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Primaires américaines : Trump en pole position, mais sous la menace de la justice

Primaires américaines : Trump en pole position, mais sous la menace de la justice

Un article rédigé par Jean-Baptiste Labeur - RCF, le 17 janvier 2024  -  Modifié le 17 janvier 2024
Le dossier de la rédaction Primaires américaines : Trump en pole position mais sous la menace de la justice

La primaire républicaine a débuté ce lundi 15 janvier dans l’Iowa. L’ex président républicain, Donald Trump, s’est facilement imposé face à ses rivaux. Mais le marathon électoral est semé d’embûches pour le milliardaire américain poursuivi dans de nombreuses affaires judiciaires.

Donald Trump en 2020 dans le Wisconsin. Crédit photo Xose Bouzas/Hans Lucas Donald Trump en 2020 dans le Wisconsin. Crédit photo Xose Bouzas/Hans Lucas

La présidentielle américaine aura lieu le 5 novembre 2024, mais la course est déjà lancée. Le président démocrate sortant Joe Biden et son prédécesseur Donald Trump, sont en lice pour une réélection. Toutefois, pour briguer la Maison Blanche, ils doivent passer par la case des primaires. Ces scrutins états par états désignent les délégués qui voteront ensuite pour le candidat lors des conventions nationales des deux partis.

Victoire sans appel de Trump 

Les républicains ont ouvert le bal le 15 janvier par le caucus de l’Iowa, remporté largement par Donald Trump avec 51 % des voix. Il devance de 30 points Ron De Santis, le gouverneur de Floride, et de 32 points Nikki Haley, son ancienne ambassadrice aux Nations unies, plus modérée.

Si l’Iowa ouvre traditionnellement la séquence des primaires, il reste que cet état du Midwest est très favorable à Trump : rural, majoritairement blanc et sous l’influence des pasteurs évangéliques. C’est aussi un caucus où l’on vote souvent à main levée dans des petites réunions de militants. Néanmoins, pour les rares rivaux de Trump, le coup est déjà rude. Ron de Santis, 2e est déjà en grande difficulté : « Il a voulu faire du plus que Trump et en faisant cela, il a coupé les ponts avec des électeurs plus centristes » analyse Marie-Christine Bonzom, politologue et journaliste spécialiste des Etats-Unis, ancienne correspondante de Radio Vatican et de la BBC.

Prochaine étape le New Hampshire

La deuxième étape dans le New Hampshire le 23 janvier sera-t-elle plus déterminante ? C’est un état moins conservateur, avec la première vraie primaire ouverte pas seulement aux militants républicains. « Sur ce que j’ai observé Nicky Haley serait susceptible de faire un score un peu plus élevé et de contester, mais de façon très relative l’hégémonie de Donald Trump qui se dessine » explique William Geynieys, politologue spécialiste des Etats-Unis, directeur de recherche à Sciences Po Paris, auteur de l’ouvrage "Governement of insiders. The Peoples who made possible the affordable care act". Par ailleurs deux candidats mineurs ont déjà jeté l’éponge, l’un soutien Trump l’autre Haley

Une campagne dans l'inconnu

Sur le plan strictement électoral, Trump pourrait plier cette primaire le 5 mars, jour du "Super-Tuesday". 17 états choisiront alors leur champion et cela représente plus d’un tiers des délégués envoyés à la convention d’investiture. Mais une épée de Damoclès pèse sur le milliardaire durant ces primaires. Son agenda de campagne est soumis aussi à l’agenda de la justice américaine. L’ex président est visé par plusieurs procédures judiciaires notamment en lien avec son refus de reconnaitre sa défaite en 2020 

Passage par la cour suprême

Chronologiquement, d’abord, le 8 février, la cour suprême doit se prononcer sur l’inéligibilité de Trump. Le Colorado et le Maine (deux états qui votent le jour du Super-Tuesday) ayant jugé le milliardaire inéligible en vertu de l’alinéa 3 du 14e amendement de la constitution américaine. Ratifié en 1868 après la guerre de Sécession, il n’a jamais été appliqué. Il interdit à toute personne qui a participé à une insurrection ou à une rébellion d’exercer des fonctions politiques ou militaires. « On est dans le flou, car les faits liés à l’implication de Donald Trump dans l’attaque du Capitole semblent établis, mais le qualificatif d’insurrection, juridiquement, nécessite des débats. » souligne William Geynieys.

« C’est une décision très politique que devra prendre la Cour suprême »  estimant que « la survie de la démocratie américaine est liée au résultat de ce dossier » ajoute-t-il.

Procès la veille du "Super-Tuesday"

Ensuite, le 4 mars, la veille du "Super-Tuesday", ce sera l’ouverture du premier procès au pénal de Donald Trump pour ses multiples tentatives d’inverser le résultat de l’élection de 2020. C’est le procès potentiellement le plus grave car l’ex président est notamment poursuivi pour « complot frauduleux contre les Etats-Unis. »

« Pour autant s’il était condamné ce ne serait pas forcément un obstacle à sa participation, puisque la constitution ne prévoit pas qu’un candidat condamné peut être empêché de participer à la présidentielle. Il y a un même un précédent historique en 1920. Le socialiste américain Eugène Victor Debs a fait campagne depuis une prison fédérale où il purgeait une peine de prison » précise Marie-Christine Bonzom. Trump doit également être jugé fin mars dans l’Etat de New York pour des paiements suspects à une ancienne actrice de films X, puis en mai par un tribunal de Floride pour sa gestion négligente de documents confidentiels après son départ de la Maison Blanche.

Quel impact sur l’électorat ?

« Ça le renforce et cela renforce sa base. Au sein du camp républicain, il y a au moins, 60% de gens qui pensent que l’élection de 2020 a été volée et qui ne sont plus dans la rationalité » souligne William Geynieys. « Trump a cannibalisé le parti de l’intérieur » ajoute Marie-Christine Bonzom. « Il a recomposé le parti en changer la composition démographique. Auparavant, c’était des classes moyenne supérieure, éduquée avec beaucoup d’argent. Aujourd’hui, ceux qui votent pour Trump sont des gens qui ont été déclassés par la mondialisation, qui votaient démocrate, indépendant ou ne votait pas du tout». Selon elle, Trump « pourrait compter aussi sur des électeurs qui réévaluent positivement le bilan économique de Donald Trump quatre ans après ».

Primaire décalée chez les démocrates

Côté démocrate, une primaire aura aussi lieu. Mais le calendrier est décalé avec un premier scrutin le 23 février en Caroline du Sud. Joe Biden avait demandé que cette première primaire soit organisée dans cet État où réside une importante population afro-américaine, plus favorable pour bénéficier de son soutien dès le début des primaires. Le marathon électoral des primaires se terminera le 4 juin.

 

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