Prix des carburants : au Puy-en-Velay, les automobilistes changent leurs habitudes
Les prix du carburant ne baissent pas ou si baisse il y a, elle se limite à quelques petits centimes. Alors que le gouvernement réfléchit à un encadrement des marges, pour les automobilistes, le plein pèse sur le budget. Pour pallier cette situation, les habitudes changent.
Les voitures se succèdent à la station-service d'Aiguilhe ©Martin Obadia - RCF Haute-LoireLe conflit au Moyen-Orient continue de peser sur les prix à la pompe. Espérée en fin de semaine dernière ou en ce début de semaine, la baisse des prix est restée toute relative dans les stations-services. Seulement quelques centimes d’euros et pas plus. Quand vient l’heure du plein, les automobilistes viennent un peu à reculons. C’est le cas de Murielle. Rencontrée dans la station d’Aiguilhe, elle a repoussé au maximum l’échéance. « J’ai attendu un peu que ça baisse légèrement et ça a pas beaucoup baissé ». Elle ne pouvait pas attendre plus longtemps. « J’étais en vacances, je rattaque lundi donc il faut que la voiture soit pleine ». L’altiligérienne fait 15 km de route tous les jours, pour aller au travail. Ses trajets se font principalement en ville.
L’essence pèse sur son budget. Sa petite citadine va peut-être d’ailleurs bientôt rester au garage. « Je me pose la question si je n’ai pas intérêt à prendre ma trottinette électrique. Faudra voir en fonction du temps et que je calcule au niveau du trajet si je suis gagnante en temps ou non ». Un choix pas facile à faire pour la maman « ça veut dire que ma fille va être obligée de circuler beaucoup plus avec son scooter et les trajets que je faisais pour elle, elle sera obligée de s’organiser autrement aussi ».
Loisirs et travail, revoir les priorités
Le prix de l’essence incite à « tout calculer » selon Murielle. Ce calcul concerne aussi les vacances et les déplacements familiaux. En raison des prix élevés, la mère de famille a dû reporter un voyage chez sa fille qui n’habite plus en Haute-Loire. Il devait se faire pendant ces vacances de printemps « on va attendre un week-end un peu plus long, les week-end de mai, sur trois jours, en espérant que ça baisse un peu plus ».
A la station-service d’Aiguilhe, le Sans Plomb 95 est affiché à 2€ le litre, le Sans Plomb 98 est à 2€12 et le Gazole à 2€34. Lauriane refait le plein d’une camionnette de location utilisée pour un voyage en région parisienne. Le compteur s’arrête à 150€. Cette somme sera partagée entre plusieurs familles, reste que la hausse des tarifs des carburants n’était pas prévue au départ. Au quotidien, elle va au travail à pieds. Le plein d’essence affecte plus particulièrement son conjoint qui roule au diesel. « Il fait beaucoup de trajets pour son boulot. Il a pas mal de rendez-vous à droite et à gauche, ça chiffre vite. Il essaie de faire plus de télétravail, on n’a pas le choix, on fait comme on peut » dit-elle désabusée.
Pour certains, une solution radicale
Gregory et son salarié César font le plein de leur break. L’un gère l’entreprise de portes de garages et l’autre est son commercial. La facture en sortie est bien dodue, « avant c’était 80-90€, là c’est 115 euros le plein pour 49 litres. On était presque en rade » explique César. Il fait 200 à 300 km par jour dans toute la région, parfois seulement 100 km. Il est obligé de faire 2 pleins chaque semaine en moyenne. Sa voiture est l’une des 6 de la société, 6 véhicules au diesel. Pour le patron, le surcoût lié à l’essence est conséquent.
Il a donc pris une décision radicale pour les 6 véhicules « on va les revendre et on va acheter l’électrique ». Le changement est imminent selon Gregory. « On est trop tributaires du prix du gasoil et on n’arrive pas à répercuter les prix sur le consommateur final car le pouvoir d’achat est difficile. On va maitriser davantage nos prix avec l’électrique. Avec une bonne organisation ça peut être un peu moins coûteux au final ». L’usine de l’entreprise est déjà dotée de bornes de recharge. L’investissement dans de nouveaux véhicules représente un billet mais le jeu en vaut la chandelles selon le chef d’entreprise.
Quant à la question des recharges en déplacement, « c’est à nous de nous organiser pour que nos commerciaux puissent recharger le plus confortablement possible. Il faut s’organiser un peu différemment mais il faut apprendre à bousculer nos habitudes, on n’a pas le choix » explique Gregory avant de reprendre la route avec son salarié.
