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Rapport sur l’audiovisuel public : « une chasse à l’homme » ?

Rapport sur l’audiovisuel public : « une chasse à l’homme » ?

Un article rédigé par Florian Perray - RCF Anjou, le 28 avril 2026 - Modifié le 28 avril 2026
L'invité de RCF AnjouRapport sur l’audiovisuel public: « une chasse à l’homme » pour Denis Masséglia

Lundi 27 avril, les membres de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public ont voté en faveur de la publication du rapport de plus de 300 pages, résultat des auditions sur le financement et la neutralité de ce même audiovisuel public. Un rapport qui a « manqué sa cible » selon le député de Maine-et-Loire Denis Masséglia, membre de cette commission, qui accuse le rapporteur Charles Alloncle, de s'en être servi comme d'une tribune médiatique.

Denis Masséglia, député Renaissance de Maine-et-Loire © Archives RCF AnjouDenis Masséglia, député Renaissance de Maine-et-Loire © Archives RCF Anjou

Douze voix pour, dix contre. La commission d’enquête sur l’audiovisuel public a validé, de justesse, la publication d’un rapport de près de 300 pages, fruit de plusieurs mois d’auditions. Le document, attendu le 4 mai, promet d’alimenter un débat déjà très politisé autour du financement, de la gouvernance et de la neutralité du service public.

Depuis sa création, la commission a suscité de vives critiques. À gauche, certains dénoncent une tentative de déstabilisation de l’audiovisuel public. À droite, on fustige au contraire une gestion jugée laxiste et coûteuse.

Membre de cette commission, le député de Maine-et-Loire, Denis Masséglia, lui a décidé de s'abstenir. Car l'élu choletais est assez sévère avec ce rapport, qui, « tant sur le fond que sur la forme, n’est pas au niveau de ce qu’on peut attendre d’un travail parlementaire ».  Mais s’il refuse de soutenir le texte, il n’a pas non plus souhaité s’opposer à sa publication.

 

Je voulais que les Français puissent en prendre connaissance. Il faut de la transparence 

 

 

Un rapport pour rien ?

 

Pour le député, le texte débouche sur une double dérive : juridique et rédactionnelle. « Le rapport aborde des sujets en dehors du cadre constitutionnel, affirme Denis Masséglia, avec une volonté de reprise en main politique de l’audiovisuel public ». L'élu Renaissance juge l'orientation du texte dangereuse : « Est-ce qu’on veut un audiovisuel public au service de l’État ? Je ne le crois pas », tacle un document de « mauvaise qualité, agressif, violent contre certaines personnes ».

 

Malgré ses critiques, Denis Masséglia insiste : une réforme de l’audiovisuel public est nécessaire. Mais encore faut-il définir une direction claire, et pour le député choletais, ce cap n'est pas donné par le rapport. Pour lui, le document passe à côté des enjeux essentiels : transformation numérique, évolution des usages, vision à long terme.

Ceux qui espèrent une réflexion sur l’audiovisuel dans 10, 15 ou 20 ans seront déçus 

 

 

Charles Alloncle : le nœud du problème ?

 

Autre reproche : la politisation excessive de la commission qui se serait transformée « en tribune médiatique permettant à certains de gagner en visibilité », pointant du doigt l'attitude du rapporteur Charles Alloncle. Une dérive qui, selon lui, nuit à la mission première du Parlement. « Le travail de l’Assemblée, ce n’est pas de devenir visible, c’est d’apporter des réponses au pays » affirme Denis Masséglia.

Mais alors, pourquoi ne pas s'être opposé à la publication du rapport ? Parce que « les conséquences d’une non publication auraient été bien plus graves ». Selon lui, empêcher sa diffusion aurait nourri les soupçons de censure et renforcé sa portée politique.

Quand les Français le liront, ils diront : “tout ça pour ça”. 

 

 

Un rapport appelé à évoluer ?

 

Le document ne constitue toutefois pas une version définitive. Plusieurs députés, dont Denis Masséglia, comptent y ajouter des contributions. Sans oublier qu'au-delà des polémiques, une question demeure : celle de l’avenir même de l’audiovisuel public, à l’heure où les usages évoluent rapidement.

 

Les jeunes ne consomment plus les médias de la même manière. C’est une question existentielle que le rapport n’aborde pas 

 

Pour le député, c’est là que réside la véritable lacune du travail mené. « C’est une occasion manquée » déplore le choletais. La publication du rapport, le 4 mai, ne marquera donc pas la fin des discussions, mais plutôt le début d’un nouveau cycle de débats.

© RCF Anjou
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
L'invité de RCF Anjou
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