Accueil
Question à 2,2 milliards d'euros

Question à 2,2 milliards d'euros

 - Modifié le 18 janvier 2018
"Et vous, vous feriez quoi avec 2,2 milliards d’argent public en plus?" Jean Merckaert revient sur l'affaire Kerviel et ce qu'elle a coûté au contribuable français...
podcast image par défaut

"Il est des anniversaires qui prêtent à sourire, mais d’autres moins. Par exemple, si je vous dis janvier 2008… ?

Eh bien, voici dix ans presque jour pour jour, éclatait l’affaire Kerviel. L’affaire Kerviel ? C’est de l’histoire ancienne, me direz-vous ! Si j’y reviens aujourd’hui, c’est que cette affaire n’a pas livré tous ses mystères. Et surtout, parce qu’elle nous a coûté cher, très cher. Si je dis «nous», c’est bien parce que c’est nous, les contribuables, qui avons payé une bonne partie de la facture : la bagatelle de 2,2 milliards d’euros, soit 30 € par Français.

Comment en est-on arrivé là ? Le 24 janvier 2008, la Société générale annonce avoir été victime d’une fraude de près de 5 milliards d’euros. Le nom de Jérôme Kerviel n’est pas tout de suite évoqué, mais d’emblée, il est dit que l’entièreté de la faute en revient à un trader isolé. Un discours qui ne variera plus d’un iota. Et on comprend pourquoi : c’est parce que la banque se dit victime d’une fraude qu’elle peut bénéficier d’une créance d’impôt.

Le principe est simple : nous, peuple français, par solidarité avec la victime Société générale, renonçons à percevoir en impôts une partie de sa perte. Le montant, lui, est salé : ce sont les fameux 2,2 milliards d’euros. Mais tout cet édifice est fragile. Il repose en effet sur l’idée d’un trader fou qui aurait agi dans le dos de son employeur.

Or cette version a du plomb dans l’aile : dans une décision du 23 septembre 2016, la cour d’appel de Versailles a même conclu à la coresponsabilité de la banque – je cite : «les fautes multiples commises par la banque ont eu un rôle majeur et déterminant dans le processus à l’origine du préjudice» ! Autrement dit, la banque a joué, elle a perdu… Est-ce à nous, contribuables, de payer pour les imprudences de la Société générale ? Le temps n’est-il pas venu, au contraire, de récupérer les 2,2 milliards d’euros ? C’est ce que réclament depuis des années quelques élus, comme les écologistes Eva Joly ou Julien Bayou.

La Société générale en aurait les moyens : depuis 3 ans, elle dégage un bénéfice proche de 4 milliards d’euros par an. Gérald Darmanin lui-même, quand il était député UMP, avait demandé au gouvernement que lumière soit faite sur cette ristourne fiscale un peu trop généreuse. Dans une lettre envoyée avant-hier, l’association Anticor a eu le bon goût de le lui rappeler, maintenant qu’il est ministre du Budget… Et vous, vous feriez quoi avec 2,2 milliards d’argent public en plus ?"

 

Cet article vous a plu ? Partagez-le :

Votre Radio vit grâce à vos dons

Nous sommes un média associatif et professionnel.
Pour préserver la qualité de nos programmes et notre indépendance, nous comptons sur la mobilisation  de tous nos auditeurs. Vous aussi participez à son financement !

Faire un don
Qui sommes-nous ?

RCF NOTRE DAME, la radio chrétienne.

RCF NOTRE DAME est née de la rencontre de deux grandes voix de la radio chrétienne en France : RCF et Radio Notre Dame.

Écoutée chaque semaine par 1 350 000 personnes, RCF NOTRE DAME propose une information rigoureuse, des débats exigeants et des programmes qui donnent du sens. Le réseau rassemble 65 radios locales et diffuse ses programmes sur 270 fréquences en France et en Belgique.

Reconnues d'intérêt général, les radios associatives du réseau RCF NOTRE DAME vivent essentiellement grâce aux dons de leurs auditeurs.