Qu’est-ce que la "nouvelle France" selon Jean-Luc Mélenchon ?
Jean-Luc Mélenchon a officialisé sa candidature à la présidentielle et a tenu un grand meeting à Saint-Denis, dimanche 7 juin. L'événement s'est déroulé sur l’esplanade de la basilique des rois de France, et a réuni 26 000 participants. Rodrigo Arenas, député LFI de Paris, y a participé. Il explicite en quoi consiste le concept de "nouvelle France".
Rodrigo Arenas ® Mélanie Niemiec"Incarner la nouvelle France, celle du grand remplacement, celle de la génération qui remplace l’autre", déclare Jean-Luc Mélenchon lors d’un meeting à Toulouse en janvier 2026. Six mois plus tard à Saint-Denis, 26 000 personnes se réunissent pour écouter le président de La France Insoumise (LFI). Pendant un peu moins d’une heure, il énumère les nombreuses propositions qu’il mettra en place s’il remporte la présidentielle de 2027. Parmi elles, rejeter les accords de libre-échange avec l’Inde et le Mercosur négociés par l’Union européenne, augmenter le montant du SMIC à 1700€, interdire l’usage des pesticides, donner une "autonomie étendue" à la Corse et l’indépendance à la Nouvelle-Calédonie "si son peuple la désire". Une grande partie de son discours porte sur le concept de "nouvelle France".
"La nouvelle France est éduquée, connectée et immigrée"
Si l’on écoute attentivement le discours de Jean-Luc Mélenchon, la "nouvelle France" se caractérise par trois axes principaux : un accès à l’éducation toujours plus étendu qui pousse "même les plus jeunes à revendiquer leurs droits", un lien constant grâce à internet et aux réseaux sociaux, et constituée majoritairement par des personnes issu de l’immigration. La "nouvelle France" est donc "éduquée, connectée et immigrée", pourrait-on résumer. Pour le président de la France Insoumise, cette France est le reflet le plus parfait de la "vie concrète" de millions de citoyens. "La vie a été plus forte que la peur de l’autre !", s'exclame-t-il sous les acclamations de la foule en liesse.
Le député parisien Rodrigo Arenas évoque une époque révolue où certains élèves "n'étaient pas français" et où d’autres se voyaient écartés "en raison de leur orientation sexuelle". Aujourd’hui, "ce n'est plus acceptable", affirme-t-il. Mais cette évolution ne se limite pas aux principes : elle impose un déplacement des comportements. Sa fonction de député l’amène à travailler régulièrement avec des stagiaires. Il estime qu’il est de sa responsabilité de faire "l’effort de s’adapter à la nouvelle génération qui arrive".
L'effort d’intégration générationnel doit se faire dans ce sens et pas dans l'autre.
Un message "presque christique" ?
Rodrigo Arenas inscrit la "nouvelle France" dans une continuité politique qu’il juge "fondamentalement positive". Héritière de la Révolution française, elle prolonge selon lui une dynamique ancienne, celle d’un pays "construit à travers ses migrations et ses alliances", capable d’intégrer celles et ceux venus d’ailleurs. Il rappelle que cette réalité est déjà inscrite dans l’histoire nationale. Prenant l’exemple de la Normandie, il souligne que cette région "porte son nom grâce Vikings". Dans cette perspective, il défend une vision "inclusive", allant jusqu’à évoquer "un message christique". Il y voit la volonté "d'intégrer dans le pays toutes celles et ceux qui ont été mis de côté". Pour lui, cette évolution est très souhaitable. "Celles et ceux qui ont été violentés par notre pays ne le seront plus", déclare Rodrigo Arenas. Ce projet s’inscrit, affirme-t-il, dans la continuité des principes républicains, "un message qui n'exclut pas mais qui inclut tout le monde".


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