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Pourquoi un vent de révolte souffle sur Hong Kong
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Pourquoi un vent de révolte souffle sur Hong Kong

Un article rédigé par Pauline de Torsiac - RCF,  -  Modifié le 29 juin 2021
Le dossier de la rédaction Pourquoi un vent de révolte souffle sur Hong Kong
Deux millions de personnes ont manifesté dimanche dans les rues de Hong Kong. Une mobilisation inédite pour demander le retrait d’une loi d’extradition voulue par la Chine.
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Jamais Hong Kong n’avait connu de telles manifestations depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, il y a 22 ans. Deux millions de manifestants soit presque un tiers de la population de l’ancienne colonie britannique. Les précisions de Jean-Pierre Cabestan Sinologue et chef du département des études internationales à l’Université Baptiste à Hongkong.

Hong Kong, “Un pays, deux systèmes”. Cette formule signifie que l’ancienne colonie britannique doit en théorie préserver sa monnaie, son système politique basé sur le multipartisme et un système juridique indépendant jusqu'en 2047. Mais, 22 ans après la rétrocession de Hong Kong à la Chine, la réalité est bien différente et Pékin grignote peu à peu cette autonomie. La loi controversée en est une illustration car elle permettrait à Pékin de juger en Chine tous les ressortissants de Hong Kong qu’elle considère comme des criminels. Comme l'explique Jean-Pierre Cabestan.

ll y a deux jours, sous la pression de la rue, cette loi a été suspendue. L’exécutif pro-Pékin de Hong-Kong a annoncé samedi, après des semaines de manifestations massives, qu’il suspendait son projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine. Malgré ce recul, les manifestants ont maintenu la pression dimanche. Ils demandent à présent le retrait définitif de la loi et la démission de Carrie Lam, la dirigeante de Hong-Kong. Faut il s’attendre à une nouvelle concession de la part de Pékin ? Pour Jean Pierre Cabestan la suspension de la loi vaut retrait.

 Si Pékin a dû en partie battre en retraite, il doit faire face à une résistance farouche de la société hong-kongaise. Pour Jean Pierre Cabestan, la Chine essuie un vrai revers dans ce bras de fer.

Lundi matin, un leader du mouvement pro-démocratie a pu quitter la prison. Joshua Wong est une figure de proue de ce mouvement apparu en 2014, déjà. Il avait alors 17 ans. Il s’est fait remarquer au milieu du mouvement des parapluies. Il vient de purger une peine de prison de cinq semaines. Il n’a donc pas participé aux derniers rassemblements massifs à Hong-Kong. Mais dès sa sortie de prison, il a annoncé son intention de le rejoindre. Si Pékin tient les rennes à Hong-Kong, elle se heurte tout de même à une société civile déterminée à préserver ses libertés. Jean Pierre Cabestan détaille sur quoi repose cette capacité de résistance.

L’Eglise catholique locale jour un rôle important dans cette résistance. Elle soutient et participe aux manifestations. Sur place, un prêtre qui a préféré garder l’anonymatn nous a confié qu’une église était ouverte 24h sur 24 pour accueillir les manifestants qui ont besoin d’aide, veulent prier, se reposer. Le cardinal Zen, l’ancien évêque de Hong Kong et farouche opposant au régime communiste, participe lui aussi au mouvement. Une Eglise aux côtés des manifestants dans une démarche pacificatrice, de justice pour éviter que les manifestations ne dégénèrent.

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Le dossier de la rédaction © RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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