Précarité énergétique : un tiers des Français en souffrent encore
Passoires thermiques : factures élevées, logements difficiles à louer, rénovations lentes. La réforme du DPE de 2026 reclasse des logements sans régler le fond du problème. Locataires et propriétaires restent confrontés à un parc immobilier toujours énergivore.
© FreepikLe combat contre les passoires thermiques reste un enjeu majeur pour la France. Ces logements mal isolés touchent près de 12 millions de personnes et posent un défi social et sanitaire considérable. Si des réformes sont mises en place, les experts et associations dénoncent un désengagement progressif de l’État et des aides insuffisantes pour permettre une rénovation efficace.
Précarité énergétique : un quotidien difficile pour les Français
Pour les familles concernées, la situation va bien au-delà d’un simple inconfort thermique. "Il ne s’agit pas d’une question de confort, mais d’une qualité de vie décente dans son logement", explique Isabelle Gasquet, porte-parole du Réseau Cler. Selon le Secours Catholique représenté par Anne-Claire Maho, un tiers des Français restreignent leur chauffage à cause du coût de l’énergie. Certaines familles se regroupent dans une seule pièce pour dormir, afin de réduire la facture énergétique, avec des conséquences sanitaires non négligeables.
Maïder Olivier, de la Fondation pour le Logement, souligne que les locataires disposent d’un droit théorique de demander à leur propriétaire de rénover un logement énergivore, mais la mise en pratique reste limitée.
Réforme du DPE, baisse de MaPrimeRénov' : un coup dur
Depuis le 1er janvier 2026, le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) a été révisé pour améliorer l’évaluation énergétique des logements. Mais selon Maïder Olivier, cette réforme a surtout permis de faire baisser artificiellement le nombre de passoires thermiques sans garantir de véritables rénovations : "Ce n’est pas parce qu’un logement passe de F à D que les conditions de vie vont s’améliorer !". Malgré cela, des avancées existent, comme le reste à charge proche de zéro pour les ménages les plus pauvres, et la centralisation des financements publics vers la rénovation globale. Mais ces mesures restent temporaires et limitées.
Le programme MaPrimeRénov’, qui finance les travaux d’isolation, de chauffage ou de ventilation, a vu son budget pour les foyers à faibles revenus divisé par deux, passant de 70 000 à 30 000 euros. Ce gel des aides publiques freine l’engagement des ménages dans la rénovation énergétique. Anne-Claire Maho dénonce un "manque de volonté politique" et Isabelle Gasquet affirme que le gouvernement envoie un signal d’abandon aux Français qui souhaitent investir dans des travaux ambitieux.
L’accompagnement, facteur clé de réussite
Le rôle des tiers de confiance et des bénévoles est primordial pour guider les ménages dans leurs démarches de rénovation. Ces accompagnateurs sensibilisent aux coûts, aux travaux et à l’impact sur les factures énergétiques. Aujourd’hui, près de 600 structures assurent ce rôle essentiel, malgré la lassitude générée par l’instabilité des politiques publiques.
Certaines réussites existent néanmoins, comme celle de Baptistine, auditrice fidèle de l'émission Je pense donc j'agis, et propriétaire en copropriété, dont les travaux ont été pris en charge grâce à l’ANAH, qui propose des conseillers neutres, gratuits et personnalisés.


Cette émission interactive présentée par Melchior Gormand est une invitation à la réflexion et à l’action. Une heure pour réfléchir et prendre du recul sur l’actualité, et pour agir, avec les témoignages d’acteurs de terrain pour se mettre en mouvement et s’engager dans la construction du monde de demain.
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