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Pour le Syndicat de la Magistrature, réformer la justice passera par des moyens plus importants
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Pour le Syndicat de la Magistrature, réformer la justice passera par des moyens plus importants

Un article rédigé par Florence Gault - RCF,  -  Modifié le 1 juillet 2021
3 questions à Pour le Syndicat de la Magistrature, réformer la justice passera par des moyens plus importants
Les principaux syndicats de magistrats, les greffiers et les avocats lancent mercredi 11 avril une nouvelle journée de mobilisation contre la réforme de la justice.
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Nouvelle journée de mobilisation dans le monde de la justice. Audiences renvoyées, rassemblement dans les juridictions. Les principaux syndicats de magistrats, les greffiers et les avocats se mobilisent aujourd’hui pour s’opposer à la réforme de la justice.
 

La justice avait-elle besoin d’être réformée ?

"On convient tout à fait que l’on a besoin d’une réforme de la justice car elle dysfonctionne notamment concernant les délais de traitement des affaires. Simplement, ce n’est pas en faisant une fausse concertation qui est en fait une opération de communication, et en décidant de réformer par la voie gestionnaire, c’est-à-dire en considérant qu’il faut empêcher les personnes d’avoir accès aux juges pour pouvoir tarir les flux, et donc réduire les délais de traitement, que l’on peut réformer la justice" explique Katia Dubreuil, présidente du Syndicat de la Magistrature.
 

Le but est de bâtir une justice efficace, accessible à tous, sur l’ensemble du territoire. Qu’est-ce-qui vous inquiète dans ce projet de loi ?

"Ce qui nous inquiète, c’est qu’aussi bien dans le champ de l’organisation judiciaire que dans le champ de la justice civile ou pénale, on veut finalement retirer le juge d’un certain nombre de contentieux. Au niveau de la justice pénale, le juge n’interviendrait que de façon moins importante concernant les enquêtes en privilégiant les enquêteurs. On retire le juge, on fait reculer les garanties du respect des droits dans le cadre de l’enquête pénale. Un recul du juge pour le civil, puisqu’on veut privatiser un certain nombre de contentieux par des acteurs privés qui pourraient régler les litiges par des algorithmes, par la voie numérisée. On dégrade la qualité de la décision judiciaire, on dégrade la garantie des droits pour les personnes, simplement pour faire des économies et absorber le flux qui arrive à la justice" ajoute la présidente du Syndicat de la Magistrature.
 

Vous vous dites que cela devrait rester comme ça ?

"Non. Il y a des réformes à faire effectivement. L’un des problèmes fondamentaux de la justice est qu’il n’y a pas suffisamment de moyens. Le pourcentage de la richesse nationale qui est donné à la justice pour fonctionner est très loin des standards européens. Les gouvernements successifs n’ont jamais voulu s’attaquer à ce problème et donner les moyens à la justice de fonctionner correctement. Donc on constate des délais de traitement trop longs. Au lieu de s’attaquer à ce problème de moyens, on les augmente dans une proportion insuffisante et on vote des mesures gestionnaires qui visent à retirer son office au juge dans certains cas. Ce qui est très dangereux pour l’exercice des droits des citoyens d’une manière générale, et des plus vulnérables en particulier" conclut-elle.

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Émission 3 questions à © RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
3 questions à

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