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Que peut-on attendre du pape Léon XIV sur la liturgie ?

Que peut-on attendre du pape Léon XIV sur la liturgie ?

Un article rédigé par Mélanie Niemiec - RCF, le 15 janvier 2026 - Modifié le 15 janvier 2026
Le Débat du jourLe débat du jeudi 15 janvier 2026

Juste après la clôture de l’année jubilaire, le pape Léon XIV a convoqué tous les cardinaux à Rome pour un consistoire extraordinaire, le premier de son pontificat. La liturgie fait partie des quatre thèmes proposés. Par manque de temps, elle n’a finalement pas été traitée. Deux prêtres ont accepté de débattre à ce sujet, qui apparaît parfois comme clivant. L’abbé Matthieu Raffray, membre de l’Institut du Bon Pasteur et le père Arnaud Alibert, assomptionniste, s’accordent pour dire que le "débat" auteur de la liturgie "ne doit pas être source de division"
 

Le père Arnaud Alibert avec l'abbé Matthieu RaffrayLe père Arnaud Alibert avec l'abbé Matthieu Raffray

Du 7 au 8 janvier 2026, le premier consistoire extraordinaire convoqué par le pape Léon XIV s’est tenu à Rome. Quatre thèmes sont initialement proposés : la liturgie, la gouvernance de l'Église, la synodalité et la mission. Les cardinaux ont voté pour en retenir deux, sur lesquels ils se sont concentrés pendant deux jours, la synodalité et la mission. Dès l’ouverture du consistoire, Léon XIV a d'emblée annoncé qu’il est "ici pour écouter". Il a également ajouté que l’objectif du consistoire n’est pas "d’aboutir à un texte", mais bien de "poursuivre une conversation" qui doit aider le souverain pontife dans sa mission de gouvernance. En affirmant que ce consistoire "préfigure le cheminement futur" des cardinaux avec le pape, il donne à voir qu’il n’entend pas gouverner seul.

Ce que dit le Concile Vatican II à propos de la liturgie

Le concile Vatican II affirme que la liturgie est le sommet et la source de la vie de l’Église, l’exercice de la fonction sacerdotale du Christ où tout le peuple de Dieu, et pas seulement les ministres ordonnés, est appelé à participer pleinement, consciemment et activement.

Sacrosanctum Concilium

Sacrosanctum Concilium est la constitution sur la sainte liturgie du Concile Vatican II. Le texte insiste sur la participation "pleine, consciente et active" de tous les fidèles aux célébrations liturgiques, comme droit et devoir découlant du baptême. Cette participation passe par des réponses, des chants et des acclamations, mais aussi par le silence et l’écoute. Cela permet que l’assemblée toute entière accomplisse l’acte liturgique.

C’est donc de la liturgie, et principalement de l’Eucharistie, comme d’une source, que la grâce découle en nous et qu’on obtient avec le maximum d’efficacité cette sanctification des hommes. (SC §10) 

Sur le plan pratique, Sacrosanctum Concilium demande d’accorder une plus grande place à l’Écriture sainte. Elle ouvre la possibilité d’utiliser les langues vernaculaires, tout en rappelant que le latin demeure la langue propre du rite romain. Il y est stipulé que "personne, même un prêtre, ne peut de son propre chef, ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit dans la liturgie" puisque "le droit de régler l’organisation de la liturgie dépend uniquement de l’autorité du Siège apostolique" (SC §22).

Lumen Gentium

Lumen Gentium est la constitution dogmatique sur l’Eglise du Concile Vatican II. Le texte relie directement la liturgie à la nature de l’Église comme peuple de Dieu. En participant au Corps du Christ dans la fraction du pain eucharistique, les baptisés sont élevés à la communion avec le Christ et entre eux, devenant membres d’un seul corps. Concrètement, les baptisés "concourent à l’offrande de l’Eucharistie" et, renouvelés par le Corps du Christ reçu à la messe, ils manifestent dans la vie quotidienne l’unité du peuple de Dieu que la liturgie exprime et réalise.

Le sacrifice eucharistique est la source et le sommet de toute la vie chrétienne. (LM §11)

L’abbé Matthieu Raffray met en garde contre le prétendu “esprit du concile” qui a été un prétexte pour "imaginer et essayer de mettre en place une nouvelle Église". "Il n’y a pas de nouvelle Église, elle est toujours la même. Elle nous ramène jusqu’au Christ par son histoire et sa tradition", déclare-t-il. Le père Arnaud Alibert appuie ces propos et insiste sur "notre rapport au Concile". Selon lui, "tous les conciles sont importants" et il n’est pas possible de se référer à Vatican II "sans prendre entièrement en compte les précédents".  

Tous les conciles sont dogmatiques avec une visée pastorale. 

Un enjeu : l’unité

Les deux prêtres sont unanimes : "même si la liturgie est un sujet qui fait débat, elle ne doit pas être une source de division". Ils s’accordent aussi sur l’importance "d’accepter les sensibilités de chacun et de les respecter". C’est une façon "d’accueillir" chaque personne comme étant "autre que nous-mêmes", en découvrant que cette altérité est nécessaire.

Si la liturgie n’a pas été évoquée lors du consistoire, "ce n’est pas pour la reléguer au second plan, mais précisément parce que c’est un sujet important pour lequel il faut prendre du temps", explique le père Arnaud Alibert. Léon XIV laisse entrevoir qu’il souhaite prendre le temps de traiter chaque sujet de manière collégiale, en consultant les cardinaux pour être guidé dans ses prises de décisions.

©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Le Débat du jour
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