Romaric Bexon | Face à la violence : refuser la fatalité
Romaric Bexon revient sur les violences subies par les chrétiens dans plusieurs régions en conflit, de Jérusalem au Cabo Delgado au Mozambique. Face aux persécutions et aux atteintes à la liberté religieuse, des voix d’Église — dont le cardinal Pizzaballa et l’évêque Inácio Saure — dénoncent ces situations. Le pape Léon XIV appelle à la prière, au pardon et à la réconciliation pour faire émerger des chemins de paix.
©PexelsLes chrétiens face à la persécution et à la guerre
Aujourd’hui, Romaric Bexon, vous revenez sur les défis auxquels sont confrontés les chrétiens dans les pays en guerre, et sur la manière dont l’Église y répond. On ne va pas énumérer toutes les régions où les chrétiens subissent des persécutions. En cette Semaine sainte, beaucoup ont été choqués par la décision des autorités israéliennes de fermer l’accès au Saint-Sépulcre, officiellement pour des raisons de sécurité. Une décision vécue comme une violation des accords en vigueur, qui a été dénoncée par plusieurs pays du Proche-Orient.
Par ailleurs, si certains conflits sont très médiatisés, d’autres le sont beaucoup moins. Prenons un exemple : la guerre civile qui sévit depuis plusieurs années au Cabo Delgado, cette région du nord du Mozambique. Là-bas, des insurgés se réclament de l’État islamique et s’en prennent aux missions catholiques. Ils vont jusqu’à pratiquer des conversions forcées et multiplier les attaques contre les communautés locales.
Différents pasteurs de l’Église prennent la parole face à cette violence. Monseigneur Inácio Saure, l’archevêque de Nampula au Mozambique, s’exprimait lundi devant le Parlement européen à Bruxelles. Il a dénoncé le fait que la croix ne soit plus seulement un symbole de foi, mais aussi un motif de persécution pour ceux qui la portent.
De même, le cardinal Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, s’est publiquement exprimé après la fermeture des lieux saints, qui tombe au moment des célébrations de la Semaine sainte.
D’après les propos rapportés par Vatican News, le prélat italien a déclaré dimanche dernier dans le jardin des oliviers : « Aujourd’hui, Jésus pleure sur Jérusalem », en évoquant les « victimes d’une guerre sans fin ». Le pape Léon XIV s’est lui aussi exprimé sur les guerres au Proche-Orient, affirmant qu’elles « constituent un scandale pour toute la famille humaine » et que « nous ne pouvons rester silencieux face à la souffrance de tant de personnes sans défense ».
Refuser la fatalité, bâtir la paix
L’Église ne se contente pas de dénoncer, elle propose également des chemins de pardon, de paix et de réconciliation. Le pape Léon XIV nous appelle à « persévérer dans la prière, afin que cessent les hostilités et s’ouvrent enfin des chemins de paix ». De son côté, le cardinal Pizzaballa affirme avec force que « le chagrin n’éteindra pas l’espérance » et invite les fidèles « à devenir des artisans de réconciliation ».
Enfin, l’évêque mozambicain de Nampula a rappelé que la solution à la violence passe par « le pardon, le service et l’amour », mais aussi le « développement intégral de la dignité humaine ».


Retrouvez chaque mercredi à 6h44 dans la Matinale RCF, Romaric Bexon qui nous partage, une actualité de la mission, ou le portrait d'un missionnaire d'aujourd'hui.
Une chronique en partenariat avec les Oeuvres Pontificales Missionnaires (OPM).




