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Procès Barbarin : le cardinal témoigne à la barre
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Procès Barbarin : le cardinal témoigne à la barre

Un article rédigé par Jean-Baptiste Cocagne - RCF Lyon,  -  Modifié le 7 janvier 2019
Récit de la première journée de la citation directe visant le cardinal lyonnais Mgr Philippe Barbarin pour non-dénonciations d'abus sexuels sur mineurs et non-assistance à personne en péril.
JBC - Mgr Barbarin entouré de ses avocats à l'ouverture de son procès JBC - Mgr Barbarin entouré de ses avocats à l'ouverture de son procès

Après une matinée très technique, où la défense a plaidé l'irrecevabilité de la citation directe, le procès est entré dans le vif du sujet dans l’après-midi avec les auditions des prévenus.

Pierre Durieux, ancien directeur de cabinet du cardinal Barbarin, a lu une déclaration préalable mais n’a répondu ensuite à aucune question du tribunal ou de l’accusation. « Pourquoi venir en personne au tribunal pour ensuite se taire ? » lui demande la présidente. « La réponse tient en un mot : "fidélité" » rétorque l'ancien responsable de la communication du diocèse.

Ensuite, c’est au tour de l’archevêque de Lyon d’être appelé à la barre, où il va rester près de trois heures. Lui aussi a fait le choix de lire de commencer son intervention par une déclaration libre avant d’affronter les questions du tribunal, dans laquelle il clame son innocence : « je n’ai jamais, au grand jamais, couvert de crimes pédophiles ».
 

2014 : une rencontre déterminante

Il raconte que ce qui a tout déclenché, c’est sa rencontre le 23 novembre 2014 avec Alexandre Hezez dans son bureau à l’archevêché. Cet ancien du groupe scout de Saint-Luc à Sainte-Foy-lès-Lyon lui raconte tous les abus du père Bernard Preynat dont il a été victime. L’homme alors âgé de 40 ans ne peut plus porter plainte contre le prêtre pédophile car la prescription a pris fin deux ans plus tôt, à ses 38 ans (soit la majorité plus 20 ans).

Mgr Philippe Barbarin se souvient de ce moment à la barre comme d’un récit qui l’a « bouleversé ». « Je comprends la gravité des faits en 2014, pas avant » assure-t-il. Pourtant, le Primat des Gaules a eu un entretien avec Bernard Preynat en personne quatre ans plus tôt, le 31 mars 2010, pour s’assurer « qu’aucun enfant n’a été abîmé depuis 1991 ». Une hypothèse que lui confirme le prêtre, que l’archevêque de Lyon croit sur parole.

Le juge assesseur interroge alors le cardinal : « pourquoi n’avez-vous pas eu la curiosité d’en savoir plus ? » en rencontrant Bernard Preynat en 2010. « J’ai pensé que cette question grave avait été gérée avec sérieux par mes prédécesseurs » répond Mgr Barbarin.
 

Les réactions des parties civiles et de la défense

Du côté des victimes, on ne met pas en doute la sincérité des propos tenus en salle d’audience par l’archevêque de Lyon, mais François Devaux, président de l’association de victimes La Parole libérée et l'une des 9 parties civiles du procès Barbarin, s’interroge sur le manque de prise de conscience à un tel niveau de responsabilité.

Cette journée d’audience aura donc permis d’entendre les explications de Mgr Barbarin dans le cadre d’un débat public. Un cadre serein pour s’exprimer, qui pourrait peut-être changer le regard du grand public sur l’attitude de l’archevêque de Lyon, selon son avocat Jean-Félix Luciani.

La deuxième journée d’audience commencera avec les auditions des autres prévenus, avant celle des plaignants.

[Retrouver le dossier spécial consacré au procès Barbarin]

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