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Prison d'Angers. Jean-Charles Prono ne baisse pas la garde
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Prison d'Angers. Jean-Charles Prono ne baisse pas la garde

Un article rédigé par Florian Perray - RCF Anjou, le 19 mars 2024  -  Modifié le 19 mars 2024
L'invité de RCF Anjou Jean-Charles Prono, maire de Loire-Authion

Communes, conseil d'agglomération et conseil départemental de Maine-et-Loire, toutes ces collectivités ont validé la dernière version de la DUP, la déclaration d'utilité publique concernant le projet de construction de la nouvelle maison d'arrêt de 850 places à Loire-Authion. Mais les élus restent sur leur garde.

Jean-Charles Prono, maire de Loire-Authion © Archives RCF Anjou Jean-Charles Prono, maire de Loire-Authion © Archives RCF Anjou

Loire-Authion, Trélazé et Saint-Barthélemy-d’Anjou, les trois communes concernées par l'installation du futur centre pénitentiaire de l’agglomération d’Angers ont voté en faveur de ce projet vendredi 15 mars. Pourtant, le maire de Loire-Authion, Jean-Charles Prono, reste insatisfait sur certains points.

 

Ce vote de vendredi, cela représente une étape capitale de franchie dans le dossier de la future maison d’arrêt d’Angers ?

Jean-Charles Prono : « Oui c’est la fin d’une étape et surtout le début du grand projet. Ça vient valider cette progression. »

 

. Malgré votre validation, vous, comme les autres collectivités angevines, avez apporté des réserves à cet accord. Vos craintes liées à cette installation ne sont pas toutes écartées ?


« Bien sûr ! Et tout le monde l’a souligné. Il y a encore des choses qui ne vont pas. Par exemple, nous avons entériné dans la précédente DUP le droit à une entrée propre à la prison. C’est-à-dire que l'entrée se fait en dehors des quartiers habités de Loire-Authion. Cette entrée est bien sanctuarisée mais la dernière version de la DUP laisse encore apparaître un chemin secondaire qui traverse ces quartiers. Et ça, c’est très clair : c’est non !

La commune de Trélazé, elle, a une autre priorité : c’est de ne pas toucher au bois de Verrières, qui est un bois classé. Nous, notre avis diffère un peu à Loire-Authion. On pense qu’on peut y toucher si c’est pour faire reculer l’emplacement de la prison, puisque le bois on arrivera à le compenser. »

 

Aujourd’hui, concrètement où en est le projet ?

« Le préfet doit prononcer dans quelques jours la décision d’utilité publique, ce qui lui permettra ensuite de lancer l’enquête d’utilité publique. Puis, la procédure habituelle. Des registres seront disponibles en mairie, accessibles aux citoyens et associations. Ensuite, ce sera au tour du dépôt du permis de construire par l'État prévu au début de l’année prochaine et les travaux dans la foulée. »

 

Lors du dernier conseil communautaire, l’opposition a critiqué une prison trop grande ? Ça, ce n’est plus négociable ?


« Ça, cet argument, on l’entend et on est plutôt sur la même ligne. Aujourd’hui, c’est difficile de mesurer l’impact de 850 prisonniers dans un seul lieu, surtout dans la durée. La prison d’Angers, l’historique, a 200 ans. Si on reprend le même schéma, ça nous emmène sur l'année 2225 ! Comment ça se passera ? Quelle sera la situation ? Ça, personne ne peut le dire. Nous ne sommes pas d’accord avec le gigantisme. Alors est-ce que l’Etat peut changer d’avis ? Je ne suis pas totalement sûr mais on va tenter de faire fléchir sa position. Une prison plus petite veut dire moins d’emprise et donc une baisse des nuisances localement. »

 

Donc vous avez toujours l’espoir, ou l’ambition, de faire changer les plans ?

« Oui, c’est le mot, on a l’ambition de faire changer les plans de cette future maison d’arrêt. »

 

En octobre dernier, vous avez déclaré chez nos confrères du Courrier de l’Ouest « J’ai perdu confiance en la parole publique ». Est-ce que vous avez changé d’avis depuis ?


« Oui et tant mieux. Il faut rappeler qu’à l’époque, c’est la prison d’Angers qui atterrissait à Loire-Authion ! On a dû s’agiter et s’employer pour connaître tous les détails sur le projet, l’installation d’une future gendarmerie, l’augmentation des transports, ...

Là, le travail abattu par toutes les collectivités fait qu’aujourd’hui, ce n’est plus un projet à l’échelle de Loire-Authion, mais c‘est un projet d’Angers Loire Métropole, voire plus, d’un niveau départemental, même régional. C’est LE grand projet de l’État sur le territoire. N’oublions pas que ça représente tout de même 250 millions d’euros ce n’est pas rien ! Tout le monde a pris ses responsabilités, et j’ai vraiment l’impression que c’est l’agglomération d’Angers qui construit un centre pénitentiaire pour l’ensemble de son territoire. »

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© RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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