Retour sur la visite du pape Léon XIV à Metz : 35 000 fidèles, un message de paix et un élan pour les chrétiens de Moselle
Clôture historique du voyage apostolique en France, la journée du 28 septembre à Metz a mobilisé des milliers de croyants. Entre messe à la cathédrale, dispositif de sécurité inédit et appel à être un « phare d’espérance », retour sur les premiers enseignements de cette visite avec Camille Aubourg, journaliste à L’Ami Hebdo Moselle.
La place d'Armes à Metz le 28 septembreUne journée exceptionnelle sous haute sécurité
Pour la première fois depuis près de 40 ans, Metz a accueilli un souverain pontife. Lundi 28 septembre, le pape Léon XIV y a célébré la messe à la cathédrale Saint-Étienne, après une déambulation en papamobile et un discours sur l’Europe au centre des congrès Robert-Schuman. « Dans ma mémoire de journaliste locale, rien de comparable n’est jamais arrivé », résume Camille Aubourg, présente sur le terrain toute la journée.
Le centre-ville a été bloqué heure par heure, avec barrières, barrages et renforts de forces de l’ordre venus d’autres départements. « C’est vraiment unique en son genre », insiste la journaliste, qui décrit un parking de la patinoire, face au FC Metz, transformé en poste avancé avec pompiers, SAMU et Ordre de Malte, tandis que des hélicoptères surveillaient le secteur.
Selon les chiffres du Vatican, environ 35 000 personnes ont participé à l’événement, entre intérieur et abords de la cathédrale. Un chiffre en deçà des 50 000 à 100 000 parfois évoqués, mais qui traduit, selon Camille Aubourg, une forte motivation des pèlerins : « La grande majorité sont là parce qu’ils avaient vraiment cette envie d’être présents… On n’était pas sur des badauds. »
« Être un phare d’espérance » : quel avenir pour le diocèse ?
Au-delà de l’afflux, la visite laisse une mission : « Être un phare d’espérance pour le monde et l’Europe », a lancé le Pape aux catholiques de Metz. Pour Camille Aubourg, cette injonction rejoint des dynamiques déjà à l’œuvre. Elle cite Pax Christi, mouvement pour la paix présidé par Mgr Philippe Ballot, et l’implication massive des jeunes, présents à la messe, à la veillée, et jusqu’au rassemblement de 80 000 jeunes au Stade de France.
Sur le terrain, la ferveur s’est aussi traduite par des initiatives spontanées : groupes WhatsApp pour organiser des chapelets, échanges de photos entre places d’Armes et parvis. « Il suffit d’un seul message du pape pour donner cette impulsion », observe la journaliste.
Côté retombées, l’économie locale a sans doute profité de l’événement : hôtels saturés, restaurants pleins, et mise en lumière du gastronomique "Loiseau de Lorraine", dont le menu a été servi par 12 élèves du lycée La Providence. Reste la question politique : peu de chefs d’État européens ont répondu à l’invitation de l’Élysée, et l’absence du chancelier allemand a surpris, alors que la relation franco-allemande était au cœur des discours.
Pour l’avenir, Camille Aubourg voit dans cette visite « un nouvel élan » à nourrir par les textes du passé, notamment la déclaration Schuman de 1950, et les appels du Saint-Père à la paix et au bien commun.


Du Lundi au vendredi à 8h05, retrouvez l'invité en Alsace Lorraine : un entretien qui prend le temps d’aller au fond des choses sur l’actualité locale, pour mieux comprendre les enjeux et les événements qui touchent votre territoire.
