Procès de la Famille Missionnaire de Notre Dame : verdict attendu le 24 mars
Après plusieurs jours d’audiences, le tribunal correctionnel de Privas a terminé les plaidoiries dans le procès pour abus de faiblesse visant la Famille Missionnaire de Notre Dame et son supérieur. La congrégation conteste vigoureusement les accusations. Le verdict sera rendu le 24 mars.
Gérald Pinède sur les bancs des prévenus au tribunal de Privas © RCF - Fanny GastaldiLe procès pour abus de faiblesse de la Famille Missionnaire de Notre Dame et de son supérieur s’est déroulé la semaine dernière devant le tribunal correctionnel de Privas en Ardèche.
Des dérives sectaires ?
La Famille Missionnaire de Notre Dame est une communauté de frères et de religieuses de 156 membres implantés dans 15 diocèses en France, en Allemagne et à Rome. Fondée en 1946 à St Pierre de Colombier en Ardèche, elle a été reconnue par l’Église catholique en 2005. À l’origine de ce procès, la cellule chargée des dérives sectaires de la Conférence des évêques de France. En 2020, elle saisit les policiers de Nanterre de possibles abus au sein de la Congrégation.
Des anciens membres portent plainte
Cinq anciens membres de la congrégation se sont portés partie civiles dans ce procès. Ils dénoncent notamment “un accès à l'information réduit à une revue de presse écrite par le père supérieur”, “un seul téléphone disponible pour l'ensemble des membres, un accès à internet contrôlé et limité”, un confort de vie assez précaire. Le parquet reproche aussi à la congrégation et à son supérieur d’avoir développé des techniques de « séduction » sur des personnes souvent jeunes afin de les faire entrer dans la communauté. Le supérieur de la communauté, le père Bernard, conteste ses accusations. “Ceux qui voulaient partir étaient libres de le faire”. “Il n’y avait pas d’emprise” a-t-il expliqué à la barre.
La défense évoque une incompréhension de la vie religieuse
Pour Maître Triomphe, l'avocat de la défense, "C'est un procès de la mise en cause de la vie religieuse”. “On demande à un tribunal laïc de s'immiscer dans la vie religieuse de l'interpréter au regard des critères de la vie civile” a-t-il plaidé. La défense pointe du doigt une incompréhension gravissime des vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, pourtant constitutifs de la vie religieuse, qui sont protégés par l’article 9 de la Convention européenne des Droits de l’homme.
Les réquisitions du procureur
Au dernier jour du procès, jeudi dernier, la procureure de la République a requis une amende de 100 000 euros et une fermeture pendant un an du siège de la congrégation, en Ardèche, deux ans de prison avec sursis et une interdiction d'exercer la prêtrise pendant 5 ans pour le supérieur de la communauté.
La congrégation dénonce un procès à charge
Dans un communiqué, la Famille Missionnaire de Notre Dame dénonce un procès à charge et des peines aberrantes pour des faits non seulement vigoureusement contestés, mais dont toutes les auditions ont démontré qu’ils sont sans fondement. La Congrégation regrette que l’on n'ait tenu aucun compte des témoignages apportés, ni des débats. Il s’agit selon elle d’une atteinte sans précédent à la liberté de religion, et d’une immixtion inacceptable et dangereuse de la justice laïque dans la vie de l’Église et d’une de ses congrégations, de ses Constitutions et de sa règle de vie religieuse, approuvées par le Saint-Siège.
Le verdict attendu en mars
Le tribunal correctionnel de Privas a mis sa décision en délibéré. Il la rendra le 24 mars prochain à 13h30.




