Retrait-gonflement des argiles : Une nouvelle carte pour prévenir des risques
Le 9 janvier dernier, le ministère de la Transition écologique a autorisé l’actualisation de la carte nationale des retraits-gonflements des argiles. Un phénomène propre à nos sols argileux, dont les mouvements peuvent endommager nos constructions. Dans nos territoires, la Loire, la Drôme et l’Ardèche sont notamment concernés sur la carte.
La carte nationale des retraits-gonflements des argiles, avec différents degrés d'exposition de jaune claire à rouge foncé, repartis sur l'ensemble de la métropole. (crédit BRGM)Ce qu'il faut retenir :
- La carte des retraits-gonflements des argiles a été actualisée avec les données de sinistres passés entre 1989 et 2022.
La mise à jour de la nouvelle carte des retraits-gonflements des argiles, a été réalisée après un arrêté du ministère de la Transition écologique, le 9 janvier dernier. Cette carte, créée par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) concerne un phénomène bien précis lié aux sols essentiellement composés d’argile.
Le retrait-gonflement des argiles, qu’est-ce que c’est ?
Ce phénomène n’est pas dangereux pour l’Homme, mais peut impacter nos habitations et constructions basées sur des sols dits argileux. En absorbant une quantité d’eau importante, après de forts épisodes de pluie par exemple, les sols vont gonfler. À l’inverse, quand un moment de sécheresse arrive, les sols vont se rétracter.
La succession de ces deux événements peut ainsi entraîner des mouvements sous les bâtiments. Fissures sur les murs, décollements de certaines surfaces, distorsions des portes et fenêtres… Les conséquences des retraits-gonflements d’argiles sont matérielles, mais peuvent endommager vos biens immobiliers.
Des risques potentiels, non-absolus
Ces risques restent éventuels, et pour Sophie Barthélémy, ingénieur géotechnicienne et spécialiste du phénomène du retrait-gonflement des argiles au BRGM, cette carte nationale est davantage “un indicateur sur la présence potentielle d'argile” qu’un indicateur de risques immédiats.
La carte et son actualisation sont basées sur les données des sinistres recensées entre 1989 et 2022, deux dates clefs, où la France a connu de forts épisodes de sécheresse impactant les sols. “Cela intègre une information sur la sensibilité des sols au phénomène, donc basée sur leur histoire géologique”, explique la géotechnicienne.
Autre détail d’importance : le degré de précision de la carte. “Elle est basée sur des données à une échelle au 1,50 millième, c'est-à-dire que la carte a à peu près une précision de l'ordre de 50 à 100 mètres. C'est plus un indicateur sur la présence potentielle d'argile, ça ne donne pas la vérité à l'échelle de la parcelle.” L’intérêt est de pouvoir localiser les zones potentiellement impactées par ce phénomène. L’objectif est ensuite de “consacrer les efforts de prévention ” pour minimiser les risques en cas de retrait-gonflement des argiles, rappelle Sophie Barthélémy.
Anticiper les risques
Dans le dossier réalisé par le BRGM sur ce phénomène de mouvement des sols argileux, des conseils pour anticiper les retraits-gonflements des sols sont indiqués. L’attention est notamment portée sur les fuites d’eau filtrées sous les habitations, ou encore l’ancrage minimal des fondations à 0,80 à 1,20 mètre de profondeur.
