Quelle est la différence entre l’espérance et l’optimisme ?
Le père François Euvé est l’auteur de Croire au XXIe siècle, publié aux éditions Mame. Alors que les catholiques vivent la Semaine Sainte, qui s’achèvera par la fête de Pâques, le prêtre aborde les différences entre l’espérance chrétienne et l’optimisme.
Père François Euvé ® LD"L’espérance n’est pas un optimisme léger." Ces mots, le pape François les avait prononcés en janvier 2025 devant des séminaristes espagnols. Le défunt souverain pontife avait à cœur d’insister sur le fait que l’espérance chrétienne à un nom : Jésus-Christ.
Différence entre espérance et optimisme
Dans la foi catholique, l’espérance est qualifiée de vertu théologale. Cela indique une "disposition habituelle et ferme à faire le bien dans sa relation à Dieu". Selon le Catéchisme de l’Eglise Catholique, l’objet principal de l’espérance est le salut, la béatitude éternelle et la participation à la gloire de Dieu. Cette vertu dispose le chrétien à mettre sa confiance dans les promesses du Christ, à prendre appui non sur ses propres forces, mais sur le secours de Dieu. Cela le conduit à résister au mal et à l’épreuve et à garder confiance en l’avenir. L’espérance s’exprime et se nourrit dans la prière. Elle se différencie de l’espoir parce qu’elle donne, grâce à la foi, une perspective d’éternité. Au contraire, l’optimisme peut, selon le père François Euvé, "nous pousser à abandonner l’investissement dans la société actuelle". L'optimisme est une disposition subjective et stimulante qui peut être aveugle au mal ou ignorant les réalités sombres du monde. Contrairement à l'espérance, il dépend de facteurs psychologiques ou historiques et peut s'effondrer face aux aléas de la vie. Le christianisme a eu et a encore des conséquences sur le monde. L'espérance doit "nous mobiliser pour continuer à créer et mettre de nouvelles choses en place", précisément parce qu’elle "prend appui sur les bonnes choses qui se font", affirme le père François Euvé.
Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous.
L’espérance chrétienne engendre l’action
L’espérance chrétienne ne pousse pas seulement à "tenir bon". Elle pousse à agir et à responsabiliser chacun parce qu’elle considère chaque geste juste comme ayant une portée réelle. Même si le résultat n’est pas immédiatement visible, chaque acte peut avoir une portée éternelle. Le Compendium de la doctrine sociale de l'Église qualifie cette vertu de moteur d'engagement concret dans la société, en particulier chez les laïcs. Les chrétiens y sont invités à "ne pas cacher leur espérance dans le secret de leur cœur, mais l'exprimer à travers les structures de la vie du siècle par un effort continu de conversion" (§579). Le sens et le fondement de l'engagement chrétien dans le monde dérivent d’une certitude : celle que Dieu offre à l’homme la possibilité de surmonter le mal et d'atteindre le bien. "Le christianisme a eu des conséquences sur le monde et il continue d’en avoir", affirme le père François Euvé. L'espérance doit "nous mobiliser pour continuer à créer et mettre de nouvelles choses en place", précisément parce qu’elle "prend appui sur les bonnes choses qui se font", ajoute-t-il. Cette mobilisation diverge de l’activisme. L’activisme peut compter sur la seule efficacité mesurable ; l’espérance chrétienne, elle, fonde l’engagement sur la fidélité à l’Évangile et sur la conviction que chaque acte d’amour, de justice ou de paix garde une valeur. Même s’il ne réussit pas au sens humain. C’est pourquoi elle donne du courage pour agir dans la société sans naïveté. L’espérance, qui revêt une importance particulière durant la Semaine Sainte, souligne la croyance profonde en la victoire du Bien sur le Mal, de la Vie sur la mort. En suivant pas à pas le Christ dans sa Passion, les chrétiens sont invités à contempler cette victoire déjà acquise par la Croix et la Résurrection, qui surpasse les échecs humains et les ombres du monde.


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