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Présidentielle: Samuel Pruvot fait passer les candidats au confessionnal
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Présidentielle: Samuel Pruvot fait passer les candidats au confessionnal

Un article rédigé par Jean-Baptiste Le Roux - RCF,  -  Modifié le 10 avril 2017
A 15 jours du premier tour des élections présidentielles, le journaliste Samuel Pruvot fait passer les prétendants à l’Elysée au confessionnal.
Famille chrétienne Famille chrétienne

"Les candidats à confesse", c’est le titre de son dernier livre dans lequel le rédacteur en chef de Famille Chrétienne obtient des confidences inédites des candidats sur leur enfance, leur histoire, leurs racines, leur rapport à la foi, aux religions mais aussi à la mort. Bref des questions qui touchent à l’intime, et dont les réponses sont bien moins formatées qu’un programme. 

 

Les candidats ont une histoire, des sentiments

 Samuel Pruvot reconnaît avoir été inspiré par l’émission de Karine Le Marchand. "Une émission qui fera date. C’est une manière d’aborder la politique autrement à un moment où cette dernière est tellement décriée. La meilleure manière de parler de cela, c’est de faire parler les politiques sur leur vie profonde. De deux choses l’une, soit ils sont complètement vides, ou alors ils sont a priori des humains comme nous, et ils ont donc une histoire, des sentiments. Ces choses-là sont très profondes" explique le journaliste au micro de Pauline de Torsiac.

Samuel Pruvot ajoute que l’on peut changer d’opinion comme de chemise, mais l’on ne peut pas changer sa vie en permanence. Les interroger sur ce sujet limitait donc de fait le côté versatile que l’on reproche si souvent aux professionnels de la politique. "J’ai essayé de toucher des zones profondes, et qui sont moins soumises aux vents et aux tempêtes médiatiques. Essayer de percevoir si le candidat a un contentieux avec ses parents, c’est un marqueur déterminant pour la suite" donne-t-il notamment comme exemple.

Aujourd’hui, la défiance envers les hommes et les femmes politiques est très forte de la part des Français. Pourtant les électeurs semblent toujours autant passionnés par la politique en général. "C’est un trait proprement français. Le peuple français a une passion invétérée pour la politique. Avant de rallier Emmanuel Macron, François Bayrou voulait être candidat à la présidentielle. Il m’a accordé un long entretien au cours duquel il m’a dit qu’au fond, lors d’une élection présidentielle, ce n’était pas le programme qui importait le plus mais de savoir qui est cet homme, qui est cette femme qui se présente" lance encore Samuel Pruvot.

 

Tous ont reçu une éducation religieuse

Au rédacteur en chef de Famille Chrétienne, les candidats s’épanchent sur leur éducation religieuse qu’ils ont quasiment tous reçus. Nicolas Dupont-Aignan et ses références religieuses, Emmanuel Macron qui demande le baptême chez les Jésuites, qu’il admire, durant sa scolarité. Le candidat d’En Marche ! ne renie pas sa culture chrétienne, loin s’en faut. "Ce qui peut être décevant avec ces deux-là, c’est qu’à l’heure où nous parlons, ils se définissent comme agnostiques" regrette le journaliste.

Samuel Pruvot revient également sur son entretien avec François Fillon. "L’un des candidats les plus pudiques, qui se protègent le plus, par tempérament. Il parle très facilement des racines chrétiennes de la France, des chrétiens de l’Orient. Parler de lui, il le fait très difficilement. Parler de lui et la foi, il ne le fera jamais, même avec un couteau sous la gorge. Nous avons fait un détour par l’abbaye de Solesmes, il s’est laissé amadouer. Il racontait alors qu’à l’âge de l’adolescence, il s’ennuyait terriblement à la messe, et que les homélies le rasaient. Il aurait aimé prendre la place du prédicateur. A contrario, il m’a expliqué que le scoutisme l’a beaucoup fait progresser dans la foi" témoigne le journaliste.

Pour ce qui est de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, il ne faut pas croire que l’on ne peut rien attendre d’eux, sur le plan de la foi. "Jésus-Christ n’est jamais hors-jeu. Jean-Luc Mélenchon a eu une éducation chrétienne qui correspond à l’époque où il était au Maroc. Il a une nostalgie extraordinaire de la liturgie de son enfance. Quant à Marine Le Pen, quand elle était enfant, avait une amie catholique pratiquante, qui l’entraînait à la messe et qui lui avait donné une médaille de la Vierge qu’elle a portée de manière ostensible. C’est assez incroyable venant d’une personne aussi réglo et impartiale sur la laïcité" explique-t-il.

 

Aucun communiquant ne peut préparer de fiches sur ces questions

Autre anecdote sur Marine Le Pen. La présidente du Front National et candidate à l’élection présidentielle a confessé au journaliste avoir été marquée par l’année de la Miséricorde, qui faisait écho chez elle à une période de sa vie, après son divorce, où elle s’était retrouvée mère célibataire, et où elle avait eu l’impression d’être jugée pour cela. "Une manière pour elle de montrer un peu sa fragilité !" 

Le journaliste est bien conscient que les personnalités politiques peuvent dire ce qu’elles veulent, afin de se rendre sympathiques en l’occurrence. Mais il le dit lui-même, "ce sont les rares interviews où les politiques n’ont pas de fiche. Je leur ai posées des questions tellement intimes qu’aucun communiquant n’était derrière pour relire. C’est un exercice risqué, mais eux-mêmes ont pris des risques".

Pour en savoir plus rendez vous sur les Editions du Rocher. A noter que le livre est disponible également en version numérique.
 
 


 

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