« Il ne faut pas croire que parce qu'on est une TPE, l'export est interdit », assure Philippe Guérand, président de la CCI Auvergne-Rhône-Alpes
En Auvergne-Rhône-Alpes, l’export n’est pas seulement l’apanage des grands groupes : TPE, PME et start-ups peuvent elles aussi prendre leur place à l’international, trouver un marché, et se diversifier, à condition d’être bien accompagnées. À l’occasion du lancement des rendez-vous Team France Export à partir du 1er juin prochain, Philippe Guérand, président de la CCI Auvergne-Rhône-Alpes, et deux dirigeants engagés à l’export racontent comment cette dynamique change l’échelle d’une entreprise et sécurise son développement. Explications.
Pour les entreprises, exporter est une « diversification et une assurance contre le risque » assure Philippe Guérand, président de la CCI de la région - © RCF LyonL’export, un réflexe de croissance
C’est une fierté régionale : l’Auvergne-Rhône-Alpes est la 2e région exportatrice de France. En 2025, ses exportations ont rapporté plus de 70 milliards d’euros, représentant ainsi 12 % du marché national. Si elle le doit en partie à ces grandes entreprises industrielles, des petites structures aussi tentent de séduire le marché international. « Il ne faut pas croire que parce qu’on serait une PME ou même une TPE, l’export serait interdit », martèle Philippe Guérand, qui rappelle que la préparation est la clé avant de franchir les frontières. Pour le président de la CCI de la région Auvergne-Rhône-Alpes, l’intérêt de l’export est double : « trouver du chiffre d’affaires supplémentaire » et « diversifier son risque », dans un contexte international devenu plus instable.
« Il ne faut pas croire que parce qu’on serait une PME ou même une TPE, l’export serait interdit », Philippe Guérand, président de la CCI de la région Auvergne-Rhône-Alpes
Porté par son expertise industrielle, son excellence médicale et son savoir-faire dans le domaine de la chimie, la compétence régionale se vend à l’étranger. Et si aujourd’hui la situation géopolitique peut inquiéter les dirigeants d’entreprise, certains y voient surtout des opportunités de marchés. Pour Philippe Guérand, l’important est véritablement de « diversifier les zones géographiques. Parce qu'aujourd'hui, il peut y avoir une crise dans tel ou tel autre endroit du monde. On le voit tous les jours malheureusement ». Le secteur privé ne doit plus se contenter d’élargir sa clientèle, il doit aussi consolider sa résilience, son expérience et profiter de nouvelles sources de revenus.
Un accompagnement qui ouvre des portes
Cependant, se lancer à l’international nécessite de l’accompagnement et de la préparation. Les inquiétudes sont tout aussi légitimes : « Quelqu'un qui n'aurait pas peur serait quelqu'un d'inconscient. Mais le chef d'entreprise, c'est quelqu'un de responsable. C'est normal qu'il ait peur », rassure le président de la CCI régional. Avant d’abonder : « Tout est possible. Simplement, il faut le faire en se préparant. Il ne faut pas y aller à l'aveugle ». C’est tout l’intérêt des rendez-vous Team France Export du 1er juin au 3 juillet.
Bien que « le marché domestique n’est pas à négliger », selon Julien Barthes, l’export résonne aujourd’hui comme une évidence pour le fondateur de 3Deus Dynamics, entreprise spécialisée dans l’impression 3D en silicone. « L'international, ça fait partie aussi de l'essence de notre société ». Il a profité de l’accompagnement de la Team France Export pour parfaire son approche à l’international.
« Team France Export est un terminal d'aéroport, où vous avez toutes les destinations possibles », Samir Thévenot, dirigeant d'entreprise.
Même constat pour Samir Thévenot, fondateur de Capteur Protect, solution de lutte contre le diabète déjà présente dans « un peu plus de 20 pays ». Selon lui, Team France Export ressemble à « un terminal d’aéroport, où vous avez toutes les destinations possibles », avec un accompagnement local et des relais sur place.
Une méthode, de la préparation à la projection
Philippe Guérand insiste sur un point central : l’export ne s’improvise pas. Il faut « étudier à fond le marché, le produit et la stratégie ». Dans d’autres pays, « il y a tout à reprendre en compte », explique Samir Thévenot, « que ce soit la culture, que ce soit le mode de délivrance, de distribution ».
Face aux enjeux culturels, économiques et administratifs imposés par l’étranger, il faut donc construire un continuum d’accompagnement, de la détection à la projection à l’étranger. C’est précisément ce que proposent les rendez-vous Team France Export, pendant deux mois : 60 événements, 1 500 participants attendus et un dispositif pensé pour faire émerger de nouvelles vocations internationales.
Au-delà des chiffres, c’est une méthode qui se dessine : préparer, tester, rencontrer, puis avancer sans perdre de temps. Pour les entreprises régionales, le message est limpide : l’international n’est pas un saut dans le vide, mais une progression accompagnée. Plutôt que marcher seul, la Team France Export propose de « chasser en meute ».


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