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Retraites : introduire la réforme par amendement serait "inacceptable" selon le président de la CFTC
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Retraites : introduire la réforme par amendement serait "inacceptable" selon le président de la CFTC

Un article rédigé par Clara Gabillet - RCF, le 27 septembre 2022  -  Modifié le 28 septembre 2022
L'Invité de la Matinale Cyril Chabanier, président de la CFTC

Le gouvernement a présenté hier son projet de loi de finances pour l’année 2023, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) et le projet de loi sur "l'accélération des énergies renouvelables". Un budget que le gouvernement veut "responsable et protecteur" selon les mots du ministre de l’Economie Bruno Le Maire. En plein contexte d’inflation, ce sera un budget "financé à l’euro près", prévient l’exécutif. Pour en parler, Cyril Chabanier, président du syndicat CFTC, était l'invité de la Matinale RCF.

Cyril Chabanier, président de la CFTC © Clara Gabillet/RCF Cyril Chabanier, président de la CFTC © Clara Gabillet/RCF

Malgré la présentation qui en a été faite par les membres du gouvernement, "ce n’est pas un budget à l’euro près", selon Cyril Chabanier. Le président de la CFTC y voit déjà une bonne nouvelle avec le maintien "indispensable" du bouclier énergétique à 15 % pour l'année 2023. 

 

L'incertitude autour de la réforme des retraites

 

Côté mauvaises nouvelles : "les économies sont faites en prévision des réformes de l’assurance chômage et celle des retraites", regrette Cyril Chabanier. Le gouvernement annoncera en fin de semaine sa méthode sur la réforme des retraites, qui pourrait être introduite par amendement dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). "Ça serait juste inacceptable !", rétorque le syndicaliste qui regrette le manque de concertation de l'exécutif. "On ne peut pas avoir un président de la République qui nous dit qu’il faut qu’on se fasse confiance, qu’on doit se parler et qui, à côté de ça, fait l’inverse avec un passage en force dans le PLFSS. En plus, le rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR) nous dit qu’il n’y a pas d’urgence absolue", poursuit-il. 

 

Si le gouvernement fait le choix de cet amendement, la CFTC pourrait se mobiliser dans la rue, ce qui est très rare de la part de ce syndicat qui se revendique comme "constructif". "La CFTC ne va pas dans la rue tous les quatre matins, mais si on manque de respect à la dignité de la personne qui est un fondement de la morale sociale chrétienne et donc de la CFTC, on devra aller dans la rue. Le gouvernement devrait se poser certaines questions", assume Cyril Chabanier qui espère une position claire et rapide du gouvernement. 

 

Un appel à la concertation

 

Même déception autour de la réforme de l'assurance-chômage, que l'exécutif entend lancer rapidement, autour d'une modulation des indemnités en fonction de la situation économique du pays. "L'idée même de passer par le contracyclique, on se rend compte que c’est acté pour le gouvernement et que la discussion se fera sur les modalités", regrette le président de la CFTC.

 

Autre regret : l'absence de taxe sur les "super-profits", ces larges bénéfices engrangés par des grands groupes durant la crise sanitaire. "Dans des moments où, du fait du Covid-19, de la guerre en Ukraine, des entreprises font des gros profits, qu’elles soient taxées et mettent la main à la solidarité paraît une bonne chose", conclut Cyril Chabanier. 

 

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©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
L'Invité de la Matinale

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