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Permis miniers en Bretagne : les projets de Breizh Ressources suscitent la controverse

Permis miniers en Bretagne : les projets de Breizh Ressources suscitent la controverse

Un article rédigé par Alix Berteloot - RCF Sud Bretagne, le 3 février 2026 - Modifié le 4 février 2026
Journal régionalExplorations minières en Bretagne : Breizh Ressources entend les craintes

Certains sous-sols du Grand Ouest vont bientôt être explorés par l’industrie minière. L'Etat a accordé, en décembre dernier, trois permis d'exploration minière à l'entreprise Breizh Ressources sur un territoire de 860 km2, s'étendant de la Bretagne au Maine-et-Loire. Mais la démarche suscite localement de vives oppositions, portant sur l'impact pour l'environnement. Zoom dans le Morbihan. 

Deux webinaires sont organisés, en février, pour expliquer le projet d'exploration minière. © Breizh RessourcesDeux webinaires sont organisés, en février, pour expliquer le projet d'exploration minière. © Breizh Ressources

L'information est quelque peu passée sous les radars. Le 3 décembre 2025, le ministère de l’Industrie a accordé, à la start-up lorientaise Breizh Ressources, trois permis exclusifs de recherche minière (PER) couvrant 42 communes du Grand Ouest. L'objectif pour cette entreprise, filiale de la société canadienne Aurania Resources pilotée par Keith Barron (géologue, connu pour avoir découvert l’une des plus grandes mines d’or au monde en Equateur) : sonder le sol afin de détecter la présence éventuelle de métaux.

"On pense trouver des métaux critiques de base, explique Guillaume Mamias, responsable environnement de Breizh Ressources, il y a des indices intéressants en zinc, cuivre, étain, etc". Si le permis porte sur une vingtaine de métaux différents, riverains et élus s'accordent à dire que l'entreprise est avant tout à la recherche d'un métal bien plus précieux... l'or. "Nous n'avons pas pour but de chercher une mine d'or, se défend le professionnel, l'or nous intéresse car quand il y en a, il y a bien souvent plein de métaux associés, c'est une boussole". 

Des recours gracieux contre les permis

En début de semaine, une trentaine de collectivités, syndicats forestiers et agricoles, associations de protection de l’environnement, associations de pêche, collectifs de riverains, ainsi que des parlementaires, dont les députés régionalistes Paul Molac et insoumise Mathilde Hignet, ont déposé des recours gracieux. Ils dénoncent d’une seule voix le risque "de nombreuses atteintes à l’environnement".

Dans le Morbihan, les investigations menées par Breizh Ressources se concentrent sur une zone de 51 km2, à cheval entre Kervignac, Hennebont, Nostang et Languidic. Baptisé "Epona", du nom de la divinité protectrice des chevaux, ce permis a été octroyé pour trois ans, renouvelable deux fois. À terme, il pourrait ouvrir la voie à un projet de gisement minier, ce qui cristallise les tensions.

"L’industrie minière est l’une des plus polluantes au monde"

Mais habitants et associations redoutent des répercussions sur l'air et l'eau. À Nostang, le collectif "Stop Epona" s’est constitué en octobre 2025 pour informer la population à ce sujet et organiser des actions. "L’industrie minière est l’une des plus polluantes au monde", souligne Dominique Le Leuc’h, membre du collectif.

Un argument balayé par Breizh Ressources : "notre projet est très en amont de la mine, on ne sait pas ce que l'on va trouver". Pourtant, les inquiétudes persistent. Force est de constater que le périmètre de recherche se situe dans une zone hydrologique sensible, "entourée par la ria d’Étel, le Blavet et la petite mer de Gâvres", rappelle la riveraine. "Si un projet minier voit le jour, c'est le risque de polluer toutes ces masses d'eau et de créer une tension sur l'eau."

Pour Guillaume Mamias, la question dépasse le cadre local. "Il va falloir que notre société assume son niveau de vie : on est des très gros consommateurs de métaux", affirme le responsable environnement, en citant l'exemple du téléphone portable qui contient plusieurs métaux lourds. "Aujourd'hui, on se fournit dans des pays qui ne sont pas toujours dotés de lois aussi protectrices de l'environnement qu'en France. Une mine ouverte en Afrique et une mine qui ouvrirait en France : ce ne sera pas la même mine", insiste-t-il.

Deux webinaires proposés par Breizh Ressources

Pour tenter d'expliquer sa démarche et éteindre les contestations, Breizh Ressources organise deux webinaires d'information. Ouverts à tous, ces rendez-vous en ligne "ont pour objectif de présenter nos projets de recherche, les enjeux liés aux métaux stratégiques ainsi que le cadre réglementaire associé". Ils auront lieu le mercredi 4 février et le lundi à 9 février, à 18h30 (inscription obligatoire).

De son côté, le collectif "Stop Epona" a adopté une ultime stratégie : empêcher l’accès aux parcelles lors des sondages. "Le seul pouvoir que nous avons, c’est que locataires et propriétaires refusent l’accès aux terrains", conclut Dominique Le Leuc’h, rappelant que ce mode opératoire a permis de stopper, en 2018, plusieurs projets miniers à Loc-Envel et Merléac, dans les Côtes d'Armor et Silfiac, dans le Morbihan.

Mer d'Iroise - © Ronan Le Coz
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Journal régional
Mer d'Iroise - © Ronan Le Coz
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