Quel est le rôle actuel de la noblesse européenne ?
Dans le tourbillon des conflits géopolitiques qui fracturent de nombreuses parties du monde, l’Europe n’est pas à l'abri des tensions, même internes. En France comme dans les pays voisins, le dialogue entre population et gouvernement semble toujours plus difficile. Renouer avec l’histoire des familles aristocratiques permettrait-il une réconciliation ?
Charles-Alexandre de La Tour et Taxis © LDCharles-Alexandre de La Tour et Taxis est un héritier direct de la maison princière allemande fondée au XVIe siècle. Ses ancêtres, reliant dynasties grecque, danoise et russe, priorisèrent loyauté européenne et service collectif, préservant un continent uni par les liens du sang. Dans son ouvrage intitulé C'était une autre Europe, il évoque ces racines comme socle d'une conscience morale.
"L’Europe des cousins"
Les illustres familles de la noblesse européennes sont, depuis des siècles, profondément enracinées dans le catholicisme. Unies par des alliances ou divisées par de grands conflits internationaux, elles ont façonné l’histoire du vieux continent. Parmi ces grands noms, on peut citer les dynasties impériales, comme la maison française de Bourbon ou celle de Habsbourg, de l'ancien empire Austro-Hongrois.
La famille de Tour et Taxis est à l’origine une famille italienne de Lombardie. Anoblie par l’empereur Maximilien Ier, la famille germanise progressivement son nom. Elle obtient le monopole de la poste impériale dans le Saint‑Empire et devient l’une des grandes maisons princières d’Europe, avant de voir son réseau postal nationalisé au XIXᵉ siècle. C’est dans cet héritage de "postiers princiers" au service de l’unité politique européenne que s’inscrit aujourd’hui Charles‑Alexandre de La Tour et Taxis.
Garantir le rayonnement des cultures
Au regard de cet héritage, Charles-Alexandre de La Tour et Taxis estime qu’une Europe vraiment démocratique "devrait permettre l’élection du président de la Commission de l'Union Européenne". Le président de la Commission européenne exerce une influence significative sur les pays membres de l'Union Européenne, via le rôle central de la Commission. Il impulse les priorités politiques et supervise les propositions législatives contraignantes une fois adoptées par le Parlement et le Conseil. Une élection, même si laborieuse à mettre en place à l’échelle de plusieurs pays, encouragerait le tenant du poste à "répondre encore plus de ses actes".
Charles-Alexandre de La Tour et Taxis déplore qu’une "grande partie des familles aristocratiques sont devenues des jet-setters". Cela "ne reflète pas du tout le bon comportement", déclare-t-il. Si les princes et les monarques "ne sont pas fait pour gouverner", ils doivent cependant "faire preuve d’exemplarité", être comme "des mécènes de la culture" pour mieux la faire rayonner.


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