Quand Rennes accueillait le premier… et le dernier meeting présidentiel de Lionel Jospin
Lionel Jospin est décédé ce dimanche 22 mars, a annoncé sa famille. Candidat à deux reprises à la fonction de Président de la République, Rennes l'a accueilli en 1995 pour lancer sa campagne, et en 2002 pour la terminer.
Lionel Jospin en visite à la Commission européenne, en 1998 (recadrée) - © European Union / Benoît Bourgeois - CC BY 4.0Successivement conseiller de Paris, député, ministre de l’Education nationale puis Premier ministre, Lionel Jospin s’est également lancé à deux reprises à la conquête de l’Elysée. Pour chaque campagne, la ville de Rennes n’a pas été qu’une simple étape.
Le premier meeting
En février 1995, Lionel Jospin remporte la primaire socialiste pour les présidentielles. Le parti est cependant dans une posture défavorable avec les récentes révélations sur le Président sortant, François Mitterrand, accusé de collaboration durant la Seconde Guerre mondiale. Le 21 mars 1995, c’est malgré tout une gauche unie qui s’affiche à Rennes pour son premier grand meeting présidentiel. Lionel Jospin est accompagné par Edmond Hervé, maire de Rennes, ou encore des cadres du parti socialiste comme Michel Rocard ou Pierre Mauroy.
Quelques semaines plus tard, le candidat du PS étonne en engrangeant 23% des voix au premier tour du scrutin, trois points devant Jacques Chirac. Ce dernier l'emporte cependant au second tour, avec 1,5 millions de voix d'avance.
Un meeting arrosé au Ketchup
Pour conclure sa deuxième campagne présidentielle avant les résultats du premier tour, Lionel Jospin se rend au parc des expositions de Rennes le 17 avril 2002. Mais l’évènement va devenir un symbole de fin de campagne… voire de fin de carrière politique. A peine arrivé, deux adolescents l’arrosent de ketchup. Pour “remettre du rouge dans la gauche” ont-ils expliqué. Quinze minutes plus tard, une nouvelle chemise passée et après une explication avec les jeunes militants, il s’exprime devant son public… avant d’être interpellé par des douaniers en grève exprimant leurs revendications.
Un meeting à l’image chaotique, annonçant presque sa défaite quelques jours plus tard au premier tour, dépassé de justesse par Jean-Marie Le Pen, dans une élection marquée par une abstention record.
Une défaite que Lionel Jospin conclut le soir même par ces mots : “J'assume pleinement la responsabilité de cet échec, et j’en tire les conclusions en me retirant de la vie politique.”




