuis quelques décennies, elles ont envoyé des missionnaires depuis le Sénégal vers de nombreux pays d’Afrique, comme le Mali, le Niger, la Centrafrique ou le Tchad. Elles sont présentes depuis une trentaine d’années à Fianga, une petite bourgade tchadienne frontalière du Cameroun. En octobre dernier, les sœurs ont ouvert une nouvelle école, qui accueille trois classes de filles du préscolaire, avec l’ambition de se développer davantage en fonction des ressources.
Une école uniquement réservée aux filles
J’ai demandé à la directrice, sœur Odette, une missionnaire sénégalaise. En réalité, il y a déjà des écoles mixtes, mais les sœurs se sont aperçues qu’en raison du contexte culturel local, il était très difficile pour les petites filles d’exprimer leur plein potentiel en présence de garçons. En effet, elles sont beaucoup plus en confiance dans des classes non mixtes. Cette école permet aussi de mettre l’accent sur l’importance de l’éducation féminine. Il y a à la fois un enjeu purement scolaire, mais aussi un enjeu lié à leur développement intégral. Par-là, avec la participation des familles, les sœurs entendent aider les petites filles à prendre confiance en leurs capacités, et plus tard les encourager à aller jusqu’au baccalauréat. De cette manière, elles pourront aussi éviter les mariages précoces.
Des besoins urgents
La route est encore longue. À très court terme, les sœurs cherchent à installer des sanitaires ainsi que l’eau courante. Il faut également l’installation d’un mur d’enceinte, ainsi que d’un bureau pour le personnel. Tout cela permettra de faire cours plus longtemps et d’accueillir plus d’enfants, en toute sécurité. À moyen et long terme, l’école cherche à s’agrandir de six classes supplémentaires avec l’ajout de deux nouveaux bâtiments.


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Une chronique en partenariat avec les Oeuvres Pontificales Missionnaires (OPM).




